Ayiti-la bèl : des photos qui dépassent les clichés
Guillaume Aubertin, Pierre-Olivier Jay et Paul-Marin Talbot d' Une saison en Guyane , proposent à partir de demain, de découvrir un autre visage d'Haïti, moins manichéen, 50 ans après l'arrivée en Guyane des premiers migrants issus de la "Première république noire au monde".
« Non, Haïti n’est pas un pays maudit ». L’expression, souvent colportée dans les médias, a le don d’agacer les principaux concernés. A juste titre. Car ce n'est pas le genre de la "Première république noire au monde" de sombrer dans la fatalité ou la résignation. Malgré les stigmates toujours visibles du séisme et les cicatrices laissées par des décennies d’instabilité politique, le pays est toujours debout, et bel et bien en vie. Avec du cœur, des idées et de l’espoir, beaucoup d'espoir, à revendre. Haïti est certes l’un des pays les pauvres de la planète. Mais il n'en demeure pas moins un endroit doté d'exceptionnelles richesses. Car derrière les clichés de la misère et de la pauvreté, se cachent d’inestimables trésors. Des sourires, de la spontanéité, une culture et ô combien puissante. Nous sommes donc partis à la rencontre des Haïtiens, en partageant leur quotidien. Pour comprendre, pour échanger. Et pour découvrir au passage toutes ces merveilles que la "Perle des Antilles" a à offrir.
Ce voyage nous mène d'abord à Aquin, à l'ouest de l'île, à une demi-journée de "tap-tap" de la tumultueuse capitale, Port-au-Prince. C’est de cette province côtière (qui compte une petite centaine de milliers d’habitants) que sont partis les premiers migrants haïtiens venus en Guyane, il y a exactement cinquante ans ! Aujourd'hui, comme dans le reste du pays, l'économie y est endormie. La pêche ou la fabrication du charbon rapportent peu. Mais chacun affronte le quotidien comme il peut. Le plus souvent dans la joie et la bonne humeur. Nous nous sommes aussi rendus sur les hauteurs du pays. Le massif de la Selle culmine à 2000 mètres d'altitude. Sur ce plateau, situé à cheval entre Port-au-Prince et Jacmel, se dressent les dernières forêts haïtiennes. On est au cœur du Parc National de la Visite. Un territoire protégé qui malgré cela, continue de mourir à petit feu. Nous y avons rencontré des familles d'agriculteurs, qui, plusieurs fois par semaine, effectuent les allers-retours entre le Parc et les hauteurs de la capitale... au bout de cinq heures de marche. Enfin, difficile de passer à travers une cérémonie vaudou lorsqu'on se trouve en Haïti un 1er novembre. À cette date sont traditionnellement fêtés les gédés (les esprits). Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, même si le vaudou fait partie intégrante de la culture haïtienne, les pratiquants, les vrais, ne représentent qu'une mince frange de la population. Ici, le vaudou dérange même parfois plus qu'il ne fascine. Beaucoup en ont peur, et la plupart s'en méfient."
Ayiti la bel
Des photos de Guillaume Aubertin, Pierre-Olivier Jay & Paul-Marin Talbot.
du 25 mai au 25 juin 2012
Atrium de Guyane 1ère à Rémire-Montjoly

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