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Tous unis contre le moustique

Orianne CORMIER & Stephanie BOUILLAGUET France-Guyane 04.02.2010

Patrick Rabiso, médecin entomologiste au SDD offre à ses interlocuteurs une parenthèse dans leur lutte contre les moustiques : il évoque le pont du Larivot. (OC)

L'Agence nationale pour la démoustication et la gestion des espaces naturels démoustiqués (association type loi 1901) a tenu son assemblée générale en Guyane. L'occasion d'observer les réalités du terrain, différentes de celles de l'Hexagone.

Un rayon de soleil couchant perce doucement le ciel nuageux. Le panneau « Route barrée » , trône sans gloire sur cette route devenue déserte. « Ah c'est ça le fameux pont coupé! » , s'exclame l'un des membres de l'Agence nationale pour la démoustication et la gestion des espaces naturels démoustiqués (Adege), invitée du Conseil général guyanais. Cette association de type loi 1901, composée de collectivités départementales et espagnoles (notamment catalanes) est venue tenir dans notre département son assemblée générale. Une première.
Arrivés en début de semaine, ses membres ont droit à des visites sur le terrain afin d'apprécier la réalité guyanaise. Aujourd'hui partie dans l'Ouest, la petite vingtaine de membres était hier sur Cayenne pour visiter l'Institut Pasteur et à Matoury, chez un habitant. Première information que chacun a pu apprécier à sa juste valeur : la Guyane compte plus de deux cents moustiques (tous ne sont pas vecteurs de maladies). « Impressionnant » , lâche Christophe Lagneau, directeur en recherche et développement EID Méditerranée.
Mobilisés contre le palu et la dengue
Le Service de démoustication guyanais apparaît comme un expert : « Surtout dans la lutte anti-vectorielle, confirme Sandrine Chantilly, directrice des actions sanitaires au Conseil général. Nous mobilisons nos moyens contre l'anophèle (vecteur du paludisme) et l'aedes aegypti (vecteur de la dengue) même s'il nous arrive, sur demande, d'intervenir contre les moustiques nuisants » . Une mobilisation qui coûte 6 millions d'euros par an au Département. À titre d'exemple, le budget sollicité en région Rhône-Alpes, pour cinq départements et un million d'habitants, est de 2,5 millions d'euros. Les distances et les voies d'accès ne sont effectivement pas les mêmes.
Avant de repartir sur Cayenne, le car accorde à ces visiteurs un détour pour ce qui semble devenir une nouvelle attraction touristique : le pont du Larivot. La Guyane, personne ne vous croira.
Les connaissances vis-à-vis de la dengue étudiées
Une étude réalisée en septembre 2008 pour les autorités sanitaires s'intéresse aux comportements et attitudes des différentes communautés de Guyane par rapport à la dengue.
Depuis jeudi dernier, la Guyane est placée en situation d'épidémie généralisée de dengue. Les actions des autorités sanitaires vont se renforcer. Mais comment sont perçus et intégrés les messages de prévention ? Une étude a été réalisée auprès des différentes communautés de Guyane pour tenter d'y voir plus clair.
Les connaissances sur la dengue sont globalement bonnes ; mais l'étude invite les autorités sanitaires à mener des actions spécifiques envers les communautés haïtienne, surinamaise et chinoise (photo d'archives)Les connaissances sur la dengue sont globalement bonnes ; mais l'étude invite les autorités sanitaires à mener des actions spécifiques envers les communautés haïtienne, surinamaise et chinoise (photo d'archives)
1 Une maladie globalement connue
La grande majorité (94% ) des personnes interrogées a déjà entendu parler de la dengue. Les mieux informés sont les Guyanais, les Métropolitains vivant en Guyane depuis plus d'un an et les Brésiliens. Chez ces derniers, la connaissance de la dengue a fortement progressé : 94% déclaraient en avoir déjà entendu parler en 2008, contre 46% en 2006! Les affiches de prévention traduites en portugais ont visiblement bien marché.
Les moins bien au courant sont les Haïtiens (90% savent quand même de quoi il s'agit, contre 55% en 2006) et Surinamais (88% en ont entendu parler, contre 74% en 2006).
2 Comment s'attrape-t-elle ?
La majorité des gens connaît le mode de transmission de la dengue : 89% des personnes interrogées ont répondu qu'elle s'attrapait par la piqûre d'un moustique (dont 91% des Brésiliens, 92% des Surinamais et 84% des Haïtiens). Le premier symptôme cité par les personnes interrogées est la forte fièvre (79% ), suivie du mal de tête (56% ) et des courbatures (49% ).
Point important, 95% des personnes interrogées savent qu'il ne faut pas prendre d'aspirine pour se soigner de cette maladie.
3 Une maladie dangereuse
Un peu plus de la moitié des interviewés (55% ) considèrent que la dengue est une maladie dangereuse. C'est beaucoup plus qu'en 2006 (21% ), lors de la grosse épidémie qui avait entraîné la mort de quatre personnes. Aujourd'hui, 94% des personnes interrogées savent que l'on peut mourir de cette maladie. Les Chinois sont de manière générale les moins inquiets, et se sentent également moins concernés par les campagnes de prévention que les autres communautés.
4 On s'en protège ?
En période d'épidémie, comme aujourd'hui, un quart des personnes interrogées ne prennent aucune mesure spécifique (comme dormir sous une moustiquaire, utiliser un spray anti-moustique ou éliminer les points d'eau stagnante) pour se protéger de la dengue. Les proportions sont sensiblement les mêmes hors période d'épidémie. Les Surinamais sont les moins sensibilisés : 33% déclarent ne pas prendre de mesures spécifiques contre cette maladie en période d'épidémie. Les Guyanais se protègent le plus contre la dengue, et les piqûres de moustique en général.
Les mesures les plus employées par tous sont les insecticides (50% ) et les moustiquaires (33% ).
L'impasse des pesticides
Tandis que la deltaméthrine est une molécule qui se révèle guère efficace contre l'aedes aegypti (vecteur du virus de la dengue), le fénitrothion, la molécule actuellement utilisée par le SDD, sera interdit en Europe au 1er décembre prochain. Une décision européenne stipule que « sur la base des informations disponibles, il n'a pas été démontré que les niveaux estimés d'exposition des opérateurs et travailleurs au fénitrothion étaient admissibles [...] Il n'a pas été possible, sur la base des informations disponibles, de déterminer si le fénitrothion satisfaisait aux conditions » exigées par l'Union européenne. Une impasse « en attente » de solutions, comme le reconnaît Sandrine Chantilly du Département.
Repères
L'anophèle darlingi
Ce moustique, vecteur du parasite responsable du paludisme, n'est plus le seul agent infectieux possible. Deux autres espèces d'anophèles sont naturellement infectantes, même s'il est impossible pour l'heure d'en évaluer l'impact dans la transmission de la maladie. En fait, on connaît très peu de chose sur ce moustique, car il est très difficile de l'élever en insectarium.
Des agents assermentés en Rhône-Alpes
Avec l'arrivée d'un moustique tropical particulièrement agressif, l'aedes albopictus vecteur du chikungunya qui a frappé la Réunion en 2005-2006, les agents chargés de la démoustication seront assermentés : ils pourront alors dresser des procès-verbaux à l'encontre des personnes les empêchant d'ouvrir leur porte ou qui permettent le développement de gîtes à moustiques, infraction passible d'une amende de catégorie 4.
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Les commentaires

toupac97305.02.2010

videz les canaux de l'av de Montravel a Montjoly

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