Personne ne peut dire avec précision
combien de personnes décèdent chaque année en Guyane en ingurgitant
du Paraquat. Aucune statistique officielle n'existe. La docteur
Marie-Anne Sanquer, de l'Agence régionale de santé de Guyane, ne
s'occupe plus de ce dossier depuis 2009. Mais elle confirme qu'il «
n'y a pas de synthèse de recensement de toutes les tentatives de
suicide, qu'elles soient suivies de mort ou pas » .
Pourtant, chaque année, c'est une dizaine
de personnes qui mettent fin à leur jour chez nous en avalant du
Paraquat. Un phénomène qui touche essentiellement des adolescents
bushinengés. Les jeunes habitants du Maroni meurent en silence. Car
jusqu'ici, personne ne semble s'en émouvoir.
Le Paraquat est une molécule contenue dans
des désherbants très efficaces, très toxiques pour l'homme et sans
doute aussi pour l'environnement. À tel point que leur vente a été
interdite en France, et donc en Guyane, en 2007. Bien qu'on ne
puisse plus l'acheter chez nous, le nombre de suicides ne diminue
hélas pas. « Il n'y a pas de grosse différence de cas avant et
après 2007 » , note Nell Couprie, interne en médecine qui prépare
une thèse sur les suicides avec ce désherbant. Et cette
absence...
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