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Salaires des prêtres : vers la fin d'une anomalie

Thomas FETROT / Albert ALEXIS Jeudi 19 septembre 2013
Salaires des prêtres : vers la fin d'une anomalie
À compter du 1er janvier 2014, les salaires des prêtres quittant la Guyane ou partant en retraite vont être supprimés de la grille départementale (photo d'archives)

A partir du 1er janvier 2014, le Conseil général ne versera plus de rémunérations aux nouveaux prêtres du diocèse, entraînant une fin programmée de ce dispositif. Une décision controversée qui mettra pourtant fin à une exception républicaine, puisque la Guyane demeure le seul territoire français où le Département verse des salaires aux représentants du culte catholique.

Plus de 900 000 euros. Il s'agit du montant annuel de la masse salariale allouée par le Conseil général au paiement des salaires des 33 ministres du culte catholique. Le Département est le seul, sur le territoire de la République française, à devoir s'acquitter d'un tel versement. Certes, l'Alsace-Moselle échappe également à la loi de séparation de l'Église et de l'État, promulguée en 1905. Mais en Alsace-Moselle, c'est bien l'État qui rémunère les prêtres catholiques. Pas le Département qui, de fait, ne perçoit aucune dotation spécifique pour assumer cette charge. Une anomalie que le Conseil général a donc choisi de résoudre. Partiellement.
En effet, seuls les salaires des prêtres quittant la Guyane ou partant en retraite vont être supprimés de la grille départementale. Cette décision demeure toutefois sujette à controverse. Elle a d'ailleurs fait l'objet de nombreuses discussions entre les élus et son exécution a bénéficié de plusieurs sursis. Ainsi, après avoir annoncé sa mise en application à compter du 1er janvier 2012, les élus se sont concertés afin de la repousser au 1er janvier 2014. Aujourd'hui, la possibilité d'un nouveau report, après la mise en place de la collectivité unique, est régulièrement évoquée. Principalement en raison du caractère on ne peut plus risqué d'une telle mesure sur le plan politique.
UN SUJET SENSIBLE
L'électorat catholique conserve un poids non négligeable au sein de la société guyanaise. Et s'il s'avère qu'il n'apprécie guère la décision du Conseil général, il pourrait sanctionner les élus dans les urnes lors du prochain scrutin. Une menace qui explique, en partie, le silence officiel des élus sur le sujet pendant de longues années. De fait, même aujourd'hui, c'est à pas feutrés que les conseillers généraux avancent dans ce dossier. Une prudence des plus légitimes, particulièrement lorsqu'il est fait mention de l'hostilité, certes courtoise, des prêtres catholiques à ce projet. Car il va sans dire que le sujet est évoqué au sein de l'évêché. Les avis y sont d'ailleurs partagés.
« SI A SA KI RIVÉ TOUT BÈT KÉ CHANJÉ » , SELON LE PÈRE CATHERINE
Si certains y voient le signe des temps, d'autres ne comprennent pas que l'on remette en question cet acquis. Après tout, ce n'est pas la première fois que le sujet est abordé dans la classe politique locale, mais l'initiative du Conseil général surprend. « Jusqu'ici on en parlait mais on ne faisait rien » , commente un prêtre. « Si a sa ki rivé tout bèt ké chanjé » , prévient le père Catherine, vicaire de la cathédrale de Cayenne. « Nou ké fè kou o Antilles koté yé ka fè moun péyé pou tout cérémonies » , ajoute-t-il, en évoquant de façon à peine voilée les messes officielles organisées à l'occasion de manifestations publiques.
De plus, à en croire certains prêtres, un certain nombre de représentants du clergé envisageraient de quitter le département en cas de suppression de leur rémunération. Une perspective que le père Asselos, en poste à Apatou, tient à relativiser. Il remarque que de nombreux prêtres qui officient actuellement en Guyane sont originaires de l'étranger. Des missionnaires qui appartiennent à des congrégations « qui sont bien plus riches que ne l'est l'évêché » , souligne-t-il. « Finalement, la question se pose plus pour les prêtres du diocèse » , ajoute-t-il. D'ailleurs, cela peut paraître surprenant, mais des voix s'élèvent au sein même de l'évêché pour demander la suppression de ce statut de salarié.
« L'ÉGLISE FONCTIONNERA COMME AILLEURS »
Pour les prêtres en faveur de cette mesure, l'intérêt réside dans le fait de lever les ambiguïtés, de clarifier la situation. « Qu'on n'entende plus que les prêtres doivent faire ceci ou cela sous prétexte qu'ils sont payés, commente le père Asselos. Vous croyez vraiment qu'il est facile de faire vivre une paroisse en commune avec le Smic et 40 euros de quête ? »
Peu de prêtres font état de discussions avec leurs paroissiens sur ce sujet. Après tout, s'ils ne sont plus payés, « l'Église fonctionnera comme ailleurs » , glisse l'un d'eux. Ne dit-on pas « faire contre mauvaise fortune bon coeur » ?
- REPÈRES
- Les salaires
Aujourd'hui, les prêtres catholiques sont considérés comme des salariés de catégorie B.
Ils touchent environ 1 500 euros par mois.
Quant à l'évêque (catégorie A), Monseigneur Lafont, il perçoit une rémunération mensuelle de 1 800 euros.
- Monnerville, déjà
La question de la rémunération des prêtres a plusieurs fois été soulevée dans le passé.
Par Gaston Monnerville d'abord, après la loi de départementalisation du 16 mars 1946, qui a vu le ministre de l'Intérieur puis celui des Finances s'opposer à l'extension de la loi de 1905 en Guyane.
Considéré comme personnel payé par la colonie, le clergé a naturellement été intégré dans le personnel départemental. Plus tôt, dans les années 30, des élus locaux ont argué du fait que les prêtres étaient fonctionnaires, donc chargés d'une mission de service public, afin d'exiger certaines prestations gratuites. Lors des inhumations, par exemple. Sans succès.
- Catholiques uniquement
Seuls les membres du culte catholique sont rémunérés par le Conseil général. Pour la raison suivante : le seul texte qui régit les cultes en Guyane est l'ordonnance royale de Charles X datée du 27 août 1828. Or, celle-ci ne reconnaît que le culte catholique.
Pasteurs, imams ou rabbins n'ont donc jamais pu y prétendre.

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3 commentaires

Vos commentaires

monchou 20.09.2013

d'accord avec vous...

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rienaciré 20.09.2013

les catholiques qui vont à la messe le dimanche faire semblant de prier n'ont qu'a payer les pretes

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Palmitate 20.09.2013
Aux moutons de payer leurs pasteurs.

Si j'habitais la Guyane (ou l'Alsace-Moselle !), il me serait insupportable que mes impôts servent à rétribuer un homme d'église, ou d'autres établissements religieux, moi qui suis viscéralement athée ! ! !

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