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L'ESSENTIEL PRÈS DE CHEZ VOUS

« On est mort si on rentre en Colombie »

Guillaume AUBERTIN France-Guyane 16.10.2009

Mercredi matin, trois demandeurs d'asile colombiens ont décidé de se coudre la bouche pour manifester « pacifiquement » devant la préfecture. Ils demandent que leur dossier soit transféré dans l'Hexagone parce que disent-ils « nous craignons pour notre en vie en Guyane » . Rencontre.

Sans mauvais jeu de mots, la question brûle forcément les lèvres : comment peut-on en arriver à se coudre la bouche soi-même, avec du vrai fil et une vraie aiguille ? Et surtout, quel genre de motivation peut pousser des gens à s'infliger un tel sérvice ? « En Colombie, explique Olmedo, quand les gens ne sont pas écoutés, on reste muet pour montrer qu'il faut qu'on respecte leurs droits » ...
« Grand danger »
« La peur de mourir » . Voilà ce qui a conduit Orlando, 38 ans, Olmedo, 43 ans, et Saul, 39 ans, à s'enchaîner aux grilles de la préfecture mercredi matin pour « manifester pacifiquement » dans le but de rencontrer le préfet. Ils ont finalement été reçus par le sous-préfet (1). Les trois demandeurs d'asile colombiens avaient ensuite été invités à quitter les lieux, à ranger leurs panneaux revendicatifs, et à rejoindre l'hôpital de Cayenne. « Nous avons demandé à voir le préfet pour lui expliquer que nous nous sentions en grand danger en Guyane » , raconte Olmedo, sous un chapeau noir qui n'a plus vraiment d'âge. « On veut que notre dossier soit transféré en métropole car ici, personne n'est en mesure de nous aider » . Il est hors de question pour eux de retourner au pays. En Colombie, expliquent-ils en choeur, les « Farc nous attendent » . Tous se disent effectivement proches, de près ou de loin, des Forces armées révolutionnaires de Colombie. Même à des milliers de kilomètres de Bogota...
Sarkozy et Bettancourt
Enveloppé dans un maillot de foot de l'équipe nationale allemande, Orlando confie qu'il a reçu une lettre de Colombie il y a peu de temps. Une lettre de menaces : « J'ai bien compris qu'ils savent que je suis ici en Guyane » , précise-t-il. Deux de ses frères auraient même déjà été tués par les Forces armées révolutionnaires colombiennes. Saul a, lui aussi, reçu des menaces de mort. Les Farc auraient tenté de recruter son fils. C'est pour cette raison qu'il a fui son pays d'origine il y a près de cinq mois. « On est mort si on rentre en Colombie » , lâche-t-il, dépité.
Ils sont sans doute plusieurs centaines de Colombiens, comme eux, à être demandeurs d'asile en Guyane, et à craindre pour leur sécurité. Diego, 33 ans, avoue avoir été recruté par les Farc, avec sa femme. « On y est restés quatre ans. Et on a été victimes de quatre attentats en Colombie lorsqu'on a voulu fuir. Notre gouvernement avait promis à ceux qui quitteraient les Farc que leur sécurité serait assurée. Mais ils n'ont jamais tenu leurs promesses » . C'est en « voyant à la télévision Nicolas Sarkozy et Ingrid Betancourt » que Diego a décidé de rejoindre la Guyane. « Le reportage expliquait que la France pouvait accueillir des gens comme moi » . Alors aujourd'hui, il est un peu amer : « Si la France n'a pas les structures pour nous aider, mieux vaut ne pas le dire et ne pas se faire passer pour une terre d'accueil! »
La osadia de un refugiado
Caché derrière ses petites lunettes carrées, Mario, 48 ans, n'en pense pas moins. Lui, est artiste. Auteur, compositeur, chanteur, et écrivain. Bref, pas le genre de métier des plus appréciés aux yeux du gouvernement colombien. Il travaille actuellement sur un bouquin qui devrait être intitulé La osadia de un refu-giado (L'audace d'un réfugié).
Mario sait de quoi il parle. Lui qui se dit « persécuté par le gouvernement colombien » . Tout ça à cause d'une chanson dans laquelle il évoquait les « tres guerilleros » : « Parce qu'en Colombie, indique-t-il, il y a les Farc, les militaires et les paramilitaires » .
« Diaspora colombienne »
Ce que veulent ses demandeurs d'asile ? « C'est avoir l'autorisation de rejoindre la métropole, car ici, on est en danger » , répète Olmedo. « La diaspora colombienne est très importante en Guyane. C'est pour cela que même dans notre pays, ils savent où l'on se trouve. On aimerait donc rencontrer un représentant du Haut-commissariat des réfugiés, et que le gouvernement français nous vienne en aide » .
Orlando, Saul et les autres ne comptent pas en rester là. « De toute façon, on n'a rien à perdre. On ne peut pas attendre comme ça les bras croisés » , prévient Mario. Lors de sa venue en Guyane, Monsieur Besson (le ministre de l'Immigration) avait dit que les demandeurs d'asile pouvaient avoir une vie digne en Guyane. On attend de voir » .
Les demandeurs d'asile ont tous « peur » de rentrer en Colombie, car ils se disent « persécutés par les Farc » (G. A. et DR)Les demandeurs d'asile ont tous « peur » de rentrer en Colombie, car ils se disent « persécutés par les Farc » (G. A. et DR)
(1) Le secrétaire général de la préfecture a confirmé qu'il s'était bien entretenu avec les trois demandeurs d'asile mercredi matin, pour leur rappeler les modalités de droit et de traitement de leur dossier. Lesquels sont toujours en cours de traitement, a fait savoir Thierry Devimeux.
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Les commentaires

LA GAULOISE16.10.2009

Ouais... A peine arrivé et déjà enchainés aux grilles de la préfecture... Ces guerilleros ont tout compris des mécanismes de la société française, savent où et comment frapper, sont donc déjà totalement intégrés ! Oyé compas, bienvenidos en tierra de los derechos humanos y de la choucroute en lata !

titoune16.10.2009

Les FARCS veulent tuer tous les demandeurs d'asile qui sont en Guyane, les Chimères veulent tuer tous les demandeurs d'asile Haitiens ;;;;; la phrase type du demandeur d'asile !!!! C'est l'OFPRA qui donnera son avis et le prefet donnera ou ne donnera pas de titre de séjour. Les lois sont faite pour etre respectées.

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