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Niveau record de l'orpaillage clandestin

Sébastien ROSELÉ Vendredi 06 septembre 2013
Niveau record de l'orpaillage clandestin

Malgré les missions Harpie, le nombre de chantiers clandestins est à un niveau jamais atteint dans le Parc amazonien. C'est ce qui ressort d'un rapport confidentiel.

Une hausse de 120%. C'est l'évolution du nombre de chantiers d'orpaillage clandestin entre septembre 2011 et juillet dernier sur le territoire du Parc amazonien de Guyane (PAG). Il y a deux ans, l'orpaillage était descendu à un niveau historiquement bas avec 52 chantiers. Ce qui laissait à penser que Harpie était sur la bonne voie. Las! En juillet dernier, leur nombre avait atteint un pic historique jamais atteint, avec 114 chantiers (voir graphique). C'est ce qui ressort d'un rapport confidentiel édité par le Parc amazonien en juillet que nous avons consulté.
Selon une source, la situation n'est guère mieux dans la zone administrée par l'Office national des forêts (ONF), qui a lui aussi atteint des records. « Il y avait 700 sites d'orpaillage clandestin repérés en 2012 alors qu'on tourne autour de 400 à 600 chantiers maximum. »
« PRÉJUDICIABLE À LA CHARTE »
Cette situation critique pourrait bien être encore bien pire que celle énoncée. Car, si l'on en croit le rapport du PAG, les chiffres avancés sont « sous-évalués compte tenu des effets de camouflage et de dispersion » . Le Parc s'inquiète de l'aggravation de la situation qui pourrait gêner l'adoption de sa charte par les populations et les mairies. « Ces résultats, dit le rapport, [...] sont des plus problématiques car l es impacts sont très préjudiciables aux populations ainsi que pour la charte du PAG. »
Depuis les années quatre-vingt-dix, l'orpaillage ne cessait d'augmenter dans le département. Le lancement de la mission interministérielle Harpie en février 2008 a permis « de stopper l'évolution très forte » , commente un expert. Puis il y eut une décrue à partir d'avril 2010 pour atteindre un chiffre historiquement bas en septembre 2011. Mais l'orpaillage clandestin est reparti à la hausse depuis mars 2012. Un effet de la hausse colossale du cours du gramme d'or sur les marchés internationaux. Mais pas seulement.
Car depuis mai 2012, on a changé de majorité. Et pas sûr que le bébé Harpie de Sarkozy intéresse la gauche. En tout cas, en interne, certains acteurs de la lutte contre l'orpaillage clandestin s'interrogent. « Y a-t-il toujours une volonté gouvernementale de lutter contre l'orpaillage clandestin ? » C'est vrai que pour Manuel Valls, la priorité a été donnée dans la lutte contre la délinquance sur le littoral guyanais et de faire monter en puissance les zones de sécurité prioritaire (ZSP). Lors de sa visite en mars dernier, le ministre de l'Intérieur a d'ailleurs très peu parlé de la lutte contre l'orpaillage clandestin.
En tout cas, tout le monde semble convaincu que Harpie a besoin d'un sérieux toilettage. C'est ce que nous disait le nouveau patron des gendarmes de Guyane dans un entretien paru sur notre site Internet cette semaine. « On sent qu'on arrive à la fin d'un cycle et il va falloir qu'on revisite le dispositif. » Changements de gouvernement, de préfet et de chef des gendarmes (entre autres) obligent, ces derniers temps, des certitudes semblent voler en éclats au sein de Harpie. Les langues se délient. Même si cela demeure timide. Et anonyme.
« ON A PLUS DE MOYENS QU'EN 2008 »
Première certitude à être discutée : la question de la coopération avec les voisins. Un expert balaie d'un revers de main. « Il faut arrêter avec la coopération. Il faut arrêter d'attribuer aux pays voisins nos propres dysfonctionnements. Harpie, c'est avant tout une mission de souveraineté nationale. »
Autre certitude remise à plat : le manque de moyens. « Ce n'est pas le problème, dit un commentateur. On a plus de moyens dans Harpie aujourd'hui qu'en 2008 et pourtant les résultats sont moins bons. On avait à l'époque 200 heures de potentiel d'hélicoptère par an. On en a 2 000 aujourd'hui! » Toujours sur la question de moyens, personne n'est capable de dire combien coûte Harpie par an. « En 2010, à Paris, le chiffre de 10 millions d'euros circulait, ce qui ne prenait pas en compte la paie des agents. Ce chiffre-là me paraît sous-estimé » conclut un témoin.
- REPÈRES
- L'orpaillage illégal en chiffres
Nombre de garimpeiros : 15 000 (évaluation 2013)
Or extrait : 13 tonnes (2013)
Or saisi par les autorités : 8 kg (2012)
Coût Harpie : 10 millions d'euros (2010)
Nombre de soldats affectés à Harpie : 400
Nombre de gendarmes affectés à Harpie : 170
- Méthode de calcul
Trois fois par an, le Parc amazonien fait des repérages par hélicoptère de sa zone pour évaluer l'évolution de l'orpaillage clandestin. Ce travail est complété par des agents au sol.
L'unité est le « chantier » . Quand il s'agit d'or alluvionnaire récolté dans les criques, un chantier est constitué de deux moteurs. Quand il s'agit d'or primaire, recueillis sous terre, un chantier est composé de plusieurs puits. Leur nombre peut aller jusqu'à vingt. La prochaine campagne de reconnaissance aura lieu en novembre.

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7 commentaires

Vos commentaires

rienaciré 09.09.2013

kourou (fusée) territoire français car il rapporte de l'argent ( argent = légion)

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benj77 07.09.2013
Opportunité de souligner

(je critique assez quand je le juge nécessaire pour ne pas relever) l'excellent travail fait par FG qui a déterré ce rapport censé rester confidentiel.
Pour le reste, non, on n'a pas à "demander l'aide des pays voisins", ce qui ne se fait nulle part dans le monde, pour assurer des missions de justice et de police sur le sol national. Pas de comparaison possible avec la Légion à Kourou qui ne protège pas "la ville" mais le port spatial contre d'éventuels agresseurs étrangers. En outre Harpie utilise bel et bien des militaires, mais sur un plan logistique. Une interpellation quelle qu'elle soit se fait par des APJ supervisés par des OPJ qui transfèrent les interpellés à la justice. C'est évidemment lourdingue, mais c'est le prix à payer pour le maintien de la démocratie.

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Relena 06.09.2013

Les "bonnes nouvelles" continuent après les excellents chiffre de la délinquance et criminalité...Franchement, on ne sait plus à quel saint se vouer! Que font nos élus à part se prendre pour le nombril du monde et gaspiller toute leur énergie dans des querelles de pacotilles? Et oui l’État français devrait mettre en demeure les États voisins face à leur responsabilité et renforcer le partenariat beaucoup plus qu'il ne l'est actuellement.

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chr72 06.09.2013
Il faut réagir

Qui est surpris aujourd'hui d'apprendre l'explosion du nombre de sites d'orpaillage clandestin actuellement en activité ? Combien de tonnes de mercure (et autres produits hautement dangereux) sont versées annuellement dans nos rivières et combien de gens, enfants et adultes, s'empoisonnent quotidiennement à vivre en aval de ces sites ? Même la baignade est devenue trop risquée par endroits ! Et la drogue et la prostitution et les épidémies qui se greffent à cette situation alarmante ? Sans parler des gens fortunés qui profitent de la pauvreté des autres dans ce trafic, par là accentuant les inégalités sociales.

Il faut qu'on continue à parler de l'orpaillage clandestin, crier même, partout dans les médias, jusqu'à ce que LES gouvernements (français, brésilien, surinamien et autres) réagissent à cette situation catastrophique. Il faut qu'on fasse cet effort pour que nos enfants et nos petits-enfants puissent connaître la Guyane (et le fleuve et la forêt...) sans mettre leur vie en danger. Je suis horrifié par cette situation. AU SECOURS !!

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vacance75 06.09.2013
La légion d'avant!!!

Quand on parle d'intervention de la légion, le grand patron dit NON ce n'est pas leur boulot, il n'y a pas d'état de guerre sur le territoire de la Guyane qui requiert leur compétence. C'est le boulot de la police et de la Gendarmerie!!!!

Ceci me force à retourner la question, le CSG et la ville de Kourou sont ils en état de siège voir de Guerre pour que la légion s'occupe exclusivement d'eux????

Messieurs des RG de l'armée remonter la question à votre patron, pour qu'il puisse nous donner une réponse sur Guyane 1er!!!

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Sabayo 06.09.2013
Help !

Si l'état français n'est pas capable d'assure la sécurité de son territoire et de ses habitants, qu'il ait au moins l'humilité de demander l'aide de ses voisins, voire même des autres états européens. Dans tous les cas, la France ne peut se dérober aux devoirs que les hasards de l'histoire lui ont confiés...

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Doujou 06.09.2013

Rapport confidentiel ? Le Parc vit grassement sur fonds publics. Donc tous ses documents sont communicables au citoyen...

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