jan. 22

Le lycée Max-Joséphine a soif de travaux

Audrey VIRASSAMY France-Guyane 22.01.2009

Professeurs et élèves se sont mobilisés dès hier pour demander la sécurisation des fenêtres. (AV)

Hier, les professeurs du lycée Max-Joséphine, annexe de Melkior-Garré, ont exercé leur droit de retrait. Leur mouvement vise à dénoncer la vétusté et la dangerosité des locaux.

Au moment où paraissent ces lignes, les cours auront peut-être déjà repris à Max-Joséphine. Si les travaux urgents de sécurisation, promis hier par la Région ont été faits. Dans le cas contraire, les professeurs de cette annexe de Melkior-Garré continueront d'exercer leur droit de retrait et ne reprendront pas les cours. Vendredi dernier, la coupe a débordé lorsqu'une élève de terminale a été blessée dans une salle de classe. En plein cours, la fenêtre basculante s'est ouverte, blessant la jeune fille à l'arcade. Celle-ci perdra même connaissance avant l'arrivée des secours. « J'étais assise à côté d'elle, explique une de ses camarades. On a dû s'occuper d'elle avec notre professeur puisque c'est arrivé un jour où l'infirmière n'était pas là. » L'infirmière de l'établissement partage, en effet, son temps de travail dans plusieurs établissements, à Max Joséphine du lundi au mardi et dans des écoles primaires le jeudi et le vendredi. La jeune fille blessée s'en sort avec treize points de suture et une belle frayeur. Cependant, le personnel de l'établissement redoute d'autres dangers. Hier matin, pour alerter l'opinion, et la Région, ils ont exercé leur droit de retrait et cessé d'assurer les cours. Après avoir fait le tour de la salle de l'accident, les professeurs et quelques élèves entament une procession dans différentes salles de classe. A chaque arrêt, un problème est pointé du doigt. « Dans chaque salle de classe, il n'y a qu'une seule sortie de secours, note un professeur. Comment allons-nous faire si un jour il y a un problème ? » Le groupe est obligé de prendre les escaliers pour se rendre dans une autre salle. Problème là aussi. Les marches sont étroites, glissantes. « C'est difficile quand on est nombreux, fait remarquer une élève. Beaucoup de personnes sont déjà tombées ici. » Dans la pièce d'à- côté, les murs sont humides, dans la suivante le faux plafond manque à certains endroits laissant apercevoir des fils, une tôle menace de s'envoler au-dessus de l'escalier de secours...
La cinquième roue du carrosse
« Cela fait sept ans que je travaille dans l'établissement et quatre ans sur le site de Max-Joséphine et je constate qu'il y a de moins en moins de professeurs qui veulent venir travailler ici, explique Anne-Marie Vireeye, professeur d'anglais et membre du conseil d'administration. Nous avons souvent l'impression d'être la cinquième roue du carrosse. Nous avons des difficultés et elles sont minimisées. Lorsque nous sommes arrivés ici, c'était pour compenser la fermeture de l'aile Garré (du lycée Melkior-Garré, NDLR). On nous avait promis que Max-Joséphine serait refait en 2008, mais depuis, rien n'a changé. »
Selon Marie-Josée Lalsie, troisième vice-présidente de Région, ce qui avait été décidé, à l'époque, était de faire de Max-Joséphine un lycée indépendant de Melkior-Garré. « Mais nous avons pris du retard par rapport aux constructions d'autres lycées dans le département. » Si l'élue indique ne pas pouvoir donner de dates pour des travaux importants à Max-Joséphine, elle concède toutefois que « jusqu'en 2013 (la Région) va être prise par les quatre lycées actuellement en construction » .
A l'issue d'une rencontre entre la Région et l'établissement, la décision a été prise de réaliser, dans l'après-midi les travaux de sécurisation des fenêtres. S'ils ont été faits, les cours reprendront normalement ce matin. « Nous n'aimons pas ce côté mur des lamentations, explique Dominique Colombet, professeur d'histoire-géographie et membre elle aussi du conseil d'administration. Si nous cherchons à attirer l'attention sur nos difficultés, c'est pour pouvoir faire travailler nos élèves. Nous avons la chance d'avoir des élèves relativement gentils et qui encaissent beaucoup eux aussi. »
L'ESSENTIEL PRES DE CHEZ VOUS - VIE SCOLAIRE
Réunion du CAEN aujourd'hui
Le Conseil académique de l'Education nationale se réunit aujourd'hui. Au départ, un seul point était à l'ordre du jour : la modification du calendrier scolaire. Mais le recteur a entendu l'appel des syndicats ainsi d'autres sujets en phase avec l'actualité seront discutés : mise en place d'un dispositif départemental pour les conseils de discipline, insécurité dans les établissements, le projet de vie scolaire, le manque d'assistants d'éducation...
Parents et professeurs inquiets à Justin-Catayée
Hier, la FCPE et quelques professeurs se sont réunis au collège Cayenne V pour donner leur sentiment sur les récents événements dans leur établissement, à commencer par la diffusion d'une vidéo à caractère sexuel mettant en scène plusieurs mineurs de l'établissement. « La question n'est pas de savoir s'il y a viol ou pas, indique Samir Karaoui, représentant des parents d'élèves. Ce type d'action n'a pas à se produire dans l'établissement puisque les abords sont considérés comme faisant partie du collège. » Les élèves montrés sur la vidéo ont fini par être exclus en attendant un conseil de discipline. Les parents demandent également que le rectorat apporte son assistance judiciaire à la mère de la jeune fille de la vidéo qui a déposé une plainte. L'établissement restera fermé jusqu'à nouvel ordre. Aujourd'hui, les parents sont invités à participer à un débat à 16 heures.
Vos réactions

Pas encore inscrit(e)? => Inscription express
Suivez nous également sur :
suivez France Guyane sur Facebook suivez France Guyane sur Twitter suivez France Guyane sur MSN Messenger
Version mobile de France-Guyane
Newsletter :

Météo

10 février 2012