La révolution en auto-stop
T.F.
France-Guyane
02.08.2010
Raphaël Fellmer et Benjamin Lesage effectuent le tour du monde en stop, sans argent (DR & TF)
Benjamin Lesage et Raphaël Fellmer ont quitté les Pays-Bas le 19 janvier pour rejoindre le Mexique. Sans argent, mais avec de fortes convictions écologiques et une foi infaillible en la bonté humaine.
De doux rêveurs, un tantinet illuminés. C'est sans doute la première réflexion qui vient à l'esprit de ceux qui croisent la route de Benjamin Lesage et Raphaël Fellmer. Pourtant, c'est pétris de convictions que les deux jeunes hommes, âgés de 25 et 26 ans, ont débuté leur périple le 19 janvier. Partis de La Haye (Pays-Bas), les deux compères entendent rallier le Mexique. Avec pour objectif de voyager de la manière la plus écologique possible. Sans le moindre centimes en poche, mais avec la profonde certitude que leur chemin sera pavé de belles rencontres. Arrivés en Guyane depuis trois semaines, les deux « révolutionnaires écolos » n'ont toujours pas trouvé de raison de changer d'avis.
Pas d'argent, plus de sac
Au départ, la Guyane ne devait être qu'une courte escale. Mais une péripétie survenue à Récife, au Brésil, a contraint les deux voyageurs à réviser leurs plans. « On a dormi deux nuits à l'arrière d'un camion dans une station-service, raconte Benjamin. Mais quand je me suis réveillé le matin, je n'avais plus de sac. C'est un peu dur, mais là, je me suis vraiment retrouvé dans la situation où je n'ai plus rien. » Plus de vêtements, ni d'ordinateur ou d'appareil photo. Plus de passeport non plus. « On attend que la préfecture m'en délivre un nouveau, mais ça prend trois semaines » , sourit-il. Et le passeport n'étant pas gratuit, pour la première fois depuis le début de leur voyage, les compères ont été contraints d'enfreindre leur règle de base : ne pas utiliser d'argent. Un incident de parcours.
Depuis le 19 janvier, le Franc-Comtois Benjamin et le Berlinois Raphaël s'en remettent à l'hospitalité et à la générosité des personnes qui croisent leur route. Aux Pays-Bas, en Belgique, en France ou en Espagne, ils ont toutefois souvent eu recours au « recyclage » de nourriture. « En Europe, on vit dans des sociétés qui jettent beaucoup, remarque Benjamin. On récupère de la nourriture sur les marchés, on va aussi dans les restaurants ou les boulangeries pour demander s'il y a des restes. » En revanche, au Maroc puis au Brésil, « les gens sont très hospitaliers et nous offraient à manger » , assure Raphaël. Et mis à part le vol subi à Récife, qui les a obligé à abandonner leur projet de documentaire, tout s'est parfaitement bien déroulé.
14 000 kilomètres, 115 voitures et 15 bateaux
« Avec ce voyage, notre but est de montrer qu'on a tous les moyens de faire quelque chose dans ce monde, explique Benjamin. On peut tous prendre les rênes de sa vie et changer ses habitudes. Ça peut entraîner d'autres personnes et créer un mouvement général. » Les deux voyageurs sont végétariens et ne boivent que de l'eau filtrée. Leur mot d'ordre : consommer le moins possible et rencontrer un maximum de monde. « On a parcouru près de 14 000 kilomètres, pris 115 voitures et 15 bateaux » , raconte Benjamin. « Il est important d'avoir plus foi en l'humanité, insiste Raphaël. Il est possible d'évoluer pour vivre en harmonie avec le monde. »
Prochaine étape, le Suriname. « On va essayer de négocier un visa gratuit » , glisse Benjamin. Ensuite le Mexique, où les attendront leurs compagnes. « On va y rester quelques temps et décider si on fait le tour du monde, indiquent-ils. Mais notre objectif est de continuer à vivre comme ça, sans argent. C'est possible. » Mais tour du monde ou pas, Benjamin et Raphaël rentreront en Europe. « Car nous sommes très attachés à nos familles » , précisent-ils.
Ils ont également une pensée pour leur compagnon de route Nicolas. Après quelques divergences de vue et d'opinion, principalement sur la non-utilisation d'argent sur toute la durée du voyage, Nicolas a pris la décision de rentrer chez lui, en Italie. Il a quitté ses partenaires de voyage à Récife.
(DR & TF)
benj77 — 03.08.2010 recommander (0)
La "révolution" qui consiste
... à vivre aux crochets de gens qui, pour la plupart, sont dans des conditions sociales bien plus difficiles que ces enfants gâtés de l'occident, lesquels pourront en plus monnayer leur "trip" dans un livre plus tard, je n'en pense pas de bien. C'est du parasitisme, point barre.
J'en ai vu passer, des gars comme ça à St-Georges et ils étaient plutôt mal reçus quand ils venaient pour tenter de me "taper". Très mal reçus^^
En revanche, j'ai soutenu largement un vrai "routard", un Russe parti de la banlieue de Moscou à bicyclette et qui allait continuer son chemin vers Macapa en pédalant. Il avait, lui, économisé quatre ans pour établir son (petit) budget. Et le vélo c'est autrement plus écolo que l'auto ou les camions, même pris "en stop"
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