L'ouest économique tourne au ralenti
T. F.
France-Guyane
17.12.2009
Les stocks du Super U s'épuisent (TF)
Activité réduite de moitié, surcoût de l'exploitation lié au transport des marchandises, les entrepreneurs de Saint-Laurent payent cher la fermeture du pont du Larivot. Des difficultés qui relancent le débat autour du port de l'ouest.
Des rayons à moitié vides chez l'un, des stocks de production qui s'entassent chez l'autre. Le premier, Yan Du, est le directeur de la grande surface Super U. Le second est Isnar Monier, responsable de l'Entreprise guyanaise de transformation des aciers (EGTA, dite Biométal). Tous les deux sont confrontés à une problématique différente depuis la fermeture du pont du Larivot. Mais les conséquences sont quasiment les mêmes. Pour Yan Du, la principale difficulté réside dans le transport des marchandises du port du Dégrad-des-Cannes jusqu'à Saint-Laurent. D'ordinaire, six conteneurs sont débarqués et acheminés par camion chaque semaine. « Aujourd'hui, on décharge le conteneur, on le dépote dans un petit camion qui doit faire trois à quatre voyages jusqu'ici, explique le directeur. Pour le surgelé, c'est encore plus compliqué. » Une manoeuvre qui multiplie le coût de transport par trois. « Un conteneur de 40 pieds, ça nous coûte normalement 1 200 euros pour le faire venir à Saint-Laurent, précise Yan Du. Et il n'est pas possible pour un chauffeur de faire trois allers et retours dans la journée. Donc on a des conteneurs qui restent bloqués. » Pour l'heure, ils sont au nombre de huit.
« À l'ouest, on paye plein pot » , constate-t-il, avant de regretter l'absence d'un vrai port commercial à l'ouest. « La population ne va pas cesser d'augmenter dans l'ouest, et il va bien falloir que les décisionnaires pensent sérieusement à la question de l'approvisionnement, lance-t-il. Parce qu'il va y avoir de plus en plus de camions sur les routes, et les petits ponts vont avoir les mêmes problèmes que le Larivot. » Si la situation n'évolue pas favorablement d'ici à janvier, le directeur annonce qu'il répercutera le surcoût d'exploitation sur ses produits.
Pour Isnar Monier et EGTA, le problème est légèrement différent. La production est faite sur place et l'approvisionnement en acier se fait par le port. En revanche, de 25 tonnes de transport de marchandises par jour, l'entreprise est passée à 25 tonnes par semaine. « On ne peut plus livrer, constate le responsable. On y va au coup par coup par petits camions, mais c'est n'importe quoi. On a des stocks dans l'usine et à Macouria. »
Patron des transports Guye, Joël Guye avoue son épuisement. « Les chauffeurs font des rotations toute la journée pour remplir des 26 tonnes de l'autre côté du Larivot, souffle-t-il. Notre activité est réduite de moitié, mais on déploie plus de matériel et les chauffeurs font plus d'heures. Il va falloir trouver une solution rapidement. »