Gendarmes passés à tabac à Kourou : prison ferme pour les trois agresseurs
S.R.
France-Guyane
18.02.2012
Les gendarmes étaient en civil lors de l'agression (photo archives)
Trois gendarmes qui n'étaient pas en service ont été frappés par une meute de jeunes adultes devant une discothèque, la semaine dernière. Jugés hier, trois hommes ont été condamnés à de la prison ferme.
Nous sommes devant la boîte de nuit le Vieux Montmartre à Kourou, dans la nuit de vendredi 10 à samedi 11. Trois jeunes gendarmes auxiliaires qui ne sont pas en service, et donc en civil, sortent de l'établissement (notre édition de mercredi). C'est là, pour une raison qui est restée obscure, même devant les magistrats qui avaient à juger cette affaire hier après-midi, que les choses ont dégénéré. Ce qui semble acquis, c'est que des jeunes Kourouciens auraient reconnu en ces trois personnes qui sortaient de la discothèque des « babylones » . C'est la substitut du procureur, Marie-Noëlle Collobert, qui a expliqué le terme. Dans le lexique rasta, « c'est d'abord un système totalitaire et par extension un gendarme ou un policier » . IL POURRAIT PERDRE L'OEIL GAUCHE
Bref les trois gendarmes, dont il a été rappelé au tribunal par la voix du juge qu'ils « avaient le droit de sortir et de s'amuser comme tout le monde » , ont été tabassés par un groupe de jeunes. Combien étaient-ils au total ? On ne sait pas. Six, sept, huit, peut-être davantage. Les coups pleuvent. Un des trois militaires se retrouve au sol. La meute continue de lui donner des coups de pieds. Il risque aujourd'hui de perdre l'usage de l'oeil gauche. Au cours de la bagarre, un couteau aurait été sorti. L'audience d'hier n'a pas permis d'éclaircir ce point. En tout cas, les gendarmes, choqués par cet épisode de violence gratuite, veulent rentrer au plus tôt dans l'Hexagone. Seuls trois des agresseurs étaient jugés au tribunal hier. Ils ont été décrits comme les responsables de la rixe. Frantz Dessalines, un Haïtien de 18 ans, a commencé par s'excuser auprès des deux gendarmes présents dans la salle (le troisième a fini sa mission). John Rozemblad, jamais condamné jusqu'ici, Guyanais de 35 ans, père de deux enfants, explique que les gendarmes étaient ivres. Il minimise sa participation pour finalement reconnaître à deux reprises qu'il a frappé un homme tombé au sol. Enfin, Andy Alekie, Surinamais de 21 ans, raconte qu'un des gendarmes l'aurait frappé en premier. Et c'est là que les choses se sont envenimées. Eux ne portent aucun stigmate de la lutte, contrairement aux gendarmes qui ont reçu des certificats d'incapacité totale de travail de 2,5 et 10 jours. Andy Alekie, après moins d'une heure de délibération, a été condamné à sept mois de prison ferme ; John Rozemblad à cinq mois ferme et Frantz Dessalines à un mois ferme. Ils ont été incarcérés.