Quels sont vos projets concrets de coopération avec la Guyane ?
Il est très important de développer la collaboration entre le Surinam et la Guyane sur le fleuve Maroni, afin que les deux pays puissent mettre en place de nouveaux projets de développement. Par exemple, il y a le projet de l'hôpital d'Albina qui sera offert par la France. La sécurité est aussi un sujet de collaboration très important, afin qu'il règne un climat de sérénité sur tout le secteur frontalier. Il est nécessaire de mettre en place un contrôle intensif. Nous pouvons aussi envisager de mettre en place un système d'exportation pour l'agriculture. Nous devons également travailler sur le projet de pont sur le Maroni. Je souhaite qu'il soit réalisé avant la fin de mon mandat. Pensez-vous demander l'assouplissement des visas pour faciliter les transports de personnes entre la Guyane et le Surinam ?
Il est clair que l'entrée en Europe est toujours passée par un autre pays. Mais là, l'Europe se trouve juste de l'autre côté de la frontière, parce que l'Europe est juste à côté de nous. Il est très important que le Surinam implante une ambassade à Paris. C'est très important pour le renforcement des relations entre le Surinam et la France, puisque la France, l'Allemagne et l'Angleterre sont les trois plus grandes puissances européennes. D'ailleurs, je confirme que nous avons reçu un courrier de félicitations de la part de Nicolas Sarkozy. On sait qu'une grande partie des orpailleurs clandestins en Guyane s'approvisionne à partir de la rive surinamienne du Maroni. Que comptez-vous faire pour empêcher ces déplacements d'orpailleurs clandestins ?
C'est pour moi une grande priorité, puisque l'or est une matière précieuse et les Surinamiens doivent en profiter. Ce pourrait être un partenariat entre le secteur public et le secteur privé. Et c'est donc avec la plus grande fermeté que je lutterai contre l'orpaillage clandestin. Il y a deux ans environ, la question faisait débat au Parlement brésilien. Et vous, que pensez-vous de la présence de l'État français en Guyane ?
Bien sûr, il est difficile d'interférer dans les enjeux internes des autres pays, je ne peux pas m'en mêler. Surtout en ces moments-là. N'oublions pas que le Surinam est un petit pays. Lors de sa dernière venue, Nicolas Sarkozy a proposé la création d'un marché commun à toutes les Guyanes. Qu'en pensez-vous ?
C'est une bonne chose. Je suis entièrement d'accord avec les projets de coopération sur le continent. Nous savons qu'il y aura un pont entre la Guyane et le Brésil en 2011 et nous voulons également construire le pont sur le Maroni au plus tôt. Ce type d'infrastructure améliore la production. Selon vous, quels sont les principaux enjeux de votre mandat au niveau international ?
Nous avons des rapports avec les Nations unies, que nous renforcerons avec l'appui de nouveaux représentants. Au niveau de la politique internationale, les premiers pays concernés seront les voisins : le Brésil, le Guyana et la Guyane. Le Surinam a un privilège, d'être à la frontière de l'Europe, au travers de la Guyane. C'est ce qui est intéressant et il faut y travailler. Globalement, nous souhaitons avoir de bonnes relations avec tous les pays. Des relations fondées sur le respect et les avantages mutuels. Basées également sur le manifeste de l'organisation des Nations unies. Nous nous pencherons plus particulièrement sur notre région et notre voisinage. Les plus concernés sont donc le Brésil, le Guyana et la Guyane, avec lesquels nous devons intensifier nos relations. Nous nous trouvons dans une situation unique, puisque nous sommes en Amérique du sud, nous faisons partie de la Caraïbe et nous sommes également voisins de l'Europe. Cela nous offre une opportunité unique de fonctionner comme un pont avec l'Europe. - Bouterse « en croisade » contre la corruption
Dans son discours de politique générale, Desire Bouterse a évoqué de nombreux sujets de politique extérieure, mais également des sujets importants de politique nationale. Parmi lesquels il a accordé une place importante à l'économie et à la santé. Après avoir affirmé qu'il considère l'opposition comme un partenaire et qu'il ne compte pas abuser de son pouvoir, il a garanti qu'il irait au bout de l'amélioration du système de sécurité sociale et de la retraite. À plusieurs reprises, il a fait allusion à la corruption, largement développée dans le pays. À cette occasion, il a annoncé clairement qu'il partirait « en croisade » contre celle-ci sous toutes ses formes, qu'il désigne comme un frein au développement.
- Repère
Les ministres sont investis, sauf un
Seize des dix-sept ministres du nouveau gouvernement ont été investis jeudi par le nouveau président, Desire Bouterse. Les portefeuilles ministériels ont été répartis entre toutes les forces politiques qui participent à la majorité parlementaire du président. Seul le poste de ministre de la Police et de la Justice n'a pas encore été pourvu. Il devrait faire son choix cette semaine.
Suite aux négociations menées à l'issue du scrutin, ce poste revient à la coalition A-Combinatie, menée par Caprino Alendy (Parti BEP) et Ronnie Brunswijk (ABOP). Forte de ses sept sièges à l'assemblée nationale, A-Combinatie est la première force alliée de la coalition menée par Desire Bouterse. A-Combinatie a perdu l'opportunité d'occuper le poste de vice-président de la République qui lui revenait, à cause de disputes internes. Là encore, les deux principaux partis de cette coalition ne s'entendent pas sur l'identité de la personne qui doit assumer le poste de ministre de la Police et de la Justice. Chacun des deux partis a proposé un candidat. Ce sera donc à Desire Bouterse de trancher.
Bidouille — 19.08.2010 recommander (0)
Quelle langue de bois !
Au Suriname aussi, on parle très bien la langue de bois : pas de réponse à la question des visas. C'est assez surréaliste de faire payer un visa aux Guyanais pour les autoriser à dépenser leurs devises à Paramaribo ! Peut-être n'en ont-ils pas besoin ? Personnellement, j'irais plus souvent au Suriname s'il n'y avait pas de visa.
Souvenons-nous que les Suisses et les Belges ne sont pas soumis au visa pour se rendre au Suriname...
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