En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +

Lova Jah : « La tradition est mon point d’ancrage »

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH /Photos : Salomon H. GARCIA Lundi 9 Janvier 2017 - 11h16
Lova Jah : « La tradition est mon point d’ancrage »

Trois ans après Oroyo, Lova Jah présente An mo latchò-oko, un album six titres, sorti en auto-production. Interview.

Ce nouvel album est né d’une rencontre entre vous et la chanteuse Saïna Manotte
Disons qu’il me manquait un élément pour pouvoir réaliser mon second album et ce fut Saïna. J’ai kiffé la couleur de sa musique, et j’ai voulu marier ça avec ce que j’ai fait en premier lieu avec Oroyo. Je leur ai expliqué, à elle et son fiancé Maxime, ce que je recherchais. Et ils l’ont vraiment compris. Je vous promets que je suis le premier surpris du résultat. Agréablement surpris ! Je remercie encore Saïna, Benjamin et Maxime.

Vous avez enregistré dans l’Hexagone. Quand vous êtes parti, c’était avec l’idée de créer un genre ? La variété guyanaise actuelle ?
C’est exactement ça. Mon but était de créer une musique de variété actuelle, tout en gardant la racine. La tradition est mon point d’ancrage à la musique, ce qui a fait ma marque de fabrique. J’essaie d’allier des musiques que j’apprécie, qui ne sont pas d’ici, avec ce qui m’a bercé dans mon enfance. Ca donne de la variété moderne mais traditionnelle. Et puis vu comment le pays tourne en ce moment, je voulais que ceux qui écoutent l’album aient vraiment l’impression d’être dans le zion au fin fond de Sinnamary, d’Apatou ou de Roura… Qu’on se souvienne que l’on avait une certaine tranquillité et qu’on l’a encore, il ne faut pas qu’on l’oublie. C’est un rappel à la nature, à ce qui est vrai chez nous. C’est un passeport d’identité guyanaise, un hommage à cette ouverture que l’on a envers le monde, à la tolérance, à la paix et à l’amour.
D’où vient le nom de l’album : An mo latchò-oko ?
Je voulais d’abord l’appeler An mo karbè, car je souhaitais emmener les gens dans mon univers, qui est constitué d’abattis, de carbets, rivières, criques etc. Puis je suis allé dans une émission sur KFM où j’ai rencontré une amie qui s’appelle Anna. Elle m’a alors dit : « Karbè a oun bèt moderne, i pa bon ! » Elle m’a ensuite expliqué ce qu’est un Latchò-oko. Je ne connaissais pas ce terme-là. C’est un petit carbet 100 % naturel fait de liane, de feuilles et de bois. Sa particularité est qu’il s’ouvre en éventail comme une queue d’occo, d’où son nom. Les grandes personnes en avaient dans leur arrière-cour. Ils y faisaient leurs remèdes, leur huile de tchotcho, de carapa… J’ai trouvé que ça collait bien à mon album. Toute personne sur terre a besoin d’un endroit, réel ou virtuel, ou elle peut se recueillir quand elle est en pleine remise en question.

Dans le titre Ya foy vous dénoncez pas mal de choses sur la société guyanaise
Je dénonce les gens qui vivent dans des stéréotypes, bornés à un point où on ne peut pas les faire changer d’avis. Je pratique la pensée selon laquelle « l’habit ne fait pas le moine ». J’aime bien changer de look pour brouiller les pistes et me détacher de ce que les gens pourraient penser de ma personne réelle. Ce que j’aimerai qui les intéressent en vérité, c’est ce que je chante. « Ya foy » veut dire « Y’a rien », c’est un mot ivoirien. Donc, c’est déjà un rattachement à l’Afrique pour montrer que nous sommes tous originaires d’Afrique, blanc, noir, chinois. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est prouvé, je ne fais que le relater. À côté de ça, le sens du message est aussi le suivant : vu qu’on sait déjà qu’il n’y a rien, il serait peut-être temps que l’on fasse quelque chose. Je m’adresse aussi aux politiciens : que l’on n’attende pas forcément le carnaval pour donner à tout le monde à manger.

Lova Jah, sa compagne et les enfants de celle-ci. -

Lova Jah : An mo latchô-oko, produit par MHK Prod, disponible en téléchargement légal sur internet ou en cd chez Sun Studio.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème