La Région rachète l'immeuble de l'Afpa
Kerwin ALCIDE
France-Guyane
06.02.2012
Les élus ont approuvé un rapport qui permet désormais à la Région d'acheter ce bien squatté mais surtout hypothéqué au profit de la Sécu (photo d'archives)
Vendredi dernier, les élus ont validé le rachat de l'immeuble Guidiglio, l'ancien bâtiment de l'Afpa. La Région, en 2009, avait déjà acheté cet ensemble immobilier, mais la vente avait été cassée à cause d'une hypothèque en faveur de la Sécu.
« Un tour de passe-passe juridique que je n'accepte pas » . Fin 2009, Hélène Sirder, membre de l'opposition à la Région Guyane, s'insurge contre ce rapport présenté en séance. La Région, alors dirigée par Antoine Karam, avait tenté de protéger ses intérêts en modifiant une délibération prise le 22 décembre 2008 et qui allouait une somme à l'Association de formation professionnelle des adultes (Afpa). La structure ne pouvant restituer cette avance remboursable de 1,14 million d'euros accordée en décembre, se voyait proposer un arrangement : céder son bâtiment de la route de Baduel « sans contrepartie financière supplémentaire » . 1 MILLION D'EUROS
Hélène Sirder regrettait alors que l'Afpa soit obligée de rembourser la Région sur « son unique bien immobilier » . Vendredi dernier, la conseillère régionale, appartenant désormais à la majorité, s'est contentée d'adopter la nouvelle délibération qui prévoit l'achat de ce même bien immobilier pour un montant de 1 million d'euros sous forme de subvention d'exploitation pour 2011 (600 000 euros) et une avance remboursable (400 000 euros). Même l'opposition a voté ce rapport. Seule Christiane Finance, de la majorité régionale, s'est abstenue, expliquant qu'en tant qu'ancien membre du conseil d'administration de l'Afpa « j'avais émis beaucoup de réserves concernant la gestion de l'Afpa de l'époque et notamment l'achat de ce bien » . Car tout porte à croire que la situation n'a guère évolué depuis 2009. Le bâtiment, désormais squatté par de nombreuses familles, serait toujours hypothéqué au profit de la Sécurité sociale dont l'Afpa est débitrice. Et est-ce que la Région a déjà récupéré la première avance remboursable ? Dans le cas contraire, la collectivité aurait payé 2,14 millions d'euros pour un bâtiment qui est sous le coup d'une hypothèque. Un tour de passe-passe à donner le tournis même aux plus avertis...