TOUJOURS DANS L'ATTENTE
L'opposition voudrait obtenir des informations sur la durée de l'absence du maire, qui n'a plus présidé le conseil municipal depuis novembre. La loi ne prévoit pas de communication obligatoire.« Personne ne peut nous dire où est le maire ? » Odile Prince, de l'opposition de Macouria, a plus de questions que de réponses. Hier matin au cours du premier conseil municipal de l'année, elle a fait part de ses interrogations.
« On m'a dit d'écrire au maire » , lâche-telle. Depuis la réunion de novembre, où le conseil municipal avait retiré ses délégations à l'ancien premier adjoint Thierry Louis, le maire n'a plus fait d'apparition publique. Et les bruits les plus contradictoires ont circulé sur son état de santé.
« Nous n'avons jamais eu de notification sur son absence » , poursuit la conseillère municipale qui souhaiterait connaître au moins la durée de l'absence du maire, à défaut de connaître les raisons qui l'éloignent de ses administrés. « Surtout, poursuit Odile Prince, nous prenons des décisions qui engagent la collectivité sur des dépenses » .
Elle voudrait savoir qui « dirige » Macouria. Les convocations sont signées des mains de deuxième adjoint Gilles Adelson car la commune ne compte plus de premier adjoint depuis novembre.
« En cas d'absence [...] ou tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, [...] par un adjoint, dans l'ordre des nominations [...] » , stipule l'article L2122-17 du code général des collectivités territoriales. Dans le cas de Macouria, Patrick Lingibé, avocat spécialisé dans le droit des collectivités, parle de « suppléance » .
AFFAIRES COURANTES ET ACTES ADMINISTRATIFS
Dans ce cas de figure, le « suppléant » doit se limiter à l'expédition des affaires courantes et aux actes administratifs qui sont nécessaires. Le maire « n'a aucune obligation d'informer de son absence » , reprend le conseil juridique.
Et la loi n'est pas précise sur la durée d'une telle absence. « C'est le conseil municipal qui peut décider s'il faut un nouveau maire » , annonce-t-il. Ce qui n'est pas encore le cas à Macouria.
La commune de Baie-Mahault, en Guadeloupe, était confrontée au même problème : le premier magistrat avait été emprisonné au milieu des années quatre-vingt-dix. Empêché, c'est un adjoint qui avait géré la commune.
Mais Odile Prince veut toujours des réponses, alors que la commune prépare son budget primitif. En retirant les délégations à Thierry Louis, Serge Adelson avait, entre autres, récupéré la présidence de la commission des finances...