Galileo sera lancé aussi par Ariane-5
Kerwin ALCIDE
France-Guyane
07.02.2012
Le lanceur lourd européen pourra participer à l'aventure Galileo qui devra être opérationnel dès la fin de l'année prochaine (photo d'archives)
Lors du vol inaugural de Soyouz en octobre, la question avait secoué le microcosme spatial : pourquoi Ariane-5 ne peut pas contribuer au déploiement des satellites européen Galileo. C'est désormais officiel, Ariane-5 sera aussi de la partie.
Jusqu'à présent, le futur « GPS » européen n'avait que des accents russes. Même s'ils ont été envoyés depuis la savane de Sinnamary, les satellites de la constellation Galileo n'avaient voyagé qu'à bord du lanceur russe. Les plus europhiles avaient souhaité qu'Ariane-5 participe à cette aventure. Même Laurent Wauquiez y était allé, en octobre dernier, de son couplet : « Il faut que ce soit Soyouz plus Ariane-5. Ce n'est pas Soyouz à la place d'Ariane-5 parce qu'il faut qu'on utilise ce que Soyouz nous apporte mais en même temps il ne faut pas se déshabiller. » Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche semble avoir été entendu. En fin de semaine dernière, Jean-Yves Le Gall et Didier Faivre, respectivement président-directeur général d'Arianespace et directeur du programme de navigation par satellite Galileo, ont paraphé un accord, à Londres, selon lequel plusieurs satellites de la constellation seront lancés par Ariane-5. Arianespace aura donc à lancer les vingt-six satellites qui composent ce système de navigation destiné à permettre à l'Europe de ne plus être dépendante du système GPS américain. Pour cette tâche, le transporteur spatial pourra ainsi s'appuyer sur le lanceur russe Soyouz qui peut emporter deux satellites ou son fer de lance Ariane-5, capable d'abriter quatre satellites sous sa coiffe. La Commission européenne qui pilote le programme Galileo et l'Agence spatiale européenne (Esa) viennent de confier la fabrication des huit derniers satellites de la constellation à une société allemande. Ces satellites seront lancés en 2014 et 2015 par Ariane-5. Ils seront accompagnés de quatre autres satellites d'un précédent lot. Ariane-5, qui a l'habitude de viser les orbites géostationnaires (36 000 km), devra pour ces missions grimper un peu moins haut. Les satellites de Galileo sont placés à 23 000 km.