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FOOTBALL

L'AS Kawina, la revanche du fleuve

Thomas FETROT & Ange MARÉCHAL Mercredi 30 octobre 2013
L'AS Kawina, la revanche du fleuve
Kawina à l'entraînement avant la finale, hier à Baduel (HG)

En raison de son enclavement, l'AS Kawina n'est engagé dans aucun championnat. Pourtant, ce soir contre l'US Matoury, le club de Papaïchton peut devenir le premier représentant du Maroni à remporter la Coupe de France (zone Guyane).

En début de saison, Daniel Bagadi était sans doute le seul à y croire. Il n'empêche. Quand l'entraîneur de l'Association sportive de Kawina annonce à ses joueurs qu'il a engagé l'équipe de Papaïchton en Coupe de France, il précise que c'est uniquement dans le but d'aller jusqu'en finale. « Il a dit ça comme ça, pour nous motiver, sourit aujourd'hui Jean-Paul Apouyou, buteur en série (10 buts en 4 matches). Mais on s'est pris au jeu, et c'est en mangeant que l'appétit est venu. » À tel point que ce soir, Kawina peut devenir la première équipe du Maroni à régner sur la zone Guyane. Sans avoir disputé le moindre match dans une autre compétition cette année.
Depuis sa création, en 1989, jamais le club n'a été en mesure de s'engager en championnat. « On est trop loin, ça nous coûterait trop cher » , résume Daniel Bagadi. Un obstacle financier qui est presque anecdotique face à la problématique de l'enclavement. Huit heures de pirogue pour aller à Saint-Laurent auxquelles s'ajoutent trois heures de route pour gagner Cayenne. « J'ai des gars qui travaillent, et puis il y a la fatigue » , explique l'entraîneur. Alors cette finale, les joueurs de Papaïchton l'abordent comme une revanche. Contre l'isolement, l'indifférence, parfois même le mépris.
« LE DORMEUR S'EST RÉVEILLÉ »
« Sur le fleuve aussi, on sait jouer au foot, clame Jean-Paul Apouyou. Qu'on soit en finale, sans même disputer un championnat, ça veut dire quelque chose. C'est une fierté. » Victime d'un méchant tacle par derrière contre les Black Stars, Patrick Nieso regardera la rencontre depuis le banc. La jambe gauche plâtrée, le milieu droit de 21 ans est persuadé que ses coéquipiers « vont gagner » . Et de lancer : « Ce sera une façon de montrer que, sur le fleuve, on est là. Qu'il ne faut pas nous oublier. »
Dondaine Pinson n'en pense pas moins. Cette année, le joueur ne participe pas à l'aventure. Une formation dans l'Hexagone le tient éloigné des terrains. Néanmoins, il est venu soutenir l'équipe. « Le dormeur s'est réveillé, se félicite-t-il. Malgré les contraintes, le travail et la motivation ont payé. À travers ces victoires, on nargue un peu le littoral. Sans moyens, on y arrive. » Et de pousser son propos un peu plus loin. Ou quand une épopée sportive se mue soudainement en métaphore sociale et politique.
« NOUS AUSSI, ON EST GUYANAIS »
« Nous aussi, nous sommes des jeunes Guyanais qui avons du potentiel, insiste Dondaine Pinson. Dans le sport comme dans les autres domaines. Mais on ne nous accorde pas plus de considération que ça. En fait, ce que les gens du littoral reprochent à la métropole, c'est exactement ce qu'ils font avec nous. » Ce qui expliquerait peut-être le soutien populaire dont bénéficie Kawina.
Ce soir, Daniel Bagadi attend beaucoup de supporteurs en tribunes. « Sur le Maroni, tous les gens sont avec nous, affirme-t-il. Alors on veut montrer qu'on a du potentiel. Quand on voit qu'il n'y a que des joueurs du littoral en sélection de Guyane, ça fait réfléchir. Nous aussi, on est Guyanais! » Avec ou sans balle au pied. Dans la victoire comme dans la défaite. Car, quel que soit le résultat final, Kawina a d'ores et déjà marqué la compétition de son empreinte.
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Le vainqueur de la finale de la coupe de France, zone Guyane, rencontrera l'US Avranches, une équipe de CFA de Basse-Normandie, le 16 ou 17 novembre dans l'Hexagone.
Rythme de compétiteurs
Arriver en finale sans jouer en championnat, l'exploit est retentissant. « Mais les jeunes jouent tout le temps, explique Dondaine Pinson. Donc ils ont l'endurance. » Daniel Bagadi précise : « Ils ont aussi beaucoup travaillé.
Avant, on faisait un championnat entre les équipes du fleuve, mais plus maintenant. Alors on joue entre nous et on organise des rencontres amicales pendant les grandes vacances ou les fêtes patronales. C'est difficile. Je félicite d'autant plus mes joueurs, qui tiennent le rythme face à des équipes qui jouent tout le temps. »
Le favori Matoury se méfie pour ce soir
Ce soir, à 20 heures au stade Edmar-Lama de Rémire-Montjoly, la 47e finale de la Coupe de France (zone Guyane) opposera l'US Matoury à l'AS Kawina (Papaïchton), l'invité surprise. Le grand favori, c'est Matoury.
Habitué de ce genre de rendez-vous, le club est aussi en tête du championnat de DH. Peu nombreux, sauf le staff, les joueurs et les supporters de Kawina croient l'exploit possible. Ce qui n'empêche pas Matoury d'être méfiant. D'ailleurs, lors de la demi-finale de Kawina contre Black Stars, c'est quasiment l'équipe entière de Matoury qui a épié ce mystérieux adversaire en tribunes. Éric Martinon, défenseur : « Kawina est une valeureuse équipe qui mérite sa place en finale. Elle joue avec le coeur et les tripes. Comme tout adversaire, c'est une équipe qu'on redoute, mais on sera prêt à faire face. » Aucune tension, pas de pression dans le camp matourien ? « Non, nous nous sommes préparés comme d'habitude, assure-t-il. Le groupe est serein. Les anciens sont là pour encadrer les jeunes qui se voient déjà dans l'avion » .
Aux supporters de Matoury, Martinon lance un appel : « Venez nombreux, car en face il y aura du répondant. »
Ange MARÉCHAL

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