Patrick Karam, délégué interministériel pour l’Egalité des chances des Français d’outremer, s’est insurgé contre les propos qu’Alain Huyghues-Despointes, PDG du groupe éponyme et l’un des principaux chefs d’entreprises d’outre-mer, aurait tenu dans le cadre du reportage diffusé le 30 janvier dans le magazine Spécial Investigation sur Canal + , « Les derniers maîtres de la Martinique ».
Dans ce reportage on voit le PDG déclarer : « Dans les familles métissées, les enfants sont de couleurs différentes, il n’y a pas d’harmonie. Moi, je ne trouve pas ça bien. Nous (NDLR : les békés), on a voulu préserver la race. […] Les historiens ne parlent que des aspects négatifs de l’esclavage et c’est regrettable. ».
« Au moment où le consensus national est fragilisé, dit Patrick Karam, on ne peut accepter que quiconque puisse penser et encore moins tenir de tels propos. Ces déclarations — même isolées — jettent de l’huile sur le feu dans un climat social déjà tendu. La seule idée de préservation « de la race » nous ramène aux heures les plus sombres de l’histoire de l’humanité. […] Les départements d’outre-mer, où est implanté le groupe Alain Huyghues-Despointes, sont largement métissés, ce qui constitue une de leurs principales richesses. »
Patrick Karam, qui se dit lui-même « particulièrement fier de ses enfants métissés », a demandé à Alain Huyghues-Despointes de « s’excuser publiquement dans les plus brefs délais ».
Ce dernier à tenu à réagir. Le site Bondamanjak publiait ce matin la « mise au point » du PDG, dont voici un extrait :
« Je ne suis pas homme de media et je ne sais pas comment le montage de ce film a été réalisé mais je suis très surpris du mode opératoire et de la déontologie suivie », déclare-t-il. « Je n’ai pas attendu ce journaliste pour témoigner de ce que je ne suis absolument pas nostalgique d’un passé honni, […] les propos diffusés ne reflètent en rien mes convictions profondes, […] le journaliste les a repris en les sortant de leur contexte car je parlais du « passé », […] la période de l’esclavage est une tache sombre de l’histoire de nos îles […] ma pratique professionnelle est la meilleure preuve de mon engagement pour une Martinique plurielle, respectueux de toutes ses composantes ».