UMP : Chaumet claque la porte
Kerwin ALCIDE
France-Guyane
11.03.2009
Alain Chaumet n'exclut pas de travailler avec des responsables qui « seraient réellement motivés » par l'avenir de la Guyane (photo d'archives)
L'ancien candidat aux municipales et aux cantonales à Cayenne vient d'annoncer sa démission de l'UMP. Il reproche à l'instance nationale « un autisme permanent et entretenu » , entre autres.
La voix des militants d'en bas n'atteint pas les oreilles des nombreux conseillers et responsables d'en haut » . Alain Chaumet, dans une lettre en date du 3 mars dernier, a présenté sa démission à Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP. Dans ce document de deux pages, Alain Chaumet rappelle qu'il était membre de l'UMP « depuis ses origines. J'ai cru que mon attachement aux valeurs républicaines était toujours en harmonie avec les idéaux de notre mouvement » . Mais le contenu de cette lettre semble prouver le contraire car il reproche aux instances « d'en haut » un manque navrant de connaissance des réalités du terrain et d'anticipation. En prenant la Guadeloupe en exemple, Alain Chaumet estime que « tout un chacun a pu mesurer à quel point l'éloignement intellectuel vis-à-vis des questions qui se posent allait de pair avec l'éloignement géographique. Le centralisme parisien cadenasse encore et toujours toutes décisions qui devraient être adoptées avec les premiers intéressés » . Cette situation existe « car les palais nationaux à Paris tout comme les préfets métropolitains, envoyés sur place et entourés de fonctionnaires non-moins hexagonaux, ne sont peut-être pas les mieux prédisposés à une connaissance des terrains » . Cet éloignement et l'absence de remontée d'informations « ont valu à l'UMP des déconvenues électorales sévères [...] quelques mois seulement après le beau succès de la présidentielle. Ces signaux sont sans doute encore trop faibles ? » Prétendant à l'investiture pour les municipales à Cayenne, Alain Chaumet dit avoir eu droit « à un silence radio, à un refus de communication et à une absence totale de décision de la part du mouvement. J'ai vu dans cette attitude peureuse la marque d'un mépris et d'une incompétence coupables. » Dans un registre purement économique, le démissionnaire estime que « la plus pauvre et la plus délaissée des terres d'Outre-mer va encore s'enfoncer davantage dans une pauvreté laissant augurer le pire. Si les Antillais ont leurs békés, les Guyanais ont le leur en l'Etat lui-même, premier propriétaire terrien de cette plus ancienne colonie française » . Alain Chaumet estime que « la surdité des élites parisiennes » et « le caporalisme déresponsabilisant cultivé par les cadres locaux ne font que précipiter une déchéance » . Autant d'éléments qui le poussent à prendre la porte, mais il n'exclut pas, explique-t-il à Xavier Bertrand, de travailler avec des responsables qui « seraient réellement motivés » pour l'avenir de la Guyane.