Pont sur l'Oyapock : fin des travaux début décembre
Stéphanie BOUILLAGUET
France-Guyane
02.09.2010
Un certain nombre d'accords de coopération entre le Brésil et la France devront être signés avant l'inauguration du pont sur l'Oyapock, prévue en décembre. (DR)
Le futur pont sur l'Oyapock était au centre des discussions de la commission mixte transfrontalière France-Brésil, qui s'est achevée hier soir à Cayenne. Les ingénieurs brésiliens ont annoncé que les travaux seraient terminés le 4 décembre.
Pont de l'Oyapock, conseil du fleuve, circulation des marchandises et des personnes, coopération universitaire, environnementale, policière, sanitaire... Les sujets de discussion entre les autorités françaises et brésiliennes ne manquaient pas, lors de la réunion de la commission mixte transfrontalière, mardi et hier à Cayenne. 1. Le pont sur l'Oyapock terminé le 4 décembre
Les délais peuvent sembler optimistes, ils sont en tout cas très précis : les ingénieurs brésiliens ont annoncé que la construction du pont sur l'Oyapock serait achevée le 4 décembre. Dans ces conditions-là, « il ne paraît pas inenvisageable que l'inauguration puisse avoir lieu en décembre » , explique le préfet de la Guyane Daniel Ferey. Les deux présidents Lula et Sakozy tiennent à l'inaugurer ensemble, donc avant la fin du mandat du président brésilien, le 1er janvier 2011. 2. Les camions brésiliens pourront-ils circuler en Guyane ?
Verra-t-on l'année prochaine des voitures et des camions brésiliens sur nos routes ? C'est encore loin d'être fait. Car pour circuler dans notre département, les Brésiliens devront être, entre autres, assurés de la même manière que nous le sommes en Guyane. « Ce n'est pas négociable en ce qui nous concerne » , précise le préfet. Par ailleurs, la réglementation nationale s'appliquera. Les camions devront donc posséder des équipements obligatoires en France, les chauffeurs devront conduire avec des plages de repos obligatoire, etc. Une réunion se tiendra sur le sujet le 24 septembre à Rio de Janeiro. 3. Et les personnes ?
C'est un sujet délicat. Certains députés de l'Amapà avaient déjà fait part de leur crainte de voir le pont sur l'Oyapock s'ériger en un « Mur de Berlin » . Pour le directeur du département Europe du ministère des Affaires étrangères brésilien, Santiago Mourão, tous les projets discutés entre nos deux pays ne sont réalisables que si « les gens peuvent se rendre d'un côté et de l'autre » de la frontière (lire par ailleurs). Selon lui, il faut étudier les mécanismes adaptés à la situation particulière de cette frontière. Un consulat à Macapà pourrait par exemple faciliter l'obtention de visas pour les Brésiliens. Pour Élisabeth Beton-Delege, directrice Amérique et Caraïbes au ministère des Affaires étrangères français, « le pont ne va pas entraîner du jour au lendemain des flots inconsidérés de marchandises et de visiteurs. ?[...] Nous ne voulons pas d'exemption de visa, mais nous avons la possibilité de donner des visas de circulation, pour les opérateurs économiques, par exemple » . 4. Bientôt un Conseil du fleuve Oyapock
Ce conseil consultatif permettra de traiter des problèmes quotidiens rencontrés par les habitants de la région de l'Oyapock, avec les décisionnaires locaux. Le conseil pourra saisir la commission mixte transfrontalière. 5. De la viande de l'Amapà dans nos assiettes ?
Le Poste d'inspection frontalier (Pif) va être installé à Saint-Georges pour contrôler si les produits végétaux et animaux respectent les normes européennes. Les services vétérinaires devront donc vérifier, entre autres, que les conditions d'abattage des bêtes dans l'Amapà respectent ces règles. Pour protéger la production des agriculteurs locaux, l'octroi de mer pourra agir sur le prix du produit importé. Reste que notre consommation de viande provient à 20% de la production locale, 80% étant importée de France hexagonale. Les autorités françaises étudient également la possibilité de faire de la Guyane une porte d'entrée pour les produits brésiliens exportés vers l'Europe. « Ce serait une chance pour nous en matière de développement économique » , précise le préfet. 6. Envoyer une lettre à Oiapoque en moins de quatre semaines
C'est mine de rien une avancée très concrète de la coopération. Aujourd'hui, si vous postez une lettre à Saint-Georges pour Oiapoque, elle passera d'abord par Paris, São Paulo, et Macapà avant d'atterrir à destination. Comptez quatre semaines. Désormais, avec le pont, le courrier ira directement au nord du Brésil sans passer par l'Europe! 7. Un accord de sécurité civile
Un accord de sécurité civile est sur le point d'être signé, de façon à ce que les pompiers des deux pays puissent travailler ensemble et mutualiser leurs moyens.
JL973 — 03.09.2010 recommander (0)
Anguille sous roche
On a mis la charrue avant les bœufs ... Beaucoup de zones d'ombres risquent de ne pas être éclaircies avant que le pont soit terminé.
En tout cas les brésiliens semblent bien plus pressés que le sont les français. Il y a anguille sous roche ...
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