1 - 50 000 habitants en plus
La Guyane est le département qui a connu l'augmentation la plus importante entre 1999 et 2006. La population légale a grimpé d'un tiers, de 157 213 à 205 954 habitants. Cela représente une croissance dépassant 3,8% par an ; c'est la plus élevée de France. Avec un tel accroissement, la population est multipliée par deux tous les dix-neuf ans.
L'Insee estime qu'il y aura 424 00 habitants en Guyane en 2030. C'est plus que la Guadeloupe (400 000) et la Martinique (398 000) aujourd'hui. L'Institut estime qu'en 2030, la part des moins de 20 ans sera de 43% et celle des plus de 60 ans de 11%, contre 6% actuellement. L'âge moyen d'un Guyanais sera de 28,3 ans.
2 - Saint-Laurent, champion de la hausse
Entre 1999 et 2006, la population de la sous-préfecture est passée de 19 085 à 33 707 habitants, soit + 77%. Six autres communes ont augmenté de plus de la moitié : Saint-Elie (77% ), Montsinéry-Tonnégrande (75% ), Apatou (63% ), Roura (64% ), Saint-Georges (59% ) et Macouria (54% ). Quatre d'entre elles jouxtent les grandes agglomérations. Mana, avec 44% de hausse, fait presque aussi bien.
Le poids relatif des cinq grandes villes a diminué en sept ans. En 1999, 83% de la population habitait Cayenne, Rémire, Matoury, Kourou ou Saint-Laurent. En 2006, c'est 76%.
Les communes isolées sont les moins dynamiques : la population baisse à Saül (1% ), Ouanary (7% ) et Papaïchton qui a perdu 194 habitants en sept ans (12% ). Les hausses sont limitées à Grand-Santi (17% ), Régina (7% ) et Sinnamary (10%).
3 - Qui est recensé cette année ?
A partir de cette année, la population officielle sera fixée tous les ans au 1er janvier. Il s'agira du comptage effectué trois ans plus tôt. Les données statistiques (répartition par âge, sexe, profession...) seront publiées chaque année au troisième trimestre. Dans les cinq communes de plus de 10 000 habitants, le recensement se poursuit tous les ans sur un échantillon de 8% de la population. Dans les autres, le recensement a lieu tous les cinq ans.
A partir du 15 janvier, les agents passeront donc à Maripa-Soula, Papaïchton et Roura, qui avaient été recensées en 2004.
4 - Des sous et des élus en plus
Ces nouveaux chiffres officiels vont modifier les dotations que l'Etat verse aux communes car elles sont souvent proportionnelles au nombre d'habitants. Elles représentent environ un tiers de leur budget.
Trois communes vont certainement passer du scrutin majoritaire au scrutin proportionnel lors des municipales de 2014 - Grand-Santi, Roura et Saint-Georges - et peut-être Sinnamary.
Le poids de chaque commune dans les intercommunalités pourrait aussi changer, mais sans créer de bouleversements.
5 - Découpage électoral
Ces résultats vont permettre au gouvernement de redécouper les deux circonscriptions législatives, ce qu'il souhaite faire cette année. Celle de Christiane Taubira compte 65 803 habitants, celle de Chantal Berthelot 140 151.
A regarder de plus près la population des cantons, un découpage Ile de Cayenne/reste du département donnerait 100 000 et 105 000 habitants. Un découpage est (Ile de Cayenne, Roura, Régina et Oyapock) /ouest donnerait 108 000 et 97 000 habitants. Au gouvernement de choisir!

3 QUESTIONS A :
Jean-Pierre Théodore Roumillac, Président de l'Association des maires de Guyane
"Dire que nous sommes 205 000, c'est un scandale"
Désormais, la population légale des communes est celle de 2006 et plus celle de 1999. Est-ce une bonne nouvelle pour les maires en termes de recettes ?
Oui. Toute augmentation de la population entraîne une augmentation de la dotation globale de l'Etat. Effectivement, ce recensement va permettre aux communes de voir augmenter leurs dotations. Généralement, les dotations de l'Etat représentent un tiers des recettes du budget.
Avec 205 000 habitants, nous sommes donc plus près de la réalité ?
Oui, mais il y a beaucoup de contestations car la législation telle qu'elle s'applique ne représente pas la réalité de ce que nous connaissons sur le terrain. La métropole ne connaît pas les quartiers d'habitations spontanées. Ici, à l'intérieur de certaines maisons, il y a trois ou quatre appartements. Les chiffres présentés ne correspondent pas à ce que nous connaissons en terme d'enfants scolarisés où ce que montrent nos enquêtes socio-économiques. D'ailleurs, nous avons contesté les chiffres de notre recensement : dire qu'il y a 205 000 habitants, c'est un scandale.
Quels changements va provoquer ce recensement sur l'organisation politique ?
Je ne sais pas encore. Dans les intercommunalités, le nombre de délégués par commune dépend du nombre d'habitants, mais il y a des changements de scrutins dans l'air. Pour les découpages des circonscriptions, peut-être qu'il y aura du changement, mais je n'ai pas d'informations. Ca discute beaucoup, mais il n'y a pas de décision de prise.