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REUTERS 11.03.2010
par Jean-Paul Couret
MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - "Personne ne pense à l'Angleterre, personne n'en parle. Personne ne parle du Grand Chelem..."
La consigne de Marc Lièvremont est claire mais l'entraîneur du XV de France, qui voudrait que ses joueurs ne se détournent pas du match contre l'Italie dimanche au Stade de France, a bien du mal à la faire respecter.
Tous les joueurs ou presque qui défilent devant la presse au Centre national du rugby de Marcoussis pensent à ce Grand Chelem que trois victoires sur l'Ecosse, l'Irlande et le Pays de Galles font espérer au XV de France pour la première fois depuis 2004.
"Le Grand Chelem ? Mais si, on y pense, bien sûr qu'on y pense, évidemment qu'on y pense", avoue l'arrière Clément Poitrenaud qu'une carrière parsemée de hauts et de bas a définitivement sauvé de la langue de bois.
"On s'est mis dans d'hyper-bonnes conditions pour l'envisager sérieusement, maintenant on y pense."
Que Marc Lièvremont se rassure, Poitrenaud et ses partenaires se projettent sur le match peut-être décisif contre l'Angleterre le samedi 20 mars au Stade de France avec modération.
"On sait aussi que ce Grand Chelem passera par une victoire contre les Italiens et une victoire contre les Anglais donc chaque chose en son temps", dit-il.
IMANOL LE SAGE
Le demi d'ouverture François Trinh-Duc, avec l'enthousiasme de ses 23 ans, avoue qu'envisager un Grand Chelem n'est pas chose nouvelle dans le secret de Marcoussis.
"Au début du Tournoi on parlait de Grand Chelem", dit-il avant d'ajouter: "On a réussi à faire la passe de trois et donc on se doit de gagner les Italiens et de rentrer dans nos objectifs avant l'Angleterre."
Le deuxième ligne Lionel Nallet fait presque figure de vieux sage avec ses 33 ans, ses 52 sélections et son statut d'ancien capitaine mais lui aussi reconnaît que le Grand Chelem est dans toutes les têtes.
"Quand on est un compétiteur et qu'on joue le Tournoi, on espère faire un Grand Chelem", dit-il.
Imanol Harinordoquy n'est pas réputé pour sa modération sur les terrains de rugby mais le numéro huit affecte parfois la sagesse du maquignon basque qu'il rêverait d'être.
"Un Grand Chelem ne doit pas être perturbant. Je crois qu'il faut qu'on se focalise sur ce qu'on veut faire. En l'occurrence, on veut gagner samedi et on sait que ca ne va pas être facile donc on se prépare en conséquence", dit-il.
Sébastien Chabal est finalement le meilleur élève de la classe Lièvremont depuis qu'il a renoncé à utiliser le réseau Twitter pendant les rassemblements de l'équipe de France.
"Il ne faut pas se tromper d'objectif", dit-il. "Depuis le début de la semaine, on ne parle que de l'Italie, on ne parle pas encore de l'Angleterre ni du Grand Chelem parce que l'Angleterre et le Grand Chelem viendront après l'Italie."
Edité par Bertrand Boucey
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