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Coût et qualité des soins ne sont pas toujours liés, juge l'OCDE

REUTERS 08.12.2009

Photo d'archives / Mark Blinch

par Kate Kelland

LONDRES (Reuters) - Les Etats-Unis dépensent plus pour la santé que n'importe quel autre pays de l'OCDE mais la qualité des soins n'est pas nécessairement proportionnelle à leur coût, selon la dernière édition du Panorama de la santé de l'OCDE.

La réforme de la santé est au coeur du programme de politique intérieure de Barack Obama, qui veut en réduire les coûts tout en étendant la protection à la plus grande partie possible des quelque 46 millions d'Américains qui n'ont actuellement pas de couverture maladie.

En 2007, selon les données compilées par l'OCDE, chaque Américain a dépensé en moyenne 7.290 dollars (4.947 euros) pour sa santé, soit une somme deux fois et demie plus élevée que la moyenne des pays de l'OCDE.

Rapportée au PIB, le coût de la santé représente 16% du PIB contre une moyenne de 8,9% dans l'OCDE.

Avec 11% du PIB et 3.601 dollars par an et par habitant (2.444 euros), la France est également largement au-dessus de la moyenne. En 2007, 79% des dépenses de santé y étaient financées par des fonds publics, un niveau sensiblement plus élevé que la moyenne des pays de l'OCDE (73%).

Seulement 7% des dépenses de santé en France en 2007 étaient directement à la charge des patients, les assurances maladies privées couvrant l'autre 13% des dépenses totales.

L'OCDE souligne aussi que les Etats-Unis sont avec la Turquie et le Mexique les trois seuls pays n'ayant pas de couverture maladie universelle ou quasi-universelle.

"Il existe dans tous les pays des possibilités d'améliorer l'efficacité du système de santé, et ces améliorations n'exigent pas nécessairement des dépenses supplémentaires", souligne le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, dans un communiqué.

CANCER DU SEIN: DÉPISTAGE INSUFFISANT EN FRANCE

Le panorama de la santé 2009, qui s'intéresse au coût et à la qualité des soins, fait état de progrès dans le traitement des maladies graves, notamment le cancer. Ces progrès sont particulièrement nets dans les pays les plus riches.

En revanche, pour les affections chroniques comme l'asthme et le diabète, qui sont en augmentation, la prise en charge est "éloignée des bonnes pratiques dans de trop nombreux pays", souligne l'OCDE, ce qui entraîne une détérioration de la santé et une augmentation des dépenses médicales.

Le cancer est bien soigné aux Etats-Unis et au Canada, avec un dépistage plus répandu que dans la plupart des autres pays, ce qui permet d'améliorer le nombre de vies sauvées. Le Japon enregistre également des taux de survie au cancer plus élevés que dans la majorité des pays.

En France, précise l'OCDE, "malgré un taux de dépistage du cancer du col de l'utérus légèrement en baisse entre 2003 et 2006, la couverture de la population cible en France (72,4%) reste supérieure à la moyenne des pays de l'OCDE (64%)".

"Toutefois, le taux de dépistage du cancer du sein (47,1%) reste nettement inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE

(62,2%)."

Les Pays-Bas, l'Italie, la Suisse et l'Allemagne offrent eux des soins primaires de qualité, ce qui réduit le recours à une prise en charge hospitalière coûteuse pour des affections chroniques telles que l'asthme ou le diabète.

Aux Etats-Unis, note encore le rapport, le nombre de patients hospitalisés pour des complications liées au diabète est anormalement élevé, ce qui suggère un niveau insuffisant des soins primaires.

"Toutefois, aucun des pays de l'OCDE ne dispense des soins de haute qualité dans tous les domaines", souligne l'OCDE.

Les dépenses pharmaceutiques sont en augmentation dans tous les pays de l'OCDE, poussées notamment par les médicaments contre le diabète et les antidépresseurs.

Si l'espérance de vie à la naissance a progressé en moyenne de plus de dix ans depuis 1960, l'obésité est elle aussi en augmentation dans tous les pays de l'OCDE. Aux Etats-Unis, plus d'un habitant sur trois est frappé d'obésité.

Version française Henri-Pierre André

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11 février 2012