Interpellée le 3 février par les douaniers à Macouria alors qu'elle était dans un taxi collectif, Karen Jarvis fait l'objet d'une comparution immédiate pour détention et contrebande de produits stupéfiants.
Originaire du Guyana, cette Cayennaise avait dissimulé à son entrejambe un paquet contenant 500 grammes de cocaïne.
Dès le début, son avocat Me Émile Tséfu demande l'annulation de la procédure car l'interpellation s'est faite à 22h15 et la remise à la gendarmerie de sa cliente à 6 heures pour une notification de la garde à vue à 7h10. Une garde à vue tardive contraire à la loi.
À la barre, la prévenue affirme que son commanditaire, qui est selon elle l'auteur de la cicatrice qu'elle porte au visage, l'a battue pour l'obliger à effectuer ce transport. Le procureur note que la prévenue a déjà fait l'objet d'une condamnation et requiert deux ans ferme. « Pouvait-elle savoir si c'était de la cocaïne ou de l'herbe de cannabis » , s'interroge son avocat qui met en doute les capacités de discernement de sa cliente : « C'est la misère sociale et intellectuelle » . Il invite les juges à prendre en compte l'aspect humain de ce dossier.
Finalement la procédure policière est annulée mais pas celle des douanes. En conséquence Karen Jarvis est condamnée à un an de prison et rejoint le centre pénitentiaire à l'issu de l'audience. Elle devra également s'acquitter d'une amende douanière de 7 500 euros.