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« Quand j'ai vu l'arme, ça a déclenché crainte et énervement »

Sébastien ROSELÉ France-Guyane 28.01.2012

La Clio blanche a été retrouvée criblée d'impacts dans un chemin de terre qui part du CD 5 (SR)

Il a vu arriver chez lui trois braqueurs, jeudi midi. Ils ont ouvert le feu. Il a répliqué en tirant à trois reprises sur leur voiture (notre édition d'hier). Nous l'avons rencontré. Pour nous, il accepte de raconter ce qu'il a vécu. Témoignage.

Hier matin, sur le CD 5 à Montsinéry à quelques encablures de la crique Coco. On croise l'homme dans sa voiture qui se rend justement chez les gendarmes de Macouria avec son fusil. Les militaires veulent lui prendre son arme, l'expertiser et lui poser quelques questions supplémentaires. L'homme en question a 39 ans. Il est de stature impressionnante. Il a une femme et un enfant. Il vit dans une maison au bord du chemin départemental 5 depuis plus d'un an. Raconter ce qu'il a vécu, il est d'accord mais à condition que ce soit anonyme et sans photo.
« C'était vers 11 h 30. Les braqueurs étaient déjà venus vers 8 h 30. Ils avaient crié pour voir s'il y avait du monde. Ils étaient deux. Ils sont revenus vers 11 h 30. Là ils étaient trois. Ils sont revenus 10 minutes après. Quand je les ai entendus la seconde fois, j'ai armé mon fusil. Ils ont dû entendre. Ils étaient à 10 - 15 mètres. Ils ont tiré un coup de feu. Ils ne me voyaient pas. J'étais à l'intérieur de la maison. Après, ils ont pris la fuite. J'ai tiré à trois reprises dans la voiture. » La voiture en question, une Clio blanche, sera retrouvée vide, criblée d'impacts, la vitre arrière brisée, dans un chemin de terre qui part du CD 5, jeudi après-midi. Elle avait été volée le week-end dernier à Kourou. Les gendarmes ont découvert du sang dans cette Renault. Ce sang sera analysé. Les résultats permettront de dire s'il s'agit des braqueurs qui avaient écumé l'île de Cayenne et Kourou en novembre et décembre (lire ci-dessous). Les braqueurs de jeudi courent toujours. Hier, les gendarmes les cherchaient activement.
Quant à celui qui a été braqué jeudi, il a conscience que « les gens pensent que ce (qu'il a fait) est bien. Mais moi je pense le contraire. Mais les gars n'étaient pas venus pour rigoler. Et finalement, je ne regrette pas d'avoir tiré. D'autant que ce sont de gros bandits. » Son geste, il explique que « c'était pour (se) défendre » .
Il détaille : « Quand j'ai vu l'arme, ça a déclenché de la crainte et de l'énervement. [...] J'étais psychologiquement préparé à rencontrer des bandits. »
- Les braqueurs de fin d'année de nouveau chez nous ?
Emerson Freitas Pereira : les enquêteurs pensent qu'il est à la tête des braqueurs.Emerson Freitas Pereira : les enquêteurs pensent qu'il est à la tête des braqueurs.
Alors qu'un homme s'est fait braquer chez lui, s'est fait tirer dessus et a répliqué jeudi midi (lire ci-dessus), on apprenait hier que ceux qui sont soupçonnés d'avoir commis toute une série de braquages en novembre et décembre auraient été vus en Guyane cette semaine. Et ils pourraient être liés à l'affaire.
Plus précisément, ces hommes ont été signalés aux gendarmes du côté de la Mâtine à Cayenne. Les gendarmes essaient de voir s'il s'agit bien des braqueurs qu'ils recherchent. Rien n'indique du reste que ce sont les mêmes braqueurs qui ont opéré jeudi que ceux qui avaient semé la panique à partir du 11 novembre et ceux jusqu'à la mi-décembre. Même si pour certains, cela semble entendu.
Au total ces braqueurs, tous Brésiliens et qui seraient au nombre de 6 maximum, ont commis dix-huit vols à main armée, la plupart du temps à domicile. Les enquêteurs pensent que ces malfrats ont à leur tête un certain Emerson Freitas Pereira. L'homme est évidemment activement recherché. L'essentiel des vols à main armée a été commis sur l'île de Cayenne. Mais les bandits en ont aussi perpétré quelques-uns à Kourou. D'ailleurs, pour l'un de ceux-là, trois personnes ont été interpellées. Un homme a été placé en détention provisoire, une femme a été laissée libre, placée sous le statut de témoin assisté. Le dernier a été libéré, sans être poursuivi.
Une information judiciaire a été ouverte. L'enquête est désormais entre les mains d'un juge d'instruction du tribunal de Cayenne qui dirige les investigations des sept gendarmes de la cellule Vadom973 (pour « vols à domiciles » ), spécialement créée pour cela. Une unité qui multiplie les investigations dans tous les sens mais qui n'est pas très aidée par l'absence d'accord d'extradition entre le Brésil et la France leur permettant de faire venir les suspects.
À la mi-décembre, les gendarmes savaient que les braqueurs, avec, pour certains, femmes et enfants, logeaient à l'hôtel Ajoupa à Cayenne. Ils avaient monté des surveillances autour de l'établissement. Mais les bandits leur avaient filé entre les doigts. Ces mêmes voleurs avaient même tiré sur des policiers le 10 décembre du côté de Troubiran à Cayenne. Les fonctionnaires voulaient les interpeller alors qu'ils se trouvaient dans une voiture volée.
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Vos commentaires

toniokila30.01.2012  recommander (0)

braquages

"ils avaient monté des surveillances autour de l'établissement, mais les bandits leur avaient filé entre les doigts": ça fait pas très sérieux tout ça, voilà sans doute pourquoi, ils commettent leurs méfaits ici et pas chez eux, où on leur tire dessus et les interroge ensuite.


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henri30.01.2012  recommander (0)

aucun truc serieux avc l etat bresilienne ,les bresiliens feront qui veut en guyane leurs eldorado et ça dure depuis belle lurette


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