Les policiers veulent tenir le terrain
Au lendemain de la bastonnade dont ont été victimes trois de leurs collègues, les policiers sont retournés en force, hier matin, à Zéphir. Ils ont arrêté cinq suspects.
Mardi, des policiers cayennais ont voulu contrôler un scooter sur la route de Montabo. Le conducteur a filé. Il s'est réfugié au pied d'un immeuble. Les policiers ont voulu l'interpeller. Provoc ? Pas provoc ? Les policiers ont alors reçu des coups d'une quinzaine d'autres jeunes.
Hier matin, les policiers sont retournés en force dans le quartier. L'opération s'est soldée par cinq arrestations. Elles s'ajoutent aux trois autres de la veille. Du côté policier, pas question de donner l'impression de reculer face à un tel événement. « Il faut être ferme, mais hyper correct, pour que cela ne se reproduise plus » , résume le commissaire Joël-Patrick Terry.
« Ce genre de prises à partie est extrêmement rare en Guyane, poursuit le commandant Jean Maussan, de la sûreté urbaine. La dernière fois, c'était à Mont Lucas (en juillet 2008, ndlr). On ne peut pas laisser faire. On monte en puissance tout de suite, pour prendre tous les suspects et pour que ça se calme. D'autant que dans les minutes qui ont suivi (l'agression), nous avions des appels des riverains qui nous disaient d'envoyer des renforts. Sur un quartier comme Zéphir, qui ne nous pose pas de problème depuis des années, on ne peut pas laisser faire. »
Pendant que les policiers arrêtent des suspects dans les immeubles, une dizaine de jeunes observent la scène. Et crient à la provocation policière. « D'accord, le petit jeune a fait un délit de fuite. Il avait un peu bu, parce qu'on faisait une fête. Mais ils ont été directement sur lui, ils l'ont bousculé. Les autres leur ont mis une trempe » , racontent-ils.
Ils reconnaissent que les relations sont généralement correctes. « D'habitude, ça se passe bien. D'habitude, il n'y a pas d'agressivité. On n'est pas des sauvages. Ils n'ont pas à nous sauter dessus. Il y a des gars de Zéphir qui sont policiers. Ça se passe bien avec eux. Faut pas que d'autres viennent foutre le bordel. » Bref, tout le monde a envie que ça reste calme, mais personne n'a envie de se faire marcher sur les pieds.

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