Les Brésiliens pourront circuler plus librement à Saint-Georges
Pierre-Yves CARLIER
France-Guyane
12.01.2012
Les piroguiers de l'Oyapock ont levé leur mouvement (DR)
La préfecture, la Paf et les piroguiers ont trouvé un accord. Ces derniers ont accepté d'arrêter leur grève. Par ailleurs, un corps a été retrouvé dans l'Oyapock, hier après-midi.
La grève des piroguiers est terminée, sur l'Oyapock. Cette bonne nouvelle, arrivée mardi soir, a été ternie, hier après-midi, par la découverte d'un noyé. Dans la nuit de lundi à mardi, deux pirogues s'étaient percutées, face à Saint-Georges, et un homme était tombé à l'eau. La police brésilienne va essayer de savoir si cette collision était accidentelle ou liée à une dispute entre piroguiers grévistes et non-grévistes. Des recherches ont débuté pour retrouver la personne portée disparue. Et contrairement à ce que nous a signalé la gendarmerie mardi soir, celle-ci n'a pas réussi à rejoindre la rive brésilienne. Son corps a été retrouvé hier, vers 17 heures. Les piroguiers, eux, avaient levé leur mouvement. Tout l'après-midi de mardi, et en début de soirée, ils ont négocié avec la police aux frontières (Paf) et le sous-préfet aux communes de l'intérieur Benoît Vidon. Selon Xavier Lo Pinto, un accord a été trouvé vers 20 h 30. D'après le président de la commission transfrontalière du Medef Guyane, la Paf va relâcher la pression sur les Brésiliens qui viennent faire leurs courses à Saint-Georges et qui seront munis d'une pièce d'identité. En échange, elle a demandé aux piroguiers de s'assurer eux-mêmes que leurs passagers ont des papiers. Enfin, toujours selon lui, les contrôles seraient renforcés à la sortie de la commune. Du côté de la préfecture, on ne confirme pas ce dernier point. En revanche, on confirme que les négociations ont porté sur « un meilleur discernement de la Paf dans ses contrôles (en échange d'une) plus grande vigilance de la part des piroguiers » . En assouplissant les contrôles d'identité dans Saint-Georges, la préfecture initie les prémices de ce que pourrait être le futur statut de transfrontalier, demandé par les habitants des deux rives. Le président de Région, Rodolphe Alexandre, qui s'est rendu à Oiapoque hier, a demandé au préfet « de rendre public dès que possible un calendrier pour la mise en place de ce statut » . La semaine dernière, Denis Labbé avait annoncé qu'il souhaitait le voir aboutir d'ici l'ouverture du pont sur l'Oyapock.