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Le patron de la gendarmerie s'explique

Propos recueillis par Sébastien Roselé franceguyane.fr 24.09.2011

Le colonel Didier Laumont, hier après-midi. Le patron de tous les gendarmes de Guyane explique comment se sont déroulés les premiers temps de l'enquête.

- Alerte par la famille de Maurice Méthon, dispositif mis en place pour le retrouver, relations avec la police, hypothèses sur le mobile, le colonel Didier Laumont fait le point.
- L'interview complète.

Comment la gendarmerie a-t-elle été mise au courant de l'enlèvement de Maurice Méthon et comment a-t-elle réagi ?
La fille a pu transmettre l'information sur l'ordinateur de son fils, via Facebook, à une de ses connaissances qui elle, a averti la gendarmerie. Il était aux environs de 1 heure du matin. Quand on est prévenus, on va sur les lieux pour savoir exactement ce qui s'est passé et donné l'alerte [...]
Comment se fait-il que la fille de Maurice Méthon a-t-elle donné l’alerte via Internet ?
A priori les téléphones portables avaient été volés. Il n’y en avait pas d’autres.
Il n’y avait pas de ligne fixe ?
Il y avait un iPad qui a été volé. Le seul moyen qu’ils avaient d’appeler c’était ça. Je n’ai pas tous les détails pour savoir si la ligne (fixe) avait été arrachée.
Quand la gendarmerie est prévenue, à 1 heure du matin, quel est le dispositif déployé ?
Quand on est prévenus, on va sur les lieux pour savoir exactement ce qui s’est passé, sachant que ce type d’agressions, hélas, s’est déjà produit (des home jackings). […] Les gendarmes vont tout de suite sur place, prennent les éléments et dès qu’il est confirmé que des voitures ont été dérobées, qu’on peut les identifier avec les immatriculations et qu’il y a en plus un enlèvement, à ce moment-là, tout est signalé et des patrouilles sont mises sur le terrain pour tourner dans les quartiers et notamment (autour des) distributeurs automatiques de la Poste […] et surveiller les autres endroits où se trouvent les autres distributeurs de billets. […] Et la police nationale a rapidement été informée des véhicules, des immatriculations et du fait qu’il avait une personne (enlevée).
Justement, à entendre certaines sources, elle n'a pas été prévenue rapidement...
Ce sera une pièce de procédure. Ça tombe bien, toutes les communications qui sont passées à partir de notre centre opérationnel sont enregistrées. On a les heures et la teneur des conversations. Les policiers ont été parfaitement informés et ce, avant 2 heures du matin. Tout le monde avait tous les éléments. Les enregistrements seront des pièces de procédure. Il a été signalé que deux voitures avaient été volées mais qu'il y avait un enlèvement aussi. Après, en interne à la police nationale, je ne sais pas comment ça a été retransmis. Nous aussi, évidemment, on vérifie pour voir s’il n’y a pas eu de dysfonctionnements dans notre chaîne. Il s’avère qu’il n’y en a pas eu. Tout ceci est récupéré et scellé dans le cadre de l’enquête (les transmissions gendarmerie — police).
À 2 heures du matin, quand la police est prévenue, il y a combien de gendarmes qui recherchent Maurice Méthon ?
Dans le secteur de Matoury, on a quatre patrouilles qui tournent, justement pour le retrouver... Au départ, d'après les déclarations des victimes, on est sur - et on est toujours - un vol crapuleux avec des gens qui veulent dérober de l'argent au moyen des cartes bancaires, dont ils ont les codes. Pour l'instant, jusqu'à preuve du contraire, ça ressemble beaucoup à un vol crapuleux. Ils ont quand même dérobé tout ce qui est monnayable (ordinateurs portables, bijoux et téléphones […] et une télévision).
Vous ne fermez aucune piste, mais vous privilégiez toujours un vol crapuleux qui aurait mal tourné ?
Les éléments montrent qu'ils ont quand même volé, ils n'ont pas simplement enlevé Maurice Méthon. C'est donc du crapuleux quelque part. Maintenant, la fin tragique ne correspond pas au début. Donc on ne ferme effectivement aucune hypothèse. C'est soit un vol qui a mal tourné, soit c'est délibéré et ils en ont profité pour voler en même temps.
Le dispositif des gendarmes est monté en puissance. De quelle manière ?
Au départ, on était dans le type de home jackings avec enlèvement un peu classique. On met tout le monde sur le terrain. En même temps, on avait l’affaire de Cogneau-Lamirande (le barrage dressé par les occupants du terrain Voluménie). Il y avait une soixantaine de gendarmes. Ils ont été occupés jusqu’à 20 h 30 — 21 heures. Les deux affaires étaient gérées en parallèle. Comme toutes les patrouilles ne montraient que la piste DAB (distributeurs automatiques de billets), on a redistribué sur le terrain, On a réorganisé le dispositif. On a tenu tous les carrefours. On a réquisitionné un hélicoptère de l’armée puisque nous, manque de chance, les appareils étaient en visite et l’un avait un problème de pièce. La pièce n’était pas encore remontée hier. Le temps qu’on demande aux armées de mettre à disposition un hélicoptère pour surveiller les écarts, dans le courant de la matinée, tout le dispositif était en place.
Et à ceux qui disent que tout n'a pas été fait dès le départ, qu'est-ce que vous répondez ?
Tous les personnels disponibles ont été engagés. Les gendarmes ont beaucoup donné. [...] Nous avons fait l'identification de la téléphonie, on a fait des réquisitions bancaires [...]. Il y a eu les auditions des personnes, des ratissages autour de la villa pour récupérer des indices et ça a permis de recueillir des éléments.
Comment les deux voitures ont été découvertes et par qui ?
Là, c'est plus complexe et plus sensible. Un témoin nous appelle en disant qu'il y a, à la Carapa, sur un chemin, une Peugeot 206 blanche qui est là et qui ne devrait pas y être. On a dû être informé jeudi, vers 10 h 30. Les gendarmes se rendent sur place et découvrent qu'un équipage de la police (nationale alors qu'on est en zone gendarmerie) est déjà là. Ces policiers savaient a priori que la voiture était là, ils avaient recueilli des informations. Sur le pourquoi ils étaient là sans avoir averti la gendarmerie, c'est le procureur de la République qui traitera l'affaire. En tout cas, ce n'est pas la police qui nous a informés de la présence de cette voiture. Ensuite, les policiers sont partis et se sont rendus à l'emplacement de la deuxième voiture. Les gendarmes ont commencé à mettre un dispositif pour repérer où pourrait être la BMW. Ils ont emprunté la piste (de la crique Patate) et sont tombés sur les mêmes policiers près de la voiture incendiée.
Par deux fois, les gendarmes tombent sur la même patrouille de police qui se trouve loin du secteur de police. C’est ça ?
Oui, c’est la même et qui ne nous a pas dit qu’elle était là. […] Pour l’instant, il n’y a pas lieu qu’il y ait de commentaire. On verra après comment a circulé l’information. […] C’est étonnant. Mais là, on est déjà dans le cadre de l’enquête judiciaire.
Pour la suite ?
On va demander à ce que des gens du labo parisien (de la gendarmerie) viennent ici. […] Actuellement, on a une trentaine de personnes qui travaillent sur le dossier. Ce n’est pas une cellule d’enquête. Peut-être qu’on en créera une, si jamais on met du temps à trouver les auteurs ou si on voit que ça va être très complexe et qu’il faut déployer durablement des gros moyens […].
On a le profil et le secteur de résidence des braqueurs ?
C'est un trio. On a un certain nombre de pistes et de renseignements qui sont tous exploités. Ce matin (vendredi), on avait une opération qui était organisée qui n'a pas abouti mais qui a mobilisé une dizaine d'enquêteurs et vingt personnels du GIGG (groupe d'intervention de la gendarmerie de Guyane). On a des pistes qui peuvent aboutir mais maintenant, vous dire si ce sera dans deux jours ou dans dix jours, je ne peux pas. De même que je ne peux pas vous dire s'ils ne se sont pas arrangés pour quitter le territoire. Encore que normalement, dès 1 heure, 1 h 30 du matin, les postes de Bélizon et Iracoubo savaient qu'il fallait qu'ils interceptent des véhicules ou des individus dont on avait donné la description.
Avec cette affaire, on a quand même l'impression d'un règlement de compte déguisé en vol crapuleux.
Les premières auditions n'ont pas fait apparaître ça [...] mais un vol crapuleux. Les éléments qui nous viennent maintenant nous disent que ça peut aussi être autre chose.
Le colonel Didier Laumont, hier après-midi. Le patron de tous les gendarmes de Guyane explique comment se sont déroulés les premiers temps de l'enquête.Le colonel Didier Laumont, hier après-midi. Le patron de tous les gendarmes de Guyane explique comment se sont déroulés les premiers temps de l'enquête.


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Vos commentaires

vacance7526.09.2011  recommander (0)

J'ai toujours dit que je préférais me faire arrêter par les gendarmes que par la police, ce sont deux mondes différents avec une conception du service qui l'est tout autant.


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Nicky26.09.2011  recommander (0)

Surchauffe

Je ne savais pas qu'il y avait du rififi entre gendarmes et flics. En tout cas, dans cette interview c'est très clair. ".... sur le pourquoi ils étaient là sans avoir averti la gendarmerie,... c'est le procureur de la république qui traitera l'affaire". Et dire que les gendarmes critiquaient, dans un article de France-Guyane, les absences des flics, ils leur reprochaient de vouloir profiter du carnaval. A ne plus rien comprendre ! L'objectif est de mutualiser les moyens afin de retrouver les voleurs et assassins. Non ?


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Plume26.09.2011  recommander (0)

@nolive973

Je crois que dans ce cas il ne s'agit pas "d'aimer" mais de respecter
un fonctionnement basé sur des règles établies en haut lieu.
Nous avons besoin de beaucoup de choses ici, mais certainement
pas d'une "guerre des polices".





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nolive97325.09.2011  recommander (0)

veut il se dédouaner?

Un peu bizarre les déclarations du patron de la gendarmerie sur ses rapports avec les policiers. Visiblement, il ne les aime pas beaucoup ou alors veut il se dédouaner du fait que les auteurs n'ont pas été arrêtés?
Visiblement, il semble plus déterminé à mettre une forme de main mise sur les policiers. Peut être qu'il n'a pas assez de gendarmes sous ses ordres...l'hélico c'est bien, ça impressionne mais au final, il suffit d'avoir les hommes qui sont capables de tisser des liens avec la population pour avoir des infos. bref, au lieu d'être vexé de ne pas avoir été prévenu, et de le dire au procureur, il serait peut être plus important de comprendre comment on fait pour avoir des infos. Mais bon, au final, tout cela n'a pas empêché un drame de se produire et on espère que les auteurs seront arrêtés.


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21 mai 2012