Impossible d'aller à Kaw
P.-Y. C. / A. V.
France-Guyane
30.05.2009
Il n'est plus possible de se rendre aux marais de Kaw. Les habitants en bloquent l'accès pour dénoncer la reprise des vols (photo d'archives)
Ce week-end, les touristes et plaisanciers ne pourront pas se rendre dans les marais de Kaw. Depuis une semaine, les habitants en bloquent l'accès pour dénoncer la reprise des vols.
À moins que vous n'aimiez les balades dans les layons ou l'ambiance de barricades champêtres, inutile de vous embarquer sur la route de Kaw ce week-end. Au bout de la cinquantaine de kilomètres qui conduisent de Roura au débarcadère des marais, vous tomberez sur un barrage. Depuis une semaine, les habitants de Kaw en interdisent l'accès. Hier, ils étaient encore une quarantaine sur place, selon l'un d'eux. Ils dénoncent les vols dont ils ont été victimes récemment (lire notre édition du 22 mai). Il y a quinze jours, trois pirogues et deux moteurs leur ont été dérobés. Leurs voitures garées au débarcadère ont été visitées. Ce n'est pas la première fois. D'autres vols s'étaient produits en février et en septembre. Un guide avait perdu deux moteurs de 60 et 80 CV à cette occasion. Les professionnels du tourisme ne peuvent plus emmener leurs clients sur les marais et sont obligés d'annuler les réservations. « Nous ne sommes pas contre eux, explique Joëlle d'Amazonie aventures. Cependant ce ne sont pas nous les voleurs, ils auraient pu trouver un autre moyen parce que là, on avait du beau temps et un week-end de trois jours pour emmener les touristes... » Jeudi après-midi, le préfet Daniel Ferey, le maire de Régina Justin Anatole et les gendarmes se sont réunis discrètement pour étudier les récriminations des habitants et tenter d'y trouver une solution. Le préfet aurait entre autres proposé que des vigiles surveillent le débarcadère de la route de Kaw et celui du village. Selon un des participants à la réunion, le règlement du conflit serait « en bonne voie » . Un habitant contacté hier rappelle que la préfecture avait fait des promesses il y a plus de dix ans, sans qu'elles soient suivies d'effets. Pour ce week-end, il faudra donc se passer des marais.