Des patrons devant la justice
Kerwin ALCIDE
France-Guyane
03.09.2010
Alain Chaumet attend désormais que la justice suspende la décision prise par le Medef Guyane en juillet. (photo d'archives)
Aujourd'hui, le tribunal devra statuer sur l'assignation en référé déposée par Alain Chaumet. Il demande la suspension de son éviction du Medef Guyane. Une affaire qui met au jour des tensions internes au Medef.
Déchiré, peut-être pas mais froissé. Le mouvement patronal guyanais n'est pas au mieux de sa forme ces derniers jours. Une méforme portée sur la place publique depuis que le Medef a éjecté Alain Chaumet de son poste de membre du conseil d'administration. Mi-juillet, cinq membres de l'instance avait décidé de l'exclure car le directeur de publication de la Semaine guyanaise « brouillait » le message du Medef Guyane.
En interne, on reproche à l'hebdomadaire de s'attaquer régulièrement aux patrons guyanais. Il y a une dizaine de jours, d'autres patrons, des anciens du Medef pour la plupart avaient initié une action parallèle pour la réintégration d'Alain Chaumet mais surtout pour un retour du Medef à une gouvernance moins « dégradante » .
« La gouvernance du mouvement patronal semble subir une dégradation progressive, causant la défection des chefs d'entreprise et la démission de certains membres du conseil d'administration » , ont-ils écrit dans un document rendu public. Parmi les démissionnaires, Adrien-Jacques Carasso qui a participé à cette réunion. Ancien membre du conseil d'administration du Medef, il a quitté l'instance en septembre dernier, se questionnant sur la légitimité d'Adrien Aubin à la tête de cette structure. D'autres démissionnaires considèrent que le président n'est pas assez représentatif des patrons guyanais.
Depuis l'affaire d'Alain Chaumet, ces tensions maintenues en interne jusqu'alors, ont éclaté au grand jour. Et désormais c'est à la justice de statuer. L'intéressé, « absent excusé » lors du conseil d'administration extraordinaire de juillet, a déposé une assignation en référé afin de demander la suspension de cette décision d'éviction. Il n'a jamais eu l'occasion de s'expliquer devant ses pairs. Alain Chaumet, en perdant son siège au sein du conseil d'administration du Medef, a aussi été exclu de la présidence de l'IGRC et de la Médecine du travail. Il siégeait dans ces instances au titre du Medef. Mais bien avant que la justice ne se prononce, le Medef a invité ces deux institutions à renouveler leur conseil d'administration, indiquant qu'« Alain Chaumet n'est plus autorisé à siéger » . Parole aujourd'hui à la justice.
Portalinus — 21.12.2010 recommander (0)
KVJ
Ce Chaumet porte une lourde responsabilité dans la fragilité du MEDEF en Guyane. Il s'en est servi pour arriver à ses fins ou essayer de se faire élire par ci ou par là à des postes interessants puis l'a laissé tomber quand il n'en a plus eu besoin. Il a déjà mis le MEDEF Guyane en faillite en 2001 pour qui s'en souvient.
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