De la coke pour payer des couches et du lait
G.M.
France-Guyane
12.02.2010
En présentant comme excuse son statut de père de famille pour justifier un trafic de drogue, le prévenu s'est embrouillé. Le tribunal n'a pas apprécié.
MONTSINÉRY.
Sylvain Bage, 30 ans, a été condamné en 2004 pour importation de stupéfiants. Il a purgé une peine de quinze mois de prison à Fleury-Mérogis. Ce titulaire d'un CAP de bureautique, père de cinq enfants, a récidivé au début du mois en ingérant dix-huit ovules de cocaïne pour un poids total de 225 grammes. Le 5 février il se trouvait dans un taxico, route de Montsinnéry, lorsque la douane a intercepté le véhicule. Le test urinaire auquel il a été soumis s'est révélé positif à la cocaïne. Sylvain Bage a expliqué au tribunal qu'il avait rencontré un certain Philippe à Albina et que ce dernier lui avait proposé ce transport jusqu'à Orly contre la somme de 2 000 euros. « Vous avez déjà fait de la prison pour importation de drogue, lui a rappelé le président. Cela ne vous a donc pas servi de leçon ? » Le prévenu a alors indiqué qu'étant sans travail il n'avait pas d'argent pour acheter des couches et du lait. » Ces allégations n'ont pas eu l'effet escompté, au contraire : « Vous vous retranchez derrière vos enfants, lui a lancé le magistrat. Je trouve cette démarche indécente qui a pour un but d'essayer de m'attendrir. Il y a des gens qui sont dans des situations pires que la vôtre et qui ne se livrent pas au trafic de drogue pour autant. » En requérant trois ans ferme la vice-procureur a enfoncé le clou : « Je ne l'ai pas entendu dire qu'il était à la recherche de travail [...] Il est en état de réitération puisqu'il a fait de la prison pour les mêmes faits. Cela ne l'a pas dissuadé. »
Me Dominique Kufel a plaidé pour une peine juste et non une peine de principe. Le tribunal qui reste le plus souvent sévère en matière de trafic de stupéfiants a balayé l'indulgence en lui infligeant trois ans ferme.