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Comment une mule a échappé à ses gardiens à l'hôpital

Pierre-Yves CARLIER France-Guyane 17.07.2009

Profitant de l'afflux de détenus tuberculeux, une mule placée en garde à vue s'est s'évadée de l'hôpital Andrée-Rosemon (photo d'archives)

Le premier week-end de juillet, un homme ayant ingéré de la cocaïne s'est sauvé de l'hôpital. Il a profité de la désorganisation provoquée par l'afflux de prisonniers tuberculeux.

L'hôpital de Cayenne n'en peut plus d'accueillir des détenus malades, depuis l'apparition de cas de tuberculose à la prison (lire notre édition du 2 juillet). Les deux chambres cellulaires sont prises. Une mule a profité de son hospitalisation dans une chambre classique pour se faire la belle. Hier matin, des enquêteurs ont perquisitionné dans plusieurs logements à Mana, dans l'espoir de lui mettre la main dessus. Mais il n'était pas là. Le bouletteux avait été arrêté au début du mois. Placé en garde à vue vendredi 3 juillet par la police judiciaire (PJ), il est hospitalisé pour « évacuer » les boulettes de cocaïne qu'il avait avalées. Lui trouver une chambre n'est pas une mince affaire : cinq détenus tuberculeux, dont trois contagieux, sont là aussi.
Andrée-Rosemon ne compte que deux chambres cellulaires de deux lits chacune. Situées en orthopédie au premier étage, elles sont organisées pour la surveillance policière. Pour y entrer, il faut passer deux portes à verrouillage électronique, traverser la pièce des gardiens située entre les deux chambres et rentrer par une porte qui ferme à clef.
Les gardiens surveillent les détenus à travers des vitres teintées. Des grilles aux fenêtres empêchent les évasions et la chambre est meublée de manière à éviter les suicides. Ce jour-là, elles sont occupées chacune par un tuberculeux contagieux. Les autres malades sont installés en médecine B (pneumologie et gastro-entérologie). Le bouletteux est aussi au premier étage, mais en cardiologie, à l'opposé de l'orthopédie. La chambre est la même que pour n'importe quel patient. Les policiers sont installés sur des chaises dans le couloir, d'où ils ne le voient pas. Il n'en faut pas plus pour qu'il s'évade dans le week-end, a priori avec encore des boulettes dans le ventre. Retrouver sa trace s'annonce difficile : selon nos informations, il avait été arrêté avec de faux documents d'identité et ses empreintes digitales n'étaient pas répertoriées dans les fichiers nationaux.
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