Attaque d'orpailleurs légaux : un homme tué, trois blessés
Sébastien ROSELÉ
France-Guyane
05.11.2011
Cinq orpailleurs légaux qui circulaient en voiture ont été victimes d'une attaque. Des hommes armés jusqu'aux dents leur ont tiré dessus. Un chef de chantier est mort. Trois autres ont été blessés.
Il s'appelait Georges Haeck. Il avait 67 ans. Né au Luxembourg, cet homme était chef de chantier sur un site d'orpaillage légal. Hier à l'aube, il a quitté le camp de Citron avec quatre collègues. Tous se rendaient sur le site aurifère Leveillé en parcourant la piste Paul-Isnard. À 5 h 30, ils tombent dans une embuscade. Cinq hommes armés leur tirent dessus. Ils pensent sans doute que les orpailleurs ont de l'or avec eux. Les malfrats brandissent « plusieurs calibres, du 12 mm, du 16 mm » selon un gendarme qui détaille « il y avait des armes d'assaut, des fusils, des armes de poing » . C'est au cours de cette attaque que Georges Haeck a perdu la vie. Trois autres hommes ont été blessés par balles. Mais leurs jours ne sont pas en danger. Les braqueurs ont pris la fuite et n'ont rien volé. Les moyens de communication étant inexistants sur place, les gendarmes ont été prévenus du drame une heure et demie plus tard. Une mission de lutte contre l'orpaillage qui était déjà en marche s'est rendue sur les lieux et a « gelé la scène de crime » . Un hélicoptère transportant une dizaine de gendarmes de la section de recherche et un technicien de l'identification criminelle a décollé. Ce qui portait à vingt-cinq le nombre de gendarmes sur place. Un autre gendarme expliquait hier soir que le site « était très loin » et qu'il fallait « des moyens spéciaux » pour s'y rendre. Hier soir personne n'avait été interpellé en lien avec cette affaire. Cette attaque se produit moins de deux mois après une autre, samedi 10 septembre, dans la même zone. Cinq hommes armés de pistolets et de fusils à pompe avaient surgi de la forêt. Sans violence ni coups de feu, ils avaient dérobé 2,5 kg d'or non traité sortant des mines. Le préjudice était évalué à plus de 100 000 euros. Hier, le président de la Région, Rodolphe Alexandre, s'indignait de cette nouvelle attaque. Il demande des mesures urgentes « pour sécuriser cette activité, afin d'éviter que l'on en arrive à un découragement des orpailleurs légaux et que l'intérieur du pays se retrouve livré, à terme, aux seuls orpailleurs clandestins » .