PUG : vers la signature d'un protocole d'accord ?
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PUG : vers la signature d'un protocole d'accord ?

A.S-M / P.R.

Les grévistes du pôle universitaire de Guyane sont sortis d'une nouvelle réunion de négociations, ce matin en préfecture, avec un nouveau projet de protocole d'accord entre les mains. Ils sont plutôt satisfaits sur le fond, moins sur la forme.

L'intersyndicale et le collectif étudiant se sont de nouveau retrouvés en préfecture ce matin afin de négocier un énième protocole d'accord. Pour la première fois, les négociations se sont faites en présence d'une représentante du gouvernement en la personne de la garde des Sceaux, Christiane Taubira. Autour de la table de négociations également : le préfet Éric Spitz, le recteur Denis Rolland, la Région représentée par Hélène Sirder, le président du Département Alain Tien Liong, le sénateur Jean-Étienne Antoinette ainsi que l'administratrice provisoire nommée il y a quelques jours, Anne Corval.

La rencontre, qui a duré près de 3h30, a été suspendue à deux reprises. Après la seconde suspension, les discussions semblaient tendues. Christiane Taubira a semblé un temps prendre les choses en main, mais les mines peu enthousiastes des grévistes laissaient entrevoir une issue peu encourageante. Un décret instaurant une université de plein exercice en 2015 ou au plus tard à la rentrée 2016 semble pourtant désormais acté, mais c'est la présence ou non de la signature de la ministre de l'enseignement supérieur au bas du protocole d'accord qui constitue le point de blocage. Les grévistes exigent cette signature afin d'obtenir un maximum de garanties, l'État et les élus estiment, de leur côté, que la signature du préfet suffit.

À la sortie de la réunion, vers 13 heures, les grévistes se sont donc retirés avec un nouveau projet de protocole entre les mains. Ils doivent désormais se pencher plus profondément sur ce document, le soumettre à leur base et y apporter éventuellement quelques modifications avant de retourner à la table des négociations pour une possible sortie de crise. Selon l'intersyndicale, cette nouvelle réunion pourrait n'intervenir que dans quelques jours.
 
 
Alain Tien Liong : "Il y a nécessité que la base soit informée"
Comment avez-vous vécu cette réunion ?
Il y a eu énormément d'avancées sur ce qui a été vu ce matin à travers les va-et-vient entre la réunion et le gouvernement et la présence de la garde des Sceaux. L'honnêteté m'oblige à formuler le vœu, pour qu'il n'y ait pas de malentendu, que l'ensemble des grévistes soient informés de ce qui sera signé. Il ne doit pas y avoir de problème sur la représentation de l'État à travers la signature du préfet et de tous les signataires de ce protocole d'accord, mais il y a nécessité que la base soit informée. La signature du préfet n'est pas un problème.
C'est donc plus une question de forme que de fond…
Je considère que nous avons fait un grand pas avec l'intervention de madame la garde des Sceaux à travers les explications apportées sur le décret. Pour ma part, un décret est fait pour appliquer une loi et non pour créer une institution. Le gouvernement a pris l'engagement, semble-t-il, de faire en sorte que cette université soit mise en place par un décret prospectif. Il me semble normal que le gouvernement s'assure que cette démarche ne sera pas attaquée ni entachée de nullité. Le risque peut être une saisine de la justice par ceux qui sont opposés à l'indépendance de l'université de Guyane.
La date de création de cette université est-elle arrêtée ?
Si on considère qu'il y a des délais incompressibles par rapport à 2015, il y a cette possibilité de mettre deux dates. Nous disons "2015 ou au plus tard 2016". L'argument des grévistes consiste à dire que la rentrée de septembre 2017 se fera après l'élection présidentielle. Effectivement nous devons avoir la même gouvernance au pouvoir si jamais en 2015 ou 2016 cette université n'est toujours pas mise en place. Donc, pour moi, le choix de deux dates n'est pas incompatible avec la demande de l'intersyndicale et des étudiants. Nous sommes dans un conflit, il y a des frustrations, des incompréhensions. Il y a nécessité que, lorsqu'on sortira de cette grève, il n'y ait pas plus de frustrations qu'il y en a maintenant.

Gérard Police, membre de l'intersyndicale
Quel est le sentiment de l'intersyndicale à l'issue de cette réunion ?
Je considère qu'il y a eu énormément d'avancées. Énormément de points ont été précisés. Énormément de choses qui vont dans le bon sens ont été reçues par nous. Nous avons eu la confirmation d'avoir été bien compris par nos interlocuteurs en particulier par madame la ministre Taubira qui a bien voulu se faire intermédiaire. Nous pouvons considérer que beaucoup de choses ont progressé. ce qui reste à faire, c'est que tout ce qui a été dit, tout ce sur quoi il y a eu accord durant ces heures d'entretien soit correctement posé à travers un texte, celui qui nous a été remis. Si ce texte est correct, il sera pris en compte tel quel. S’il exige d'être complété par des amendements ou des rajouts de notre part ou de la part de nos interlocuteurs, cela sera fait également. Nous considérons que nous sommes dans une phase où les négociations ont été sérieusement commencées, elles ont permis d'aboutir à des résultats relativement satisfaisants de notre point de vue. Peut-être que, avec certains ajustements, nous pouvons déboucher sur une sortie de crise. Mais pour l'instant on ne peut rien affirmer.
Concrètement, quelles sont les avancées que vous évoquez ?
L'université de plein exercice. la date, qui est effectivement 2015 pour l'année civile et rentrée universitaire 2016 s'il n'est pas possible techniquement de le faire pour 2015. Et, dans l'immédiat, les pleins pouvoirs accordés à l'administratrice provisoire, avec laquelle nous allons travailler tant que le dispositif permettant d'aboutir à ce qui est l'enjeu de ces négociations n'aura pas été suffisamment posé en termes techniques.
Pourquoi ne pas avoir signé le protocole d'accord dès aujourd'hui ?
Nous avons besoin de l'étudier. On ne signe pas un protocole d'accord tant qu'il n'a pas été soigneusement étudié. Il nous a été remis à la fin. On peut émettre l'hypothèse que les services préfectoraux ont pris note de l'ensemble des choses qui ont été dites et ont tenté de les formuler de la façon la plus simple possible mais qui n'est pas forcément la façon dont nous voyons les choses. Cela dit, nous ne sommes pas contre pourvu que ce texte, relativement court, signifie de façon implicite ce qui va dans le sens de nos revendications. Les signatures engagent l'Etat et nous engage, nous.
Vous exigez la signature de la ministre de l'enseignement supérieur…
Ce qui s'est présenté, c'est une attente très forte de notre part, d'une validation de la part de la ministre en plus des signatures des représentants de l'État et, éventuellement, du recteur. Nous ne remettons absolument pas en cause la valeur de la signature du préfet, qui représente l'État. Nous avons posé la question d'une garantie supplémentaire à travers madame la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il est possible que, en réexaminant le texte du protocole et les prérogatives des dépositaires de l'État, que cette question ne fasse plus obstacle au moment où nous reviendrons avec le protocole validé. Mais je crois plutôt que nous reviendrons avec un protocole qui comportera quelques précisions supplémentaires de notre part. C'est une question de quelques jours, le temps que nous consultions la base, qu'il y ait une explication sur tous ces points, et que nous recueillions l'accord de tous ces gens qui nous ont fait confiance et qui nous ont mandatés.
 
 

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