La menace de l'eau salée
Guillaume AUBERTIN
France-Guyane
15.09.2009
Le préfet Daniel Ferey craint les effets des prochaines marées du 19 septembre et de la mi-octobre (GA)
Suite au fort déficit pluviométrique enregistré ces dernières semaines, la préfecture craint que le bas niveau des fleuves entraîne des risques conséquents pour l'alimentation en eau potable. La grande marée du 19 septembre pourrait ainsi faire remonter l'eau salée jusqu'à l'usine de la Comté...
C'est l'une des grandes préoccupations préfectorales du moment. La question hydrique. Avec le peu de précipitations qu'a connu notre département au cours des dernières semaines, les fleuves ont atteint un niveau inquiétant. Particulièrement sur la Comté, où le phénomène des marées semble plus important qu'ailleurs. Un phénomène qui pose aujourd'hui la question de la remontée du biseau salin. Lundi dernier, il aurait été situé à près de deux kilomètres seulement de la prise d'eau de l'usine de la Comté, et à 7 km de celle de Saint-Laurent. Les prévisions météorologiques (qui annoncent peu de pluie) conjuguées à la grande marée du 19 septembre peuvent effectivement laisser penser que ce biseau salin pourrait atteindre l'usine de la Comté. Le taux de microsiemens par centimètre (qui est une référence de qualité de l'eau) pourrait alors atteindre un seuil important. Manuel Parizot, hydrogéologue au BRGM, rappelle que « si la saveur et le goût peuvent changer, l'eau reste potable au-delà de 1 100 microsiemens par centimètre. En revanche, cela peut avoir des répercussions pour les personnes cardiaques, sous dialyse, qui présentent des pathologies endocriniennes, ou pour les nourrissons et les femmes enceintes » . Pour palier cet éventuel risque, Daniel Ferey a annoncé plusieurs pistes, hier, au terme de la réunion hydrique qui s'est tenue en préfecture. La première consiste à créer un canal sur la Comté à deux kilomètres en amont de l'usine, « mais cela semble très compliqué » , a admis le préfet. Autre solution envisagée : un lagunage d'eau brute. Il s'agirait alors de creuser des carrières pour trouver des réserves d'eau douce, par exemple à Macouria. Enfin, la dernière mesure envisagée, qui semble le plus tenir la route, prévoit de mettre à profit l'oscillation de la marée. « On peut stocker l'eau en période de marée basse et couper les vannes à marée haute » , explique Pascal Vivier, responsable du service des équipements ruraux à la Direction de l'agriculture et de la forêt. De son côté, le maire de Cayenne Rodolphe Alexandre, s'est dit « prêt à prendre toutes les dispositions nécessaires » . Mais comme l'a aussi rappelé Daniel Ferey, pour conclure : « On peut aussi prier pour qu'il pleuve ces prochaines semaines » .
Johnny — 15.09.2009
Et où en est le projet de faire venir l'eau du Kourou à Matoury et de la traiter pour alimenter l'île de Cayenne ?