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UNE ÉCORCE DANGEREUSE A ÉTÉ DÉCOUVERTE DANS UNE BOUTEILLE DE BITA

Bita : une première piste

Pierre-Yves CARLIER France-Guyane 27.07.2009

L'écorce de geissospermum, ou maria congo, pourrait expliquer les problèmes survenus avec de la bita, dans l'Ouest (VA)

Une écorce - le geissospermum ou maria congo - a été identifiée dans une bouteille de bita frelatée. Cette écorce, peu connue, est évoquée dans des cas de paralysie et pourrait expliquer les 41 cas, dont deux décès, survenus dans l'Ouest et ceux apparus au Suriname.

La bita frelatée, à l'origine de 41 cas de paralysie, dont deux décès, pourrait révéler son mystère dans les prochaines semaines. Le Musée de l'homme, à Paris, a identifié une écorce dans une bouteille à l'origine de la maladie. Il s'agit du geissospermum, aussi appelé « maria congo » , ou « bergi bita » au Suriname.
Or, la littérature scientifique évoque des cas de paralysie provoqués par cette écorce et un arbre suspect a été trouvé dans l'Ouest, dans le secteur d'Apatou.
Jean-Luc Grangeon, directeur de la Santé et du développement social (DSDS), ne cache pas son espoir : « Cette piste reste floue, mais elle pourrait expliquer qu'il y ait beaucoup de cas. Elle pourrait montrer que tout le monde s'est trompé. »
Le problème de la bita apparaît en juin, mais d'autres cas de paralysie se sont produits en début d'année. Les médecins craignent qu'il s'agisse de patients qui ont réagi plus ou moins vite à un même problème. D'autres cas pourraient alors surgir à l'avenir. Mais le geissospermum découvert dans l'Ouest pourrait fournir une autre explication.
L'arbre en cause aurait été abattu et débité il y a plusieurs mois. L'hypothèse des scientifiques est que les producteurs de bita seraient allés plusieurs fois chercher de l'écorce. « Cela expliquerait le lien entre le nombre de cas et l'inconstance de leurs apparitions » , ainsi que la quarantaine de cas survenus à Albina, poursuit le DSDS.
Des spécialistes parisiens se penchent à leur tour sur le cas des malades de la bita. Si l'hypothèse du maria congo s'avère, la molécule en cause pourrait être identifiée d'ici fin août.
Pour Jean-Luc Grangeon, il est probable que l'utilisation de l'écorce de geissospermum, si elle est avérée, soit « accidentelle » .
Début juillet, Joseph Aténi, ancien maire de Papaïchton, penchait pour la thèse volontaire et donc criminelle, lors d'un colloque des autorités coutumières bushinenguées, à la Région. Sur ce point, l'enquête judiciaire tentera de trouver la réponse.
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