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L'ÉNERGIE RENOUVELABLE UN SECTEUR PORTEUR POUR LA GUYANE

Une centrale biomasse à Kourou

Orianne CORMIER France-Guyane 31.07.2009

Sur les neuf salariés de Voltalia Guyane, cinq seront permanents sur le site de Kourou (OC)

Voltalia Guyane, filiale de Voltalia SA inaugure aujourd'hui sa centrale électrique biomasse à Kourou, la première en Guyane. Cette usine peut développer une puissance d'1,9 MW et produire jusqu'à 13 600 MWh par an.

À peine sorti de la route nationale en direction de Saint-Laurent, il faut s'engager sur une large piste qui sépare la scierie et la centrale biomasse de Kourou. Inaugurée aujourd'hui, celle-ci comporte deux unités de production : une biomasse d'une puissance d'1,7 MegaWatts (MW) et une photovoltaïque dont la puissance sera de 0,2 MW et qui détient une petite particularité : les panneaux solaires sont intégrés au toit, ce ne sont pas des plaques posées. L'ensemble devrait pouvoir produire jusqu'à 13 600 MWh (MegaWatt heure) par an, ce qui équivaut à la consommation de 10 000 personnes (soit un peu moins de la moitié de la population de Kourou).
Quant au site retenu, il s'agit d'un choix stratégique. Comme le répète à maintes reprises le président de la société Voltalia SA et de Voltalia Guyane, Robert Dardanne : « Cette unité de production (biomasse ndlr) permet de traiter 30 000 tonnes de déchets de bois par an qui étaient jusqu'à présent brûlés » . Des déchets que l'usine récupère dans plusieurs scieries. Aujourd'hui, ces bois sont brûlés dans une chaudière (chambre à combustion) entre 400 et 800° C transformant l'eau de la chaudière en vapeur, qui elle-même fait tourner la turbine, elle-même entraînant l'alternateur. Celui-ci produit alors de l'électricité. Cette combustion maîtrisée produit nettement moins de CO 2 (dioxyde de carbone) que lorsque les scieries brûlent à l'air libre (ce qui est par ailleurs interdit) et qui, en outre, brûle complètement le méthane, hydrocarbure particulièrement polluant.
L'entreprise est d'ores et déjà engagée dans plusieurs projets, une quinzaine, dont la centrale hydraulique sur la Mana qui devrait ouvrir fin 2010. « La Guyane possède beaucoup de ressources naturelles : l'eau, le bois, le soleil. Il y a vraiment de gros potentiels » , poursuit Robert Dardanne. La société y croit tellement que Voltalia Guyane, détenue à 80% par Voltalia SA et à 20% par la Caisse des Dépôts, prévoit de développer, sur cinq à six ans, un programme portant sur un montant total d'investissements s'élevant à 180 millions d'euros pour une production annuelle cumulée de 130 GWh. Elle travaille par exemple sur des projets hydrauliques sur le Maroni, dans des communes isolées, ou encore au Brésil, sur l'Oyapock avec Voltalia do Brasil.
« Parallèlement à nos opérations en site isolé, on souhaite que les collectivités, l'État, EDF, développe un plan d'extension des réseaux électriques vers l'est, jusqu'à Saint-Georges et l'ouest. Cela pourrait même permettre de relier les réseaux du Nord du Brésil à la Guyane. C'est un choix de société à faire. »
L'ÉNERGIE RENOUVELABLE UN SECTEUR PORTEUR POUR LA GUYANE - Repère
Voltalia SA
Implanté en France, en Guyane, au Brésil, et en Grèce, Voltalia SA est un producteur d'électricité à partir des d'énergies renouvelables. Sa filiale, Voltalia Guyane est détenue à 80% par la maison mère et à 20% par la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Celle-ci est une institution financière publique française créée en 1816. Placée sous le contrôle direct du Parlement, elle exerce des activités d'intérêt général pour le compte de l'État et des collectivités territoriales, mais elle a aussi des activités concurrentielles.
D'autres investisseurs
Parmi les noms qui circulent, il y a GDF Suez et Poweo qui s'intéressent, pour le biomasse et le photovoltaique, de près à Saint-Laurent et à Montsinéry.

Les deux sociétés ont déjà lancé des études. Un autre nom circule, celui de Séchilienne-Sidec. Sur son site, on peut lire que la Société Electro-Invest Caraïbes (SAS), filiale implantée en Guyane et qui lui appartient à 100%, travaille sur le projet d'une centrale photovoltaïque de 12 MW à Saint- Laurent du Maroni.
Maîtriser sa consommation d'énergie
Combinés à l'utilisation d'appareils performants, quelques gestes, comme isoler sa toiture et protéger les parois ainsi que les ouvrants au soleil, permettraient une économie de 30%. Soit une économie équivalente dans le porte-monnaie.
Tarifs d'achat dans les Dom
Les producteurs d'électricité ne peuvent - c'est la loi - la distribuer. EDF, dans les Dom, doit donc racheter leur production. Les tarifs dans ces territoires, supérieurs à ceux pratiqués dans l'Hexagone, sont pourtant jugés insuffisants par les producteurs s'agissant de l'éolien et de la biomasse. Le diesel de base coûte entre 10 et 15 centimes le kilowattheure. Le solaire (le plus cher) avec intégration bâtie se vend à 55 c/kWh, à 40 centimes/kWh, l'éolien est à 11 centimes/kWh, l'hydraulique à 9 c/kWh et la biomasse à environ 11 c/kWh.
Un bilan européen mitigé
Le site de Maxi sciences indique que le rapport sur le développement des énergies renouvelables en Europe de l'Observatoire des énergies renouvelables (Observ'ER), publié chaque année, relève une croissance de certains secteurs mais les efforts restent globalement insuffisants.
L'Allemagne est le meilleur élève, en particulier pour l'éolien (la France est cinquième) et pour le photovoltaïque (la France est troisième).
Le Watt
Le watt (symbole W) est une unité dérivée du système international pour la puissance. En électricité, pour mesurer la quantité d'énergie produite, on parle en kilowattheure (ou mégagigawattheure), c'est-à-dire qu'on intègre cette puissance sur un temps d'une heure.
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