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Mères adoptive et biologique continuent de s'injurier

P.-Y. C. France-Guyane 27.06.2009

Giovanny Trindade, la mère adoptive, et Elielsa da Moreira, la mère biologique, se disputent un même enfant/ photo d'archives (photo d'archives)

Depuis 2006, deux femmes se disputent les droits d'une même fillette, âgée de 9 ans. Condamnée pour soustraction d'enfant l'an dernier, la mère adoptive a été rejugée.

Deux mamans qui pleurent au tribunal, une traductrice menacée, des proches qui tentent d'en venir aux mains, une avocate draguée et questionnée par un membre de la partie adverse, la police est appelée en urgence. L'affaire des deux mamans brésiliennes qui se déchirent pour un même enfant depuis trois ans a été rejugée mercredi en appel, sous haute émotion. L'an dernier, la mère adoptive, accusée d'enlèvement par la mère biologique, a écopé de dix-huit mois de prison avec sursis. Mercredi, l'avocat général Jean-Paul Arnoux a estimé que la France n'a pas à trancher ce conflit. Le verdict sera rendu le 30 septembre.
Depuis plusieurs années, la fillette d'Elielsa da Moreira, âgée de 9 ans, vit chez Giovanny Trindade. Confiée ou enlevée, elle a atterri chez elle lorsque sa mère, ancienne femme de ménage de Giovanny, a quitté le Brésil pour aller gagner sa vie sur les sites d'orpaillage clandestin de Guyane. Giovanny est venue en Guyane, s'est mariée à un Français, a obtenu grâce à de faux papiers des droits sur l'enfant tant au Brésil qu'en Guyane. Elle vient d'être relaxée de l'enlèvement par le Brésil. Une décision suspecte selon José Lobeau, avocat d'Elielsa qui n'arrive pas à récupérer sa fille, ni même à la voir ou l'approcher : « On sait comment des jugements de toutes sortes peuvent être obtenus au Brésil. »
Pour l'avocat général, la justice française est arrivée trop tard : « Une juridiction brésilienne a déjà tranché et conclu qu'il n'y avait pas d'enlèvement. Nous sommes tenus par les règles du droit international. » La justice brésilienne a confié la fillette à sa mère adoptive. Le juge des affaires familiales de Cayenne peut encore, cependant, imposer une garde alternée. Le conflit a pris de telles proportions que les deux mères n'arrivent plus à discuter. La mère adoptive pourrait toutefois être condamnée pour l'utilisation de faux documents en Guyane et pour escroquerie aux allocations familiales, logement, rentrée scolaire, parent isolé, soutien familial et au complément familial. Comme l'a rappelé Me Stefan Doutrelong pour la Caf, l'enfant est rentrée illégalement en Guyane et Giovanny est mariée, qui plus est à un homme qui gagne sa vie.
Émile Tsheffu, avocat de la mère adoptive, a rappelé que sa cliente s'est occupée de l'enfant pendant toutes ces années. Il a demandé aux juges de « trouver une décision intelligente » pour son avenir.
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11 février 2012