Macouria : dialogue de sourds entre la mairie et les agents en grève
La mairie reproche entre autres aux grévistes l'illégalité du préavis, quand bien même les agents municipaux n'en sont pas à leur première mobilisation.
Depuis quelques mois, Macouria est la scène d'une dissension entre la mairie et une partie de ses employés. Lundi dernier, le syndicat majoritaire Union des travailleurs guyanais (UTG) a repris la grève, pour une durée illimitée, après en avoir suspendue une première mi-décembre pour la période des fêtes.
En cause : une répartition "incohérente" des primes et un "mépris" des instances syndicales, en particulier au sein de la Caisse des écoles. Face à ces allégations, le maire Gilles Adelson a communiqué point par point sa ligne de défense.
Il souligne en premier lieu "le non-respect du cadre juridique du préavis de grève" engagé par l'UTG, réceptionné au 30 décembre. Ce à quoi répond Hélène Edwige, secrétaire générale de l'UTG : "Jusqu'à ce jour, on ne nous l'avait jamais reproché. Or ce n'est pas le premier préavis de grève que nous déposons. Pourquoi ne nous l'avoir jamais signalé ? A cette question, nous n'avons reçu aucune réponse."
Des promesses sans effet
Si des réunions de négociations sont régulièrement proposées par l'édile et son équipe aux grévistes, "les échanges sont infructueux ou les promesses restent lettre morte", rétorque encore la syndicaliste.
L'incompréhension culmine lorsque M. Adelson affirme respecter le tableau de répartition des primes IFSE - indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertises -, celles-là même sur lesquelles se base l'actuel contentieux. L'édile soutient que le tableau respecte les résultats de négociations syndicales qui ont eu lieu en 2020.
"C'est faux. Nous n'avons jamais pu travailler sur ces tableaux puisque le seul qui nous a été parvenu est un tableau vierge. Comment une organisation syndicale peut-elle travailler sur la base d'un tableau vierge ?", répond Hélène Edwige qui assure détenir les preuves par mail de ses affirmations.
Une quarantaine de grévistes
La syndicaliste dément également cette affirmation du maire : "Dès le 30 décembre 2024, l'UTG a adopté une position inflexible, exigeant une augmentation uniforme de 200 € nets pour tous les agents, sans distinction."
"Nous demandons de la cohérence dans le versement de l'IFSE, celle-ci qui est aujourd'hui attribuée à la tête", répond la représentante.
En prévision du manque de personnel, en grève, la mairie avait décidé d'écourter les horaires d'école de Macouria à la rentrée et d'adapter le temps scolaire, le temps que la situation évolue. Bien que l'UTG assure recevoir de nombreux soutiens parmi les employés, seule une quarantaine de grévistes est effectivement recensée par la mairie. Gilles Adelson a donc annoncé le retour à la normale des heures d'accueil des écoles primaires à partir de ce lundi 13 janvier.

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