La fin du visa pour les Brésiliens conditionnée au transfert pénitentiaire des détenus
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Commission mixte transfrontalière

La fin du visa pour les Brésiliens conditionnée au transfert pénitentiaire des détenus

Tristan DEREUDDRE
La 14e édition de la commission mixte transfrontalière s'est achevée ce jeudi après-midi.
La 14e édition de la commission mixte transfrontalière s'est achevée ce jeudi après-midi. • T.D.

La coopération entre la Guyane et l'Amapá semble franchir une nouvelle étape, portée par des avancées sur les visas, la sécurité et les échanges transfrontaliers.

Emmanuel Macron annonçait la semaine dernière la levée prochaine du visa de court séjour pour les Brésiliens qui souhaitaient se rendre en Guyane. Mais cette mesure ne sera pas appliquée sans retour : elle est conditionnée à la signature d'un accord de transfert pénitentiaire des détenus brésiliens condamnés vers leur pays d'origine. 

"La levée du visa sera effective dès la signature de l'accord de transfert pénitentiaire", promet le préfet de Guyane Antoine Poussier. En attendant, la réglementation actuelle reste en vigueur. "La balle est dans le camp des Brésiliens. L'arrêté modificatif est déjà prêt", poursuit-il.

Meilleure coopération, gain sécuritaire 

La levée du visa était une attente importante des deux parties pour faciliter la coopération entre les deux pays. "Faciliter la circulation des personnes, c'est faciliter tous les axes de coopération, qu'il s'agisse d'échanges sportifs, culturels, universitaires ou politiques", juge Antoine Poussier. Un accord "gagnant-gagnant", qui offre à la Guyane la perspective de désaturer le centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly, aujourd'hui surpeuplé à 175%. Cette signature représente aussi un gain sécuritaire selon Antoine Poussier : "C'est aussi une manière plus efficace de lutter contre les factions brésiliennes, en limitant la présence de leurs membres dans notre centre pénitentiaire."

Echanges humains et économiques

Au cours de la commission mixte transfrontalière, qui s'est terminée ce jeudi après-midi à Cayenne, de nombreux sujets ont été évoqués entre les deux territoires. Parmi eux, les enjeux de santé :  "On souhaite poursuivre un certain nombre de coopérations dans le domaine de la surveillance épidémiologique", indique le préfet de Guyane Antoine Poussier. Un projet d'une maison consacrée aux violences faites aux femmes est aussi à l'étude.

Au niveau des échanges économiques, la signature de la convention de transport international routier par le Brésil permettrait d'améliorer la compatibilité réglementaire entre les deux pays. Aujourd'hui, certains produits comme la viande ne peuvent pas traverser l'Oyapock en raison de la réglementation européenne. 

Concernant le volet sécuritaire, la coopération sur la pêche illégale sera renforcée. La possibilité de réaliser des patrouilles communes avec les autorités brésiliennes a aussi été évoquée.

La 14ème édition de cette commission mixte transfrontalière est la 3ème consécutive, signe que les échanges progressent entre les deux régions. Une dynamique encourageante, bien que tributaire des orientations diplomatiques internationales qui échappent à la Guyane et à l'Amapá.

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