Amiante à la caserne de Cayenne : des pompiers en grève
Les pompiers de la caserne de Cayenne sont les plus concernés par la situation, mais le préavis de grève a été déposé sur l'ensemble du territoire
Une vingtaine de sapeurs-pompiers sont mobilisés depuis ce 19 janvier devant la caserne de Cayenne. Certains d'entre eux discutent sous les tonnelles installées devant le bâtiment. D'autres distribuent des tracts aux automobilistes.
"Pompiers sacrifiés. Pas par les flammes, mais par l'amiante" ; "Appelez le 18. Pompiers en danger". Peut-on lire sur des banderoles affichées. "Les gens sont réceptifs, on reçoit du soutien de la population", assure un des agents présents.
"On veut immédiatement sortir de là"
Dans le préavis de grève déposé, le syndicat UTG Sdis s'inquiète "de conditions de travail jugées insalubres et de la présence avérée d'amiante dans les locaux". Le personnel exprime des inquiétudes pour leur santé et leur sécurité et dénonce une exposition potentielle à une substance reconnue comme cancérogène. "Pendant la durée des travaux de désamiantage et de réhabilitation, le Sdis veut installer le personnel dans des bungalows à proximité du bâtiment. On veut être installés dans d'autres sites pour ne pas être exposés. Rien n'indique qu'il y a zéro risque", affirme le secrétaire du syndicat François Comissi.
Ces inquiétudes ne sont pas nouvelles. Elles avaient déjà fait l'objet d'un préavis de grève en avril 2025.
"Les garanties ne sont jamais tenues. On est encore en train de respirer de l'amiante. On veut immédiatement sortir de là", déclare Axel Achamana, membre de UTG-Sdis. "On va tenir le piquet jusqu'à ce qu'ils nous fassent sortir de là. À côté de cela, nous devons avoir des garanties sur le site où nous serons installés."
Début des travaux prévus en avril
Jean-Paul Levif, directeur du Sdis, indique que "les personnels seront relocalisés sur des bungalows situés à l'autre extrémité du site, à plus de 100 m des bâtiments traités. La distance opère une première étanchéité. Le chantier est aussi contraint de travailler sous enveloppe. Nous avons aussi missionné trois organismes agréés pour faire durant toute la durée des travaux des mesures constantes de poussière d'amiante pour vérifier qu'il n'y a pas de défaut d'étanchéité." En cas de fuite, les travaux pourraient être arrêtés. La direction assure son intention de continuer "l'effort de transparence" sur le dossier.
Les travaux de réhabilitation doivent débuter en avril 2026 et durer au moins jusqu’en 2028.

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