Suriname : il y a 43 ans, 16 militaires prenaient le pouvoir
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Suriname : il y a 43 ans, 16 militaires prenaient le pouvoir

Eric GERNEZ, à Paramaribo
Une partie des militaires putschistes et le poste de police incendié au centre ville de Paramaribo
Une partie des militaires putschistes et le poste de police incendié au centre ville de Paramaribo • ARCHIVES

Rappelons-nous qu'il y a 43 ans, tombait la nouvelle du coup de force militaire au Suriname. Le président de la Fondation du 8 décembre 1982*, Sunil Umrawsingh, rappelle quelques pages d'Histoire, ce matin, dans une tribune publiée dans la presse au Suriname. Résumé…

16 militaires raflent la mise

Profitant d'un mouvement de grève au sein de l'armée et d'une situation confuse, 16 militaires tentent un coup de force qui réussit et qui devient coup d'Etat ! Ils avaient pris le pouvoir.

Utilisant des patrouilleurs de la marine surinamaise et les armes automatiques de l'arsenal militaire, ils ont mené l'attaque du poste de police du centre ville, qui résistait au coup d'Etat. Deux militaires, deux policiers et un civil furent victimes de ces actions de force. 

"Il est important de noter que le coup d'État a été un crime contre-constitutionnel et que, depuis ce jour, les violations les plus graves des droits de l'homme ont eu lieu depuis la naissance de notre république", souligne S.Umrawsingh.

43 ans d'attaque systématiques contre l'État de droit

Après le coup d'Etat du 25 février 1980, la place du pays sur la scène internationale a reculé, de lourdes conséquences sur l'économie et le développement du pays ont été observées. Les vagues de migrations des groupes les plus instruits, ont saigné le pays. Pendant 43 ans, des attaques contre la démocratie ont émaillé l'actualité. Parmi celles-ci, citons : 

- Le 8 décembre 1982, des avocats, des journalistes, des universitaires et des entrepreneurs ont été assassinés.

- Le raid sur le poste de contrôle Stolkertsijver par les "Jungles commandos" le 26 juillet 1986.

- Le massacre de Moiwana, le 29 novembre 1986, tuant 39 personnes dont des femmes et des enfants.

- En 1990, l'inspecteur de police Herman Gooding a été assassiné après avoir quitté la brigade militaire de Fort Zeelandia. Il enquêtait sur les violations des droits de l'homme commises à Moiwana.

Récemment, en janvier, il y avait encore une attaque terroriste contre le palais de justice de la Wulfinghstraat.

 

Depuis l'avènement du gouvernement Santokhi/Brunswijk, le 25 février n'est plus jour férié. En ces jours troublés et à la veille, le 31 mars, du délibéré de la Cour sur l'affaire des meurtres de 1982, il faudra observer avec attention le déroulement de cette journée.

En ces moments, au Suriname, où il semble que le mois de février soit celui des événements qui marquent son histoire, il paraît intéressant de citer la conclusion de la Tribune de Sunil Umrawsingh :

"Il est important de souligner qu'une attaque contre l'État de droit et la démocratie est toujours inacceptable, quelle que soit la motivation derrière cette attaque. La protection de l'État de droit et de la démocratie doit toujours être le plus grand bien, afin que chacun puisse se sentir en sécurité et libre et que les droits et libertés des citoyens soient respectés."

 

*La Fondation du 8 décembre 1982 milite pour honorer le souvenir des victimes des meurtres de décembre 1982, que la Justice soit faite sur cette affaire, et, plus largement, en faveur des Droits de l'Homme au Suriname.

 

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