Maryse Condé, grand officier de l’ordre national du Mérite
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Maryse Condé, grand officier de l’ordre national du Mérite

FXG (agence de presse GHM)

Maryse Condé portant sa cravate et sa médaille.

Maryse Condé et Marie-Luce Penchard.

France Zobda et Sylvie Glissant.

Francis Monnerville et José Pentoscrope.

Greg Germain et Laurence Lascary.

Jacques et Jean-Michel Martial.

Karine Dielna, Maboula, Bamousso Soumahoro et Timite.

Félicitée par ses amis. Mylène Wagram et Firmine Richard

Mylène Wagram et Firmine Richard.

Claudy Siar et Euzhan Palcy.

Que pouvait demander de mieux Maryse Condé que d’être décorée de la cravate de grand officier de l’ordre national du Mérite dans le grand salon de la Sorbonne… Elle qui y fit ses premiers pas d’étudiante dans les années1950, mais qui, jamais ne put y enseigner quand bien même l’université de Columbia lui permit d’ouvrir le centre des études françaises et franophones dans les années 1980. Juste retour de gloire pour cette écrivain prolixe qui quitta Pointe-à-Pitre en 1953 pour découvrir un Paris où, relate Marie-Luce Penchard dans son éloge, « résonnent encore l’audace et l’effervescence du mouvement de la négritude et alors que les indépendances pointent à l’horizon, que l’Afrique (l’) appelle entièrement et même totalement ». A la fin des années 1950, elle épouse Mamadou Condé, un acteur guinéen. Elle enseigne en Guinée, au Ghana, au Sénégal. Et voilà Ségou, son roman qui lui donnera une renommée internationale et fera d’elle un écrivain à succès. Ségou, le pays Bambara dans l’Afrique de la fin du 18e siècle. Elle reprend ses études et présente pour son doctorat de littérature comparée sa thèse : « Stéréotypes du Noir dans la littérature antillaise ». Trente romans suivent, mais aussi des pièces de théâtre, des critiques littéraires…
Elle qui ne se prétend pas écrivain à message a pourtant dit, rappelle la ministre de l’Outre-mer : « Je souhaite aussi aider les autres, ceux de mon peuple en particulier, à comprendre. » Alors, elle agit. Elle crée le prix des Amériques insulaires et de la Guyane avec Amédée Huyghues Despointes. Et elle reçoit. Le grand prix littéraire de la femme en 1986 pour Moi, Tituba, sorcière noire de Salem, le prix Anaïs-Ségalas de l’Académie française en 1988 pour La vie scélérate, le prix Carbet de la Caraïbe en 1997 pour Desirada et encore le prix Marguerite-Yourcenar en 1999 pour Le cœur à rire et à pleurer. Mais aussi le prix américain Puterbaugh en 1993, un autre canadien en 2003, le Grand prix metropolis bleu à Monréal… Elle sera la première présidente du comité pour la mémoire de l’esclavage (d’où elle démissionnera avec fracas) et sera à l’origine de la date du 10 mai pour commémorer l’esclavage, la traite et leurs abolitions. Déjà commandeur des arts et lettres en 2001, chevalier de la légion d’Honneur en 2004, voici que Marie-Luce Penchard lui a remis, mardi soir la cravate de grand officier de l’ordre national du Mérite. « C’est tout l’outre-mer qui est ravi et vous applaudit, et je sais que nombre de mots d’amitié et de félicitations vous parviendront de l’Hexagone, d’Afrique, de l’Amérique du nord et de l’Amérique du sud, et naturellement, de vos amis et de vos proches des pays de la Caraïbe. » Dans le public, il y avait Sylvie Glissant, Françoise Vergès, Suzanne Dracius, Firmine Richard, Euzhan Palcy, France Zobda, Mariann Mathéus, Nathalie Coualy, Greg Germain, Hervé Bourges, Renaud Donnedieu de Vabre, les frères Jacques et Jean-Michel Martial, les peintres Herel et Apourou, la députée de Guyane, Chantal Berthelot, et Francis Monnerville, le neveu de Gaston. Après avoir reçue sa décoration, Maryse Condé a déclaré : « Je suis très heureuse d’être honorée en ma qualité d’écrivain… Ca m’apporte une petit vengeance parce que orsque je faisais la campagne, à la fin des années 1980, avec mes amis de l’UPLG, parce que ce n’est pas la peine de mentir, je suis une indépendantiste non repentie, j’avais un mal fou à persuader les gens que je pouvais être utile, qu’un écrivain peut apporter du sens. Aujourd’hui, je suis convaincue, heureuse et absolument conquise. Mais je vous dirai qu’un écrivain n’est pas fait pour parler, il a besoin d’être lu et relu. Je vous demande tous de me lire et de me relire. Mon œuvre qui est déjà importante nous permettra de nous retrouver, de communiquer, de parler et finalement de nous aimer. »
Maryse Condé et Marie-Luce Penchard.
France Zobda et Sylvie Glissant.
Francis Monnerville et José Pentoscrope.
Greg Germain et Laurence Lascary.
Jacques et Jean-Michel Martial.
Karine Dielna, Maboula, Bamousso Soumahoro et Timite.
Félicitée par ses amis. Mylène Wagram et Firmine Richard
Mylène Wagram et Firmine Richard.
Claudy Siar et Euzhan Palcy.

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