Maryse Condé, grand officier de l’ordre national du Mérite
Elle qui ne se prétend pas écrivain à message a pourtant dit, rappelle la ministre de l’Outre-mer : « Je souhaite aussi aider les autres, ceux de mon peuple en particulier, à comprendre. » Alors, elle agit. Elle crée le prix des Amériques insulaires et de la Guyane avec Amédée Huyghues Despointes. Et elle reçoit. Le grand prix littéraire de la femme en 1986 pour Moi, Tituba, sorcière noire de Salem, le prix Anaïs-Ségalas de l’Académie française en 1988 pour La vie scélérate, le prix Carbet de la Caraïbe en 1997 pour Desirada et encore le prix Marguerite-Yourcenar en 1999 pour Le cœur à rire et à pleurer. Mais aussi le prix américain Puterbaugh en 1993, un autre canadien en 2003, le Grand prix metropolis bleu à Monréal… Elle sera la première présidente du comité pour la mémoire de l’esclavage (d’où elle démissionnera avec fracas) et sera à l’origine de la date du 10 mai pour commémorer l’esclavage, la traite et leurs abolitions. Déjà commandeur des arts et lettres en 2001, chevalier de la légion d’Honneur en 2004, voici que Marie-Luce Penchard lui a remis, mardi soir la cravate de grand officier de l’ordre national du Mérite. « C’est tout l’outre-mer qui est ravi et vous applaudit, et je sais que nombre de mots d’amitié et de félicitations vous parviendront de l’Hexagone, d’Afrique, de l’Amérique du nord et de l’Amérique du sud, et naturellement, de vos amis et de vos proches des pays de la Caraïbe. » Dans le public, il y avait Sylvie Glissant, Françoise Vergès, Suzanne Dracius, Firmine Richard, Euzhan Palcy, France Zobda, Mariann Mathéus, Nathalie Coualy, Greg Germain, Hervé Bourges, Renaud Donnedieu de Vabre, les frères Jacques et Jean-Michel Martial, les peintres Herel et Apourou, la députée de Guyane, Chantal Berthelot, et Francis Monnerville, le neveu de Gaston. Après avoir reçue sa décoration, Maryse Condé a déclaré : « Je suis très heureuse d’être honorée en ma qualité d’écrivain… Ca m’apporte une petit vengeance parce que orsque je faisais la campagne, à la fin des années 1980, avec mes amis de l’UPLG, parce que ce n’est pas la peine de mentir, je suis une indépendantiste non repentie, j’avais un mal fou à persuader les gens que je pouvais être utile, qu’un écrivain peut apporter du sens. Aujourd’hui, je suis convaincue, heureuse et absolument conquise. Mais je vous dirai qu’un écrivain n’est pas fait pour parler, il a besoin d’être lu et relu. Je vous demande tous de me lire et de me relire. Mon œuvre qui est déjà importante nous permettra de nous retrouver, de communiquer, de parler et finalement de nous aimer. »

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