Les TAAC aux couleurs de l’Amérique
Lundi, au théâtre parisien du Châtelet, l’ensemble de la communauté afro-caribéenne de la capitale est venu applaudir Dany Glover, lauréat d’un trophée d’honneur, et découvrir le palmarès de cette sixième édition.
Pour cette sixième édition, les TAAC ont eu le privilège de recevoir un des plus célèbres acteurs du cinéma américain, l’homme de l’Arme fatale, Dany Glover, invité d’honneur. A cette occasion, il a été fait chevalier des Arts et Lettres par le ministre de la culture Frédéric Mitterrand dans un salon d’honneur, juste avant le début de la cérémonie : « Cher Dany Glover, vous faites partie de ceux qui donnent ses lettres de noblesse à ceux qui portent aux Etats-Unis le beau nom d’activiste. »
Dans le théâtre, plein à craquer, l’acteur engagé à reçu le trophée de la personnalité de l’année et une standing ovation du public. Il a remercié l’organisation d’avoir pensé à lui. « Ca a été une semaine magnifique ! », a-t-il déclaré. Il revenait de Deauville où il a présenté le film sur l’activisme qu’il a produit.
« Je suis là pour célébrer avec vous ce moment, avec les plus jeunes, les plus anciens. C’est un honneur ! Mais, il faut aussi célébrer nos enfants et nos petits-enfants d’Afrique. » Il était heureux de partager cet instant en présence de « ma jolie femme, mon amour, mon soleil qui brille ».
Le duo Audrey Chauveau et Sébastien Folin a assuré la présentation de la soirée qui a été un gros succès. Le directeur de la manifestation, Djoe Dunoyer, a eu quelques mots sur l’année des outre mer français. « C’est l’année des outre-mer, a déclaré Djoe Dunoyer… Nous, ça fait six ans qu’on pousse toutes les cultures afro-caribéennes, qu’on est dans l’année des outre-mer et on ne déroge pas à la règle. Je pense aussi au commissaire de l’année de l’outre-mer qui n’est pas là et s’est fait représenter par M. Laviollette. Je pense aussi à notre ministre de l’Outre-mer. Je suis vraiment déçu qu’elle ne soit pas là. Mais, ce n’est pas grave ça fait deux ans qu’elle est ministre et elle n’est jamais venue. Je le dis, je parle avec mon cœur. »
Ca n’a pas empêché un grand nombre de personnalités de l’Outre-mer d’être présentes.
Catégorie Musique :
Meilleur artiste : Dominick Coco
Révélation de l’année : Colonel Reyel
Groupe de l’année : Bamboolaz
Album de l’année : Soprano
Meilleur Clip : Soprano
Catégorie Littérature :
Essai :
Haïti une traversée littéraire de Louis Philippe Dalembert et Lyonel Trouillot
Roman :
Corps Meles de Marvin Victor
Catégorie Cinéma
Meilleur documentaire :
Ithemba l’espoir de Errol Weber
Meilleur film :
Les amours d’un Zombi de Arnold Antonin
Mention Spécial Fiction :
Notre étrangère de Sara Bouyain
Cette cérémonie animée par Audrey Chauveau et Sébastien Follin, sera diffusée le 18 septembre a 20H35 sur France Ô puis sur France 2 le 25 septembre
Arnold Antonin, réalisateur du film Les Amours d’un Zombi :
« Je suis très content et très honoré de ce prix qui suit d’ailleurs un autre prix qui m’avait fait beaucoup plaisir également, le prix Paul Robson du meilleur film de la diaspora africaine, reçu au FESPACO, cette année au mois de mars. Aujourd’hui, les gens comprennent ce qui se passe en Haïti et ce qu’on veut dire avec ce film. J’ai réalisé ce film avec un budget de 50000 €. Malgré les faibles moyens dont nous disposons, nous avons la chance d’avoir beaucoup d’énergie. Beaucoup de gens ont envie de faire du cinéma, malheureusement le cinéma haïtien est un cinéma en danger, car avant le tremblement de terre on avait fermé la dernière salle de cinéma qui existait dans mon pays. Maintenant, on fait les films et on ne sait pas où les passer. Les amours d’un zombi est un film sur la folie qui traduit une réalité de paradoxe. »
Claudy Siar, délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre mer :
« C’est la ténacité des uns et des autres, en particulier de Franck Anretar, de Djoe Dunoyer et de toute l’équipe qui paye. Ce n’était gagné d’avance. Tout est réuni pour que ça ne marche pas, mais lorsque tu as la sincérité, la volonté et la combativité, ça donne une sixième édition et une plus belle que la précédente. Pour le monde afro, c’est important, ça fait partie de ce pilier dont on a besoin pour construire et asseoir notre identité, ici dans ce pays. Ils ont réussi à faire une cérémonie ouverte à tous. »
Dominik Coco, meilleur artiste :
« Je suis un peu ému. Vous savez, décrocher le prix devant Alpha Blondy, le grand artiste africain de renommée mondiale, Daniel Waro, un artiste majeur de la Réunion, Colonel Reyel, un jeune artiste qui pour son premier album a vendu beaucoup d’albums, c’est le rêve de beaucoup d’entre nous. C’est avec beaucoup d’humilité que j’accepte ce prix de meilleur artiste. Nous avons tous fait un excellent travail. J’ai une pensée pour le public… Sans public, il n’y a pas d’artiste. Comme je dis, mon public, ses racines se trouvent en Guadeloupe et en Martinique. Alors une spéciale dédicace pour le peuple guadeloupéen et le peuple martiniquais. A travers la diaspora qui se retrouve un peu partout dans le monde, ça permet aux branches d’aller en Guyane, à la Réunion, au Canada, aux Etats-Unis et en Europe. J’ai une pensé spéciale à Dominique Hubert. »
Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand :
« Je suis solidaire de tous les gens qui sont dans cette salle. Je suis venu déjà, il y a deux ans. Et là, j’ai décoreé l’acteur américain Dany Glover. Mais, ces trophées sont un travail tout à fait remarquable et ça me permet de faire passer un message qui vient absolument du cœur et de l’engagement de toute ma vie, c'est-à-dire un message de solidarité à l’égard de ces hommes et de ces femmes. »
Franck Anretar, président des TAAC :
« J’étais un peu inquiet il y a quelques jours, mais au fur et à mesure que les jours approchaient, j’ai gagné en sérénité. Ce n’est pas facile. On a le talent, le savoir faire, mais quand les moyens ne sont pas réunis, ça complique les choses. Mais, j’ai le devoir d’aller jusqu’au bout quand je m’engage dans quelque chose. C’était l’un des conseils que m’a donné Aimé Césaire. J’essaye de l’appliquer à chaque fois que j’essaye d’œuvrer. Le bilan semble être positif. Au niveau média, nous avons eu pas mal de retombées au niveau national, je pense que c’est dû à Dany Glover. Malgré les restrictions budgétaires, j’espère qu’on va s’améliorer. »
Francois Durpaire, président du jury littéraire :
« Cette année, c’était une très belle sélection, deux très beaux ouvrages qui ont été primés. Cette littérature d’Afrique, d’Afrique du nord, des Antilles, de la Réunion, de l’océan Indien, d’Haïti, de l’ensemble des Caraïbes est une littérature qui est très puissante sur le plan international. Elle est française ; elle est aussi francophone ; elle est créole à base française. Cette cérémonie très importante n’a pas pour vocation d’être mise sur le coté, marginalisée. Elle a pour vocation d’être au cœur de notre République. On est en année pré-présidentielle et c’est important de souligner que nous sommes tous Français quelles que soient nos origines. »
Soprano, meilleur clip et meilleur Album :
« Pour moi, c’est un grand honneur. Surtout que la première fois que j’étais venu, je suis reparti avec un prix. Et puis, c’est un prix Aimé Césaire, c’est énorme. Cet homme représente un combat, les racines, La science de ses origines. C’est un grand écrivain qui nous a éduqué sur nos racines ; moi j’aime beaucoup. Petit a petit, ça commence à s’ouvrir pour les artistes de Rap et de hip hop. C’est vrai que nous les artistes du rap, on se plaint beaucoup ! Mais je peux vous dire qu’on vient de me proposer pour être juré sur une émission de France Télévision ! Il y a quelque temps, on n’aurait jamais entendu ça. C’est une première ! Ce qui veut dire que les portes commencent à s’ouvrir. Là, d’être nominé et que c’est Joey Starr qui arrive et qui te donne le prix avec Yvan Le Boloc’h, c’est énorme ! Maintenant les gens commencent à ouvrir un peu les portes. Il faut arrêter de mettre une étiquette sur le rap en disant que c’est automatiquement vulgaire, que c’est ghetto ou négatif ! Il y a de tout comme dans toutes les musiques. Il y a du positif et du négatif. »
Olivier Laouchez, patron de Trace TV :
« J’ai trouvé que c’était une soirée extrêmement professionnelle pour cette sixième édition. Elle a pu mettre à l’honneur beaucoup d’artistes que malheureusement, on ne voit pas assez souvent sur les grandes chaînes de la télévision nationale. Je pense qu’il y a encore des marges pour encore aller plus loin. Cette année, Haïti a remporté beaucoup de prix. Je crois que c’est un hommage qu’il fallait rendre à la création haïtienne qui a subi des dommages irréparables. Voir cette vitalité, voir ce pays qui est en train de renaître ça fait super plaisir. Et, puis il y a Dominik Coco, la Guadeloupe aussi en force avec le Colonel Reyel. Franchement, une belle soirée ! »
Stéphane Dack, humoriste de14 ans du Blanc-Mesnil (il s’est offert au public parisien pour la première fois après 6 mois de pratique) :
« C’est très cool et c’est une bonne expérience. C’est une découverte, on kiffe c’est tout. Avoir Dany Glover en face, c’est impressionnant. Mais je ne cherchais pas à l’avoir, je cherchais plus le public et faire mes vannes ! »
William Gallas, équipe de football de Tottenham :
« Je suis là pour donner mon soutien aux trophées des arts afro-caribéens pour leur sixième édition. J’ai eu l’occasion d’assister à la quatrième. Et pour moi c’est quelque chose de formidable. Ça permet de récompenser les artistes afro-caribéens. C’est une bonne chose ».

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