Les bonnes notes de Fred Deshayes
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Les bonnes notes de Fred Deshayes

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)

Fred Deshayes

Claudine, Dominique, Patrice, Rudy, Thierry, Ralph et Fred

Claudine et Fred

Dominique Coco et Fred Deshayes

Fred Deshayes, Rudy Lewis, batteur, Thierry Jean-Pierre et Ralph Lavital

Le batteur Rudy Lewis

Le duo de Claudine Pennont et Fred Deshayes

Patrice Hulman et Lina Bart

Dimanche après midi au New Morning, le leader emblématique du groupe Soft, Fred Deshayes, avait rendez-vous avec le public parisien pour présenter son dernier album éponyme, « Fred Deshayes », une nouvelle aventure en solo.

Le public qui avait quitté son petit confort du dimanche pour braver le froid, ne s’est pas trompé sur la qualité musicale du spectacle qu’offrait le New Morning et le producteur Eric Basset (Aztec Musiques). En première partie de soirée, Patrice Hulman, en chauffeur de salle, a assuré l’ambiance. Le crooner, ô combien apprécié par l’ensemble des spectateurs, a eu le grand honneur de souhaiter un bon anniversaire à Lina Bart qui fêtait ses quarante printemps avant de lui offrir son dernier album en souvenir.
Puis, Fred Deshayes, un surdoué de sa génération, a fait son entrée sur scène, démontrant la diversité musicale de son pays. Il a rendu un hommage poignant à son père (l’avocat Jean-Pierre Deshayes) qui a intériorisé au plus profond de lui, véritable désastre mental, les événements de 1967 à Pointe à Pitre : « Mon père avait vingt ans et à vingt ans, de condition modeste, il vivait déjà le racisme social. Pour lui, c’était tellement évident que ce n’était pas possible de vivre avec les Français. Ils tiraient sur les Noirs. Donc, c’était presque naturel en 1967 d’avoir du ressentiment. » Il a présenté cette chanson hommage comme un genre de document, de témoignage. « On a tiré sur les gens, on a vu les gens mourir et on n’a jamais trouver les corps... C’était une chanson que mon père chantait tout le temps et c’est à partir de l’âge de douze ans que j’ai compris que c’était sa chanson et pas celle d’un d’autre, « La vi fofilé ».
Aujourd’hui, Fred Deshayes cherche plutôt l’unité et l’union dans sa musique pour mieux se faire comprendre : « En temps de crise, il faut toujours trouver des choses qui nous unissent », dit-il. Lui, il a l’unité harmonique. Son premier album en solo est un vrai coup de vent dont certains titres ont la touche du maitre, Jacob Desvarieux, pour l’arrangement. Fred Deshayes est un parolier et un mangeur des notes. Il a un goût prononcé pour l’acoustique et sa guitare fait le reste sur des paroles qui ne tombent jamais dans la banalité du quotidien.
Sur la scène du New Morning, entouré de deux choristes martiniquaises de toute beauté, Claudine Pennont et Dominique Lorté, il a joué le charmeur. Coté musiciens, il était accompagné de Rudy Lewis à la batterie, Thierry Jean-Pierre à la guitare basse et Ralph Lavital à la guitare rythmique. Avec ce groupe, il a trouvé les ingrédients pour faire apprécier ses bonnes notes et ses belles mélodies. En duo avec Claudine, il s’est évadé dans l’émotion et le charme. Puis, avec Dominique Coco, son unique invité venu de Sainte-Anne, l’ambiance a explosé.
Fred Deshayes refuse de dire que le jazz est de la musique d’intellectuel, car la musique créole est née de l’improvisation. Alors en solo ou en duo, il a donné dans le rythme sans mettre de gaz dans le jazz. Même s’il s’accorde à dire : « Ma musique est blanchie à la Bastille et noircie à Harlem. » Sans véritable publicité autour du concert, il est arrivé à un stade de sa vie de troubadour où sa notoriété lui permet de faire sans.

Fred Deshayes : « Merci à tous ceux qui font l’erreur de croire que j’ai du talent »
Voilà un concert de présentation très intime…
C'était la volonté de l’équipe de faire un concert de présentation un peu intime, sans beaucoup de pression. Moi, je dirai simplement, les choses ne se passent pas toujours comme on voudrait, ce qui compte c’est que pour moi, en tant qu’artiste, je fais de la bonne musique dans de bonnes conditions. C’est le cas ce soir. Je ne connais rien qui soit parfait. C’est la vie.

Ce titre « La vi fofilé » rendant hommage à votre père, avez-vous mesuré son importance devant l’auditoire ?
J’ai enregistré cette chanson « la vi fofilé » comme un témoignage, comme un document de ma famille, pour le transmettre. Ça me plaît. C’est une chanson que j’aime et elle est à sa place dans l’album. Elle justifie même  l’album solo. Elle justifie également le fait de jouer sans les autres parce que le texte est extrêmement dur, extrêmement brutal. Je crois c’est une très jolie chanson.

Pourquoi ce choix de sortir un album solo ?
Je n’en ai aucune idée. C’est un choix. On a fait trois albums de Soft. On a fait mon album. Après, on réalise celui de Joël Larochelle et celui de Philippe Sadikalay et après on reviendra à Soft. Le prochain album de Soft est donc loin…

Comment expliquez-vous votre entrée en scène en rendant un hommage direct à Jacob Desvarieux ?
Je remercie tous ceux qui ont l’humilité et font l’erreur de croire que j’ai du talent. Parmi eux, je peux citer le défunt PSE, mais aussi Jean-Philippe Fanfant, Frédéric Caracas qui joue sur l’album, et Jacob Desvarieux parmi tant d’autres. On verra plus tard si j’avais vraiment du talent ou pas. En attendant, je peux dire que ça communique bien. Même Alain Jean-Marie ! Comme quoi même les grands se trompent (rires)… Je les remercie de m’avoir poussé, de m’avoir encouragé autant. Moi je tiens à ça. « Mwen pa mandé yo à yin et pon moun pa mandé yo a yin ». C’est un genre de love.
Claudine, Dominique, Patrice, Rudy, Thierry, Ralph et Fred
Claudine et Fred
Dominique Coco et Fred Deshayes
Fred Deshayes, Rudy Lewis, batteur, Thierry Jean-Pierre et Ralph Lavital
Le batteur Rudy Lewis
Le duo de Claudine Pennont et Fred Deshayes
Patrice Hulman et Lina Bart

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