Prendre la route d'Oiapoque à Macapá, la BR 156, relève encore de l'expédition en 4x4. Les 600 kilomètres qui mènent à la capitale de l'Amapá se font le plus souvent sur ce qui ressemble plus à une bonne piste forestière qu'à une route, au gré des pluies qui la transforment quelques fois en voie boueuse...
Mais ce que l'on remarque durant les quelque huit heures de trajet, ce sont les chantiers pour les franchissements des criques. « Cette route est d'une importance stratégique pour l'État de l'Amapá. Elle permettra d'approfondir les échanges entre nos deux pays et d'assurer un développement social et économique » , révèle Sergio Larocque secrétaire d'État au transport.
Une route lancée dès 1950 : « Elle s'inscrit dans l'idée d'un axe Nord permettant une liaison du Venezuela à l'Amapá en passant par le Guyana et la Guyane » .
La première tranche de 400 km a permis de rejoindre Calçoene en 1989.
« Cette route est la priorité de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff. Elle fait partie du programme d'accélération de la croissance pour le développement des infrastructures » .
Aussi, Sergio Larocque fait le pari qui semble un peu fou « de voir les travaux se terminer pour la fin de cette année » , l'objectif étant d'être fin prêt pour une mise en service en 2013. « Actuellement, les travaux concernent les franchissements des rivières. Soixante-cinq ponts seront réalisés. 1 400 à 1 500 ouvriers sont sur les trois chantiers. »
Au fil de la route, ces trois centres de travaux regroupent tous les engins de chantiers témoignant de l'ampleur des moyens engagés. [[211181]]
CINQ ANS DE RETARD DUS AUX MALVERSATIONS
Le coût des travaux s'élèverait à un milliard de réais. La justice s'était intéressée au financement de cette route en 2010 et les malversations passées ont, à son avis, « engendré cinq années de retard dans sa réalisation » . Mais « un grand nettoyage a été fait par le gouvernement fédéral » depuis, et la priorité est de mener à terme cette infrastructure « fondamentale pour le développement » . D'autant que sa réalisation permettra aussi d'amener la fibre optique depuis la Guyane - un contrat vient d'être signé entre les opérateurs guyanais Guyacom et brésiliens Oi - et de disposer du haut-débit pour les liaisons internet, ce qui est loin d'être le cas actuellement. « Nous sommes en attente des autorisations. On espère pouvoir disposer du haut-débit d'ici juillet avec une couverture de 85% » . Autre réalisation en parallèle à cette route, l'usine hydroélectrique de Ferreira Gones. Une rumeur prétendait que celle-ci allait fournir de l'électricité à la Guyane et au Guyana, ce que dément Sergio Larocque : « Elle s'inscrit dans un programme national pour l'énergie. Dans l'avenir, trois nouvelles usines hydroélectriques seront réalisées, mais la réglementation est stricte. S'il y a vente, celle-ci ne peut pas dépasser les 20% de la production » . LE PORT DE SANTANA EN PERSPECTIVE
Cette route marquera un tournant dans les relations entre nos deux pays mais aussi dans le développement de l'Amapá. « Il y aura un avant et un après. Cela va changer complètement la situation » . Dans ce sens, un autre aspect est à prendre en compte : la liaison vers le port de Santana. « La route finalisée, cela permettra aux conteneurs de produits guyanais et européens de transiter par le port de Santana. Il peut, avec ses 50 mètres de fond, recevoir de gros bateaux. D'importants investissements ont été faits dans ce sens » .
Un développement du trafic entre la Guyane et le Brésil « qui doit s'accompagner d'accords entre les gouvernements » , notamment au niveau de la réglementation routière. « L'assurance des véhicules européens et brésiliens n'est pas sur les mêmes bases. Au Brésil, les assurances sont au minimum. « Une situation qu'il faudra résoudre pour les transporteurs et automobilistes brésiliens voulant venir en Guyane... - Une issue au pont d'ici le mois de juillet
Le pont sur l'Oyapock est terminé. Mais pour l'heure, au Brésil, il débouche sur... un champ. Tandis que du côté français les infrastructures routières et le poste de la police aux frontières sont terminés. « La liaison avec la route Oiapoque-Macapá est programmée pour juillet » , affirme le secrétaire d'État au transport de l'Amapá Sergio Larocque. Il espère même que cette route entre le pont et Oiapoque sera terminée au 30 avril : « La présidente Dilma Rousseff souhaite inaugurer ce pont en juillet ou en août prochain » .
Dans le cadre du développement qui doit accompagner l'ouverture de ce pont entre nos deux pays, le secrétaire d'État place de grands espoirs de développement de chaque côté du fleuve avec la mise en place d'une zone franche pour Oiapoque et Saint-Georges.
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