Gazé par les gendarmes, brûlé au deuxième degré
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Gazé par les gendarmes, brûlé au deuxième degré

Pierre-Yves CARLIER

Depuis qu'il a été gazé par un gendarme, Andric présente les stigmates d'une brûlure au deuxième degré (PYC)

Un jeune homme du quartier Monnerville à Kourou a été brûlé, dimanche, lors de l'intervention des gendarmes dans une bagarre à laquelle il participait. Il dénonce les conditions de l'intervention. Une enquête a été ouverte.

Andric est ce qu'on appelle « un beau bébé » . Qui, à l'occasion, ne crache pas sur la bagarre. Mais aujourd'hui, quand il se présente, torse nu, on est impressionné par la multitude de cloques qui couvrent une partie de son corps. Les stigmates d'une brûlure superficielle au deuxième degré. Elle a été provoquée dimanche dernier par du gaz lacrymogène utilisé par les gendarmes.
Ce jour-là, le jeune Kouroucien se bat à Monnerville avec un homme d'origine brésilienne. Des gendarmes arrivent pour les séparer. Ils n'y arrivent pas. Un attroupement se forme. « Le chef de patrouille les avertit alors qu'il va faire usage du lacrymogène » , raconte le lieutenant-colonel Le Goff, commandant de la compagnie de gendarmerie de Kourou. Les bagarreurs se dispersent.
Lundi soir, Andric commence à ressentir des brûlures et des démangeaisons. Le lendemain, un médecin du CMCK constate qu'il est brûlé au deuxième degré. En revanche, il ne lui accorde aucun jour d'incapacité totale de travail (ITT), ce qui fait bondir la victime.
Pour Andric, c'est la faute au gaz lacrymogène. Il affirme que les gendarmes l'ont gazé « à zéro mètre » , en mimant le geste sous le nez de son interlocuteur. Ce que conteste le lieutenant-colonel Le Goff. « À mon avis, un ensemble de causes peut expliquer les brûlures : ça a été fait à courte distance, mais pas à bout portant. Il y a un contact direct avec la peau car il était torse nu. Il transpirait, ce qui a pu faciliter l'entrée par les pores. Il a mis du citron sur les blessures et a peut-être eu une réaction cutanée plus importante. »
Le jeune homme, accompagné d'une cinquantaine d'amis et des caméras de RFO, a déposé une plainte pour violence par personne dépositaire de l'autorité publique sans incapacité. « Quand on fait des conneries, les gendarmes savent venir nous chercher. Là, il faut que le procureur et le préfet soient au courant de la manière dont les gendarmes se comportent avec les jeunes. » Sa mère est plus directe : « Les gendarmes cherchaient à le coincer à tout prix. »
Jeudi soir, les gendarmes ont pris sa plainte. Ils ont aussi entendu leur collègue qui a utilisé le gaz lacrymogène. Le parquet souhaite désormais qu'Andric consulte un médecin pour mieux expliquer les brûlures. Les gendarmes promettent aussi d'enquêter sur l'origine de l'incident : avec qui et pourquoi il se battait.

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