Dans ce petit monde du football amateur, on a toujours besoin d'un plus expérimenté que soi, d'un joueur professionnel qui a côtoyé le haut niveau. Depuis son retour en Guyane, l'ex-joueur de Bordeaux - vainqueur de multiples Coupes - s'est investi pour partager son expérience du football avec sa Guyane natale. Depuis deux saisons c'est avec l'AJ Saint-Georges qu'il la partage, dans le cadre championnat de DH. Mais là où il s'est vraiment investi selon son entourage - et où il même mis la main dans la poche - c'est avec le Club-Guyane, lors de sa dernière participation à la Concacaf, où la Guyane a étonné plus d'un adversaire. Classée 8e nation de la Caraïbe, la Guyane avait raté de peu sa qualification pour le dernier carré de la Gold Cup. Et pour en arriver là, le staff, comme ceux sélectionnés, reconnaissent que sans Jean-Claude Darcheville la Guyane ne serait pas allée si loin. Et voilà qu'à l'aube de l'échéance 2014, on ne voit pas de Darcheville dans ce Club-Guyane... Pourquoi ne vous voit-on pas dans le Club-Guyane ?
J'ai été contacté par le staff, s'il fallait repartir avec la sélection, ce n'était pas un problème pour moi. Mais j'ai constaté que les choses n'étaient pas carrées. Rien n'est cohérent professionnellement parlant... Sur le plan administratif, la ligue ne suit pas. Et après réflexion, je ne peux pas me permettre de m'engager sans savoir vraiment où on va. Pourquoi êtes-vous si remonté ?
Au départ, s'il fallait faire des sacrifices physiques, j'étais prêt à le faire, pour rendre service comme joueur. Mais là n'est pas le problème. Si on a fait un bon parcours la dernière fois, il faut savoir dans quelle condition ça a été fait... C'était un vrai bordel! Dans l'organisation de ce Club- Guyane, qui fait quoi, on ne le savait pas, et je croyais que les dirigeants avaient retenu les leçons. Il me semble que non. C'est-à-dire ?
On avait un bon groupe, un duo de sélectionneurs qui a relevé le défi, parce qu'on n'était pas attendu en quart de finale. Ce qui me dérange c'est qu'on change tout. On avait avancé de dix ans, là on recule de vingt ans, et on repart à zéro, comme si rien n'avait été bon. Je n'ai rien contre Karam et Carême, mais pour moi, la meilleure solution c'était de repartir avec les 90% des joueurs qui avaient réussi l'exploit, mais aussi de garder le même staff : François Louis-Marie, François Merille... Qu'est-ce qui vous contrarie le plus ?
Que cette sélection soit restée plus d'un an et demi sans le moindre contact, et à deux mois de la compétition, on cherche des matchs de préparation et on demande aux joueurs de se qualifier. Vous avez assisté au match Guyane-Suriname mardi soir...
(...) On sait qu'on n'a pas le droit d'aligner des étrangers dans la Concacaf, et mardi je vois trois étrangers qui ne seront pas du voyage, alors qu'on aurait pu aligner des joueurs guyanais susceptibles de pouvoir jouer à Aruba. Il y a un problème. Et les sept joueurs de l'Hexagone appelés en renfort ?
Certains sont inconnus pour moi. Sept joueurs c'est 80% sur un effectif de onze. Il restera que 20% de joueurs locaux qui se sont préparés pour cet évènement. Les autres seront mis de côté, comment remotiver ceux-là pour une prochaine fois ? S'il faut aller chercher des Guyanais en national - CFA, DH - qui ont le même niveau que ceux qu'on a ici, je dis non. Que souhaiter à la sélection de Guyane ?
Je souhaite de tout coeur qu'elle se qualifie, car elle est dans un groupe à sa portée. Néanmoins, je dis qu'on part dans l'inconnu, et comme je ne fais rien à moitié, même dans l'encadrement, j'ai préféré ne pas m'investir. Mo pa andan.
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