Le raté de la grande région Antilles-Guyane (1/2)
Conseils régionaux, établissements publics, en 1973. Conseils régionaux, collectivités territoriales, élues au suffrage universel, en 1986. Mais toujours trois régions-monodépartementales aux Antilles-Guyane jusqu'au 31 décembre 2015. Le 24 janvier 2010, les Martiniquais et Guyanais avaient approuvé la création sur leurs territoires d'une collectivité territoriale unique. La Guadeloupe avait choisi de rester région-monodépartementale. Jusqu'en 1983, les Martiniquais ont toujours œuvré pour une grande région Antilles-Guyane, rejetée par la Guyane et la Guadeloupe. Les contextes ont bien changé. Toutefois, les questions soulevées aujourd'hui par les effets des taux de péréquation de l'octroi de mer appliqués sur certains produits dits « de luxe », pour compenser la suppression des taux sur des familles de produits de l'alimentation, interrogent de nouveau sur la pertinence d'une grande région Antilles-Guyane.
« Nous nous sentons frustrés, tout s'est passé comme si le gouvernement avait décidé que la grande région ne se ferait pas aux Antilles-Guyane, en nous faisant démontrer par nous-mêmes, notre propre échec ».
Ces propos sont de Bernard Hayot, président de la Jeune Chambre Économique de la Martinique, lors d'un grand dîner-débat organisé le mercredi 2 avril 1969 à l'hôtel « L'Impératrice » à Fort-de-France, sur la régionalisation, en présence du président fédéral de la JCE, Yves Bonnet. Il exprimait toute l'amertume et la déception ressentie par les Domiens en général et par les Martiniquais tout particulièrement qui n'ont eu que 4 jours pour se prononcer sur la réforme régionale (et du Sénat), que l'on appelait encore la régionalisation, proposée par le général de Gaulle, président de la République, au lendemain des événements de mai 1968, et sur laquelle les Français allaient devoir se prononcer lors d'un référendum le 27 avril 1969. Un référendum interprété, par beaucoup d'observateurs, comme une tentative de relégitimation. Le président Charles de Gaulle allait mettre sa démission dans la balance en cas de réponse négative de la part des Français.
Mais cette réforme partait aussi d'un constat sur les 21 régions économiques réparties dans la France hexagonale, délimitées en 1964, et réunissant plusieurs départements. À l'échelon du gouvernement, se faisait sentir dans une optique proprement administrative, la nécessité de déconcentrer les pouvoirs de l'État sur les régions. Paris devenant un cerveau trop lourd. Les énergies se perdaient dans les connexions d'un réseau centralisateur remontant à Napoléon.
Cette région rénovée aurait compétence sur tout ce qui concerne les équipements routier, scolaire, sportif, habitat rural, sanitaire et social, installations portuaires. Elle pourrait donc s'aménager...

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