« De la période de l'esclavage, subsiste la revendication d'être enterré «décemment» » 
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
William Rolle, anthropologue

« De la période de l'esclavage, subsiste la revendication d'être enterré "décemment" » 

Propos recueillis par Clo. M.
« Si l'on retrouve globalement le même type d'architecture funéraire dans l'ensemble de la Martinique, on distinguera quelques particularités comme le cimetière du François avec ses caveaux de très grande dimension », indique William Rolle.
« Si l'on retrouve globalement le même type d'architecture funéraire dans l'ensemble de la Martinique, on distinguera quelques particularités comme le cimetière du François avec ses caveaux de très grande dimension », indique William Rolle. • DR

 L'anthropologue William Rolle évoque les mutations qui s'opèrent dans les cimetières martiniquais et l'évolution du rapport que nous entretenons avec nos morts.

Que représente le cimetière en Martinique ?

Le cimetière est la concrétisation et l'acceptation de la mort. Le cimetière est le lieu où les vivants se séparent de leurs morts. Avec une mort de plus en plus occultée dans la période contemporaine, avec des cimetières de plus en plus anonymes et des veillées de plus en plus brouillonnes. Pour rappel, c'est en juin 1804 que le cimetière devient laïque et passe sous l'autorité de la commune. L'église ne peut dès lors plus interdire des enterrements.
 

Quelle « lecture » peut-on faire de ces espaces sur notre territoire ? 

Dans la « lecture » des cimetières martiniquais, le social a autant sa place que l'aspect philosophique. Le cimetière représente une passerelle plus ou moins accueillante. Toutes les communes n'y impriment pas leurs marques. Ainsi avons-nous été « déçus » du cimetière du Morne Vert. Nous pensions y voir intégrés les jardins créoles. Egalement déçus du cimetière de Basse-Pointe où n'existe aucun carré indien, une absence due au processus d'intégration catholique et à l'absence de marqueur identitaire.
 

Quelle conception de la mort a-t-on en Martinique ?

La conception martiniquaise de la mort intègre qu'un humain mal enterré peut revenir dans le monde des vivants. Le cimetière est alors un lieu de séparation qui cependant ne peut-être trop brutale, car une césure totale serait susceptible de donner au mort une occasion de hanter ceux qui l'auraient trop délaissé.
 

Que révèle l'organisation interne des cimetières ? 

L'organisation interne révèle que les cimetières n'échappaient pas à un ordonnancement régi par le social. Ce n'est que récemment, avec...

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger