Résidence Fleur d'Oranger : vivre avec la boue
Située en bordure du Mont-Baduel, la résidence Fleur d’Oranger, gérée par le bailleur social SIMKO, a fait les frais de l’altération d’un talus en fin de semaine dernière. Plusieurs locataires, accompagnés par une association, réclament désormais leur relogement. La SIMKO a prévu un temps d’échange la semaine prochaine.
Le complexe de logements sociaux est accolé à la résidence des Jardins de l’Union, où d’anciens habitants du quartier spontané voisin sont logés provisoirement. Et ici aussi, la « plupart des habitants sont des personnes qui vivaient sur le Mont-Baduel » rappelle Alain Chrétien, président de l’antenne Guyanaise de l’association Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV). Sur le pont depuis les premiers glissements de terrain, il se rend chaque jour sur place, dressant son propre état des lieux, téléphone scotché à l’oreille afin de rendre compte de la situation aux instances concernées.
Madame Gaspard, 36 ans, habite le rez-de-chaussée du bâtiment 30 depuis 2 ans environ. « Avant c’était l’eau qui rentrait dans la maison, puis ils ont fait des travaux. Maintenant, c’est la terre qui rentre, et ça fait tous ces dégâts-là. » témoigne-t-elle, photos à l’appui. « J’ai quatre enfants, tous petits, je ne peux pas rester dans un logement qui est dans cet état, l’humidité, tout ça… Ce n’est pas normal » tonne la locataire.
Même constat pour Riguer, qui habite juste en face. « Ils ont fait venir des techniciens etc… Même l’architecte a dit que ça n’aurait pas dû être construit là, maintenant je veux changer de logement. » raconte-t-il, la mine déconfite en observant la boue qui fait désormais office de terrasse. « Bien sûr qu’on veut être relogé, on est en danger, on ne peut plus dormir, on vit un enfer avec cette terre qui tombe en permanence » poursuit tout de go Ana, habitante du lotissement depuis 2020, « comme tout le monde » fait-elle valoir, assurant « avoir signalé à la SIMKO dès l’année dernière des dégâts importants » dus aux inondations de 2021. Ces derniers auraient refusé de donner suite à son dossier.
Questionné à ce sujet hier, lundi 14 mars, le préfet de Guyane Thierry Queffelec assure que le permis de construire avait anticipé « l’organisation du terrain ». « Ce qui tombe est assez faible même si pour les gens c’est très inquiétant. » a-t-il concédé.
« On est pour l’instant en phase de diagnostic, il faut essayer de comprendre le phénomène pour l’anticiper. » rajoute Stéphane Ginisty, directeur du patrimoine de la SIMKO. « On a aujourd’hui un bureau de recherche et développement qui est en train d’établir une position technique pour résorber ces problèmes d’écoulement. Il faut stabiliser le talus pour ne pas qu’il continue à s’altérer. C’est l’eau du puit qui ruisselle et qui s‘infiltre dans le sol. Il n’y a pas de sources, mais seulement des résurgences. » nous explique le directeur du patrimoine du bailleur social. Dans ce cadre, le bureau d’études fera prochainement une proposition en deux temps décomposée en des travaux d’urgence puis des travaux de consolidation ou de renforcement du talus.
Selon nos informations, ces études seront réalisées par le bureau d’études cayennais Ginger LBTPG. « Il faut qu’on améliore la circulation de l’eau. » fait valoir Stéphane Ginisty. Et d’ajouter : « une rencontre entre les équipes de gestion locatives et les locataires est prévue dans le courant de la semaine prochaine ».
Suite aux inondations de l’année passée, une talonnette en béton avait été érigée afin d’éviter que l’eau ne vienne jusque dans le couloir du bâtiment 30. Un an après, l’heure est aux constats : le muret est inopérant et, de surcroit, l’eau s’infiltre dans les carreaux. Comme en témoignent les clichés pris ce dimanche 13 mars, la boue a coulé jusqu'à la rue Mère Thérésa suite aux épisodes de fortes pluies.

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